• "le plus grand écrivain du siècle..."

     

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    le plus grand écrivain du siècle...

    Ici, Emmanuel Macron (et madame), lors du dîner annuel du CRIF, au Carrousel du Louvre, le 7 mars 2018

    et là, c'était le simple candidat à l'élection présidentielle (et madame), à Paris, le 22 février 2017

    le plus grand écrivain du siècle...

     

     

    D'après la presse nationale du 8 mars:

    Le chef de l'État est venu rassurer la communauté juive de France lors du traditionnel dîner annuel du Conseil représentatif des Institutions juives de France.

    Il a, par ailleurs, exprimé son émotion face aux vents mauvais et aux passions tristes qui existent dans notre pays (voulant certainement évoquer un certain "populisme", en France, comme en Allemagne, comme en Italie, en Autriche, en Pologne,  au Danemark, comme un peu partout depuis quelques mois ?) et a confessé publiquement que "Nous avions collectivement cru, à tort, que l'antisémitisme avait définitivement reculé dans notre pays. Et même face à ces crimes, certains ont pendant trop longtemps commis l'erreur, la faute morale même, du déni. Or la réalité est là, elle est incontestable. Nous avons compris avec effroi que l'antisémitisme était toujours vivant.... Notre réponse doit être implacable. La France ne serait plus elle-même si nos concitoyens juifs devaient la quitter parce qu'ils ont peur. Je le redis ce soir devant vous, avec toute la force d'un engagement public: il ne saurait y avoir demain ou après-demain le moindre renoncement de l'État, le moindre abandon des familles juives de France" (sans citer quels territoires de "notre pays" étaient plus concernés que d'autres)... Parmi les mesures, le président de la République a annoncé que le "recueil des plaintes", serait amélioré. (et ça, c'est redoutable et efficace, si on en croit leprésidentdelarépublique !)

    Ensuite, il a commenté la polémique née de la possible réédition des pamphlets antisémites de Céline par les éditions Gallimard. Il a benoitement laissé entendre qu'il était contre, sans jamais l'énoncer clairement., et en même temps™, affirmé ne pas croire que nous ayons besoin de ces pamphlets, en approuvant avec force les propos de Serge Klarsfeld: "Les auteurs de textes antijuifs pourraient s'en donner à cœur joie si les pamphlets de Céline étaient réédités et légitimés par un éditeur prestigieux. Ces pamphlets ont été des best-sellers dans la France de 1938 et risqueraient de le redevenir dans la France d'aujourd'hui."

    En revanche, et en même temps™, il a estimé qu''il ne fallait pas pas occulter la figure de l'écrivain d'extrême droite, Charles Maurras même si, en même temps™, sa ministre de la culture fait retirer son nom des commémorations nationales de cette année (150e anniversaire de sa naissance), après la demande pressante du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et haine anti-LGBT  (sic) et de quelques associations subventionnées dans ce but.

     

    A noter, Céline avait, comme Mauras, été retiré des célébrations en 2011 (50e anniversaire de sa mort), mais Jean Genet (Saint-genet, comme l'avait affectueusement surnommé Sartre) avait été honoré par le ministère de la culture l'année précédente...

    A noter, également, si monsieur Klarsfeld s'en prends assez vigoureusement à l'éditeur potentiel de Louis-Ferdinand Céline, il semble ignorer que le même Gallimard était celui du fameux Jean Genet en question. Comment dit-on "Errare humanum est" en langue de bois ?

    "le plus grand écrivain du siècle..."

     "Art et engagement sont au cœur de l’œuvre du poète saint martyr" 

    (défense de rire, de se moquer, d'ironiser ou de pleurer de rage)

     

    "Que vous dire de Jean Genet ? C'est le plus grand écrivain du siècle, et croyez moi, je m'y connais !" assure Jean Cocteau devant le tribunal correctionnel de la Seine où, le 19 juillet 1943, le poète du "Condamné à mort" comparaît pour vol... La déposition de Jean Cocteau lance officiellement dans la carrière littéraire un auteur encore clandestin, dont l’œuvre scandaleuse circule sous le manteau, et qui s'auto-présentait comme ça:

     

    Je me suis voulu traître, voleur, pillard, délateur, haineux, destructeur, méprisant, lâche. À coup de hache et de cris, je coupais les cordes qui me retenaient au monde de l’habituelle morale, parfois j’en défaisais méthodiquement les nœuds. Monstrueusement, je m’éloignais de vous, de votre monde, de vos villes, de vos institutions. Après avoir connu votre interdiction de séjour, vos prisons, votre ban, j’ai découvert des régions plus désertes où mon orgueil se sentait plus à l’aise.

