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    « Monsieur Camus, qu’est-ce que le “Grand Remplacement” ? »

    extrait du Journal de Renaud Camus

    Plieux, mercredi 10 août 2022, cinq heures de l’après-midi. Voici l’entretien que j’avais donné le mois dernier à l’hebdomadaire allemand Junge Freiheit, et qui ne sera finalement pas publié - mais cette fois-ci c’est plutôt de mon fait, par agacement, car on m’avait demandé dix mille signes questions comprises, et quand j’ai fourni dix mille signes exactement, on m’a expliqué que c’était trop et qu’il fallait couper :

     1. Monsieur Camus, qu’est-ce que le “Grand Remplacement” ?

     - Le changement de peuple et de civilisation. Là où depuis des siècles il y avait un peuple, il y en a un ou plusieurs autres.

     2. Qu’est-ce qui se cache derrière, un complot ?

     - Certainement pas. Le mot est mille fois trop petit. Il s’agit de mécanismes infiniment plus vastes, dont les rouages ne sont pas forcément des hommes, des femmes, des groupes ou des coalitions d’intérêts. Heidegger parle très justement de Machenschaft, en français machination, qui a l’avantage de désigner aussi bien le plan, le projet, que le devenir-machine, la transformation de l’homme en machine, et de l’humanité en machinerie.

     3. Mais c’est ainsi qu’il est presque exclusivement désigné et présenté dans les médias allemands, comme une théorie du complot !

     - Oui, c’est ce que j’appelle dans La Dépossession “la théorie de la théorie du complot”. La plupart des théories du complot s’étant déshonorées ou ridiculisées, un procédé désormais rituel pour tout pouvoir quel qu’il soit est d’appeler mécaniquement “théorie du complot” toute interrogation sur sa nature et ses modes d’exercice.

     4. S’il n’y a pas de complot, que se cache-t-il derrière le Grand Remplacement -qui sont ses acteurs et quelles sont leurs motivations ?

     - Non seulement le Grand Remplacement n’est pas une théorie du complot, mais ce n’est pas une théorie du tout. C’est un constat, un chrononyme, un nom pour une époque d’après son phénomène principal, au même titre que la Grande Peste, le Grand Schisme, la Grande Guerre ou la Grande Dépression. Si gigantesque soit-il, le Grand Remplacement n’est qu’une petite partie de ce que j’appelle le remplacisme global, dont la traduction politique ou plutôt gestionnairemanagériale, est la davocratie, la gestion du parc humain (Sloterdijk) par Davos, par une conception pan-économique du monde : celle des Grands Argentiers, des banques, des multinationales, des fonds de pension, des hedge-funds, des GAFAMs, etc. Autant le Grand Remplacement n’est pas une théorie, mais un constat, tel que je le dresse dans le livre de ce titre, autant le remplacisme global en est une, si l’on veut, telle que je l’expose dans le plus récent de mes ouvrages, La Dépossession. Cette “théorie” repose sur l’observation que le remplacement est le geste central des sociétés industrielles et post-industrielles modernes : substitution, fac-similé, double, contrefaçon, ersatz, faux. Il est à noter que le faux, le mensonge, est au principe même de ces sociétés de la substitution. Elles créent un monde du faux, un réel faux, un faux réel, ce que j’appelle le faussel, en anglais falseal ou fakeal. Un autre nom du remplacisme global est l’artificialisation.

     5. Comment le Grand Remplacement se déroule-t-il ? Quels sont les phénomènes qui font partie du Grand Remplacement ? Qui est remplacé et comment ?

     - Le principal moyen du Grand Remplacement est l’immigration de masse. Cependant il faut noter que le terme d’immigration désigne des phénomènes du XIXe et du XXe siècles, et qu’il est totalement impropre à qualifier ce qui se déroule au XXIe siècle. Il est aujourd’hui un anachronisme. S’en servir encore relève de l’aveuglement actif ou passif, voire d’un mode doux de négationnisme, étant bien entendu que la forme la plus active du négationnisme aujourd’hui, c’est la négation du Grand Remplacement, ou génocide par substitution, pour employer cette fois les mots d’Aimé Césaire, le poète noir et communiste.

    L’avantage du terme Grand Remplacement, en français, c’est qu’il se décline facilement : non seulement il mène au remplacisme global, déjà évoqué, mais il sert à désigner les trois principaux protagonistes du drame : remplacistes, remplaçants, remplacés.

     6. Le Grand Remplacement est-il géré de manière centralisée ou décentralisée ? Ou n’est-il pas du tout dirigé ? Comment ses éléments peuvent-ils alors interagir et le générer s’il n’y a pas de contrôle ?

     - Il n’est certainement pas géré de façon centralisée, ce qui impliquerait une conspiration, pour le coup, ou à tout le moins un dessein. Le Grand Remplacement est une manifestation parmi d’autres de la Machination, le remplacisme global davocratique. La Machine se corrige et se contrôle elle-même, c’est la fameuse “boucle de rétroaction” cybernétique. Tout y est contrôle, à commencer bien sûr par les médias et les juges, mais en allant jusqu’à chacune de nos consciences, telles qu’apprêtées par les industries de l’hébétude : l’école, la télévision, les réseaux sociaux, la sonorisation du monde, la drogue.

     7. Est-il intentionnel, prémédité ? Ses acteurs sont-ils conscients de pratiquer un Grand Remplacement ? Ou le font-ils involontairement ? Comment cela peut-il être le cas ?

     - Il en va de lui comme de la Révolution Industrielle, si vous voulez.  D’ailleurs il est une quatrième ou cinquième Révolution industrielle. Mais cette fois le produit c’est l’homme. L’objectif est l’interchangeabilité générale, que peut seule assurer la liquéfaction de la société, des rites sociaux, de la grammaire et de