     

    Saint-Genet, Comédien et Martyr - 1910/1986...  Dans le désordre: taulard récidiviste, co-fondateur du "Groupe d'information sur les prisons", militant précoce de la lutte queer, gay et lesbienne, défenseur indéfectibles des "black-panthers", admirateur fervent des auteurs de l'attentat palestinien aux J.O. de 1972, propagandiste des violences de la bande à Bader, soutien à la candidature d'un certain F. Mitterrand à la présidentielle de1974, et grand ami de Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto Giacometti, Henri Matisse, Brassaï, etc...

     

    le plus grand écrivain du siècle...

     

    le plus grand écrivain du siècle...

    Manifestation en soutien aux black-panthers  

    Rencontre avec ses amis palestiniens

     

    Des Sartre, Beauvoir, Giacometti, Matisse, Brassaï et autres qui n'ont jamais soupçonné le moindre relent d'antisémitisme dans des écrits tels que:

    Le peuple juif, bien loin d'être le plus malheureux de la terre, -les Indiens des Andes vont plus au fond dans la misère et l'abandon- comme il a fait croire au génocide alors qu'en Amérique, des Juifs, riches ou pauvres, étaient en réserve de sperme pour la procréation, pour la continuité du peuple "élu ".

    Dans ce pouvoir exécrable il s'enfonce tellement loin qu'on peut se demander, une fois de plus dans son histoire, s'il ne veut pas, méritant l'unanime condamnation, retrouver son destin de peuple errant, humilié, au pouvoir souterrain. Il s'est, cette fois, trop exposé dans la lumière terrible des massacres qu'il a cessé de subir mais qu'il inflige, et il veut retrouver l'ombre d'autrefois pour redevenir, supposant l'avoir été, le " sel de la terre ".

     

    Des Sartre, Beauvoir, Giacometti, Matisse, Brassaï et autres qui ne pouvaient qu'applaudir en silence ce genre de déclarations que l'on pourrait trouver nauséabondes:

    Le fait que l’armée française, ce qu’il y avait de plus prestigieux au monde il y a trente ans, ait capitulé devant les troupes d’un caporal autrichien, eh bien ça m’a ravi (…) je ne pouvais qu’adorer celui qui avait mis en œuvre l’humiliation de la France."

    ou, encore plus explicitement:

    Il est naturel que cette piraterie, le banditisme le plus fou qu'était l'Allemagne hitlérienne provoque la haine des braves gens, mais en moi l'admiration profonde et la sympathie. Quand un jour, je vis derrière un parapet tirer sur les Français les soldats allemands, j'eus honte soudain de n'être pas avec eux, épaulant mon fusil et mourant à leurs côtés […].

    Je note encore qu'au centre du tourbillon qui précède -et enveloppe presque- l'instant de la jouissance, tourbillon plus enivrant quelquefois que la jouissance elle-même, la plus belle image érotique, la plus grave, celle vers quoi tout tendait, préparée par une sorte de fête intérieure, m'était offerte par un beau soldat allemand en costume noir de tankiste.

    On me dit que l'officier allemand qui commanda le massacre d'Oradour avait un visage assez doux, plutôt sympathique. Il a fait ce qu'il a pu -beaucoup- pour la poésie. Il a bien mérité d'elle […]. J'aime et respecte cet officier.

    ou encore, vu sous un autre angle:

    La Gestapo Française contenait ces deux éléments fascinants : la trahison et le vol. Qu'on y ajoutât l'homosexualité, elle serait étincelante, inattaquable.

    et, dans la même veine

    J'aime ces petits gars dont le rire ne fut jamais clair. J'aime les miliciens. Je songe à leur mère, à leur famille, à leurs amis, qu'ils perdirent tous en entrant dans la Milice. Leur mort m'est précieuse [...].
    Le recrutement s'en fit surtout parmi les voyous, puisqu'il fallait oser braver le mépris de l'opinion générale qu'un bourgeois eut craint, risquer d'être descendu la nuit dans une rue solitaire, mais ce qui nous attirait surtout c'est qu'on y était armé. Ainsi j'eus, pendant trois ans, le bonheur délicat de voir la France terrorisée par des gosses de seize à vingt ans [...].
    J'aimais ces gosses dont la dureté se foutait des déboires d'une nation [...]. J'étais heureux de voir la France terrorisée par des enfants en armes, mais je l'étais bien plus quand ces enfants étaient des voleurs, des gouapes. Si j'eusse été plus jeune, je me faisais milicien. Je caressais les plus beaux, et secrètement je les reconnaissais comme mes envoyés, délégués parmi les bourgeois pour exécuter les crimes que la prudence m'interdisait de commettre moi-même.

     

     

    Des Sartre, Beauvoir, Giacometti, Matisse, Brassaï et autres qui devaient glousser d'excitation et de plaisir en lisant ce portrait éloquent et enamouré de Adolf Hitler:

    Cette queue, c'était aussi l'arme de l'ange, son dard. Elle faisait partie de ces engins terribles dont il était bardé, c'était son arme secrète, le V1 derrière quoi se repose le Führer. 

     

    Des Sartre, Beauvoir, Giacometti, Matisse, Brassaï et autres qui ne trouvaient absolument rien à redire à cette apologie de la pédophilie:

    Les joyeux l'appellent encore "œil de bronze" ce que l'on nomme aussi "la pastille", "la rondelle", "l'oignon", "le derch", "le derjeau", "la lune", "son panier à crottes". (...)
    La vénération que je porte à cet endroit du corps et l'immense tendresse que j'ai accordée aux enfants qui me permirent d'y pénétrer, la grâce et la gentillesse du don de ces gosses, m'obligent de parler de tout celà avec respect. Ce n'est pas profaner le mort le mieux aimé que dire (...) le bonheur qu'il m'offrit quand mon visage était enfoui dans une toison que ma sueur et ma salive rendaient moites, se collant en de petites mèches qui séchaient après l'amour et restaient rigides (...). J'aimai la violence de sa queue, son frémissement, sa taille, les boucles de ses poils, la nuque, les yeux de ce môme et le trésor unique et ténébreux, "l’œil de bronze" qu'il ne m'accorda que très tard, un mois avant sa mort environ.

    ou, en plus poétique, n'est-ce-pas ?:

    Enfant d'honneur si beau couronné de lilas !
    Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
    Frapper ta joue dorée. Écoute, il te raconte,
    Ton amant l'assassin, sa geste en mille éclats.

     

    Des Sartre, Beauvoir, Giacometti, Matisse, Brassaï et autres qui auraient aimé s'encanailler avec la même passion subversive et anti-bourgeoise,grâce à l'un des plus grands auteurs-compositeurs- interprètes du siècle, et reconnu comme tel:

    Voici venir la nuit des longs couteaux
    Enfilez vos bas noirs les gars
    Ajustez bien vos acroches-bas
    Vos porte-jartelles et vos corsets
    Allez venez ca va se corser
    On va danser le
    Nazi rock nazi nazi nazi rock nazi

    Ouais on va danser le

    Nazi rock nazi nazi nazi rock nazi

     

     

    Maquillez vos lèvres les gars
    Avec des rouges délicats
    Faites vous des bouches sanglantes
    Ou noires ou bleues si ça vous tente
    On va danser le
    Nazi rock nazi nazi nazi rock nazi


    Ouais on va danser le
    Nazi rock nazi nazi nazi rock nazi

     

    Sur vos boucles blondes les gars
    Mettez fixatifs et corps gras
    N'epargnez ni onguents ni fards
    Venez avant qu'il ne soit trop tard
    On va danser le
    Nazi rock nazi nazi nazi rock nazi


    Ouais on va danser le
    Nazi rock nazi nazi nazi rock nazi

     

    Saint-Genet, Comédien et Martyr - 1910/1986, Presque chauve depuis son plus jeune âge, il n'a pas pu être tondu à la Libération.

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  • Commentaires

    1
    Samedi 10 Mars à 22:49

    Chapeau pour ce portrait d'une belle ordure, admirée par des complices qui avaient pignon sur rue, et transgressifs par procuration.

      • Lundi 12 Mars à 13:39

        C'est vrai que cette période trouble ne fut pas forcément facile à analyser pour les contemporains et "si j'étais né en 17, à...", mais les élites qui ont droit à la parole se chargent de minimiser les monstruosités commises par leurs amis de débauche et d'instrumentaliser à outrance les erreurs commises par quelques uns... pendant ces heures les plus sombres, etc...

         

    2
    Souris donc
    Dimanche 11 Mars à 10:06

    Le plus grand écrivain du siècle selon Cocteau ? Il s'était donné pour rôle d'effaroucher le bourgeois en étant sûr de tenir la vedette du frisson des dîners en ville (un Cocteau, des cocktails).

    Pour moi, débarquée à Paris à 18 ans, Genet était déjà tellement ringard (autant que Sartre et Beauvoir) qu'on était dispensé de le lire. Aussi ringard que Matzneff, dont le seul intérêt était de nous attirer à la piscine Deligny, son QG pour draguer le tendron des deux sexes. Le pédophile attirant les voyeuses. La piscine Deligny a coulé en 93, l'année où l'Obs l'a lâché pour cause de révolution des mœurs vers plus de convenance.

    J'ai toujours été étonnée par la péremption rapide des écrivains dont le fond de commerce est la transgression.

      • Lundi 12 Mars à 13:52

        Pour rester dans l'esprit de ce billet, je ne sais pas si vous avez lu mon article http://aumilieuduvillage.eklablog.com/violette-moris-une-precurseuse-a135673440 qui dresse le portrait de Violette Moris, également amie de Cocteau, homosexuelle militante, membre éminent(e) de la gestapo française, (accroupie sur la photo), etc...

         

        PS: je ne sais pas si Violette Genet et Jean Moris se sont connus et rencontrés ... je n'arrive pas à imaginer les rapports possibles entre un pédéraste et une lesbienne ?!!! oops...

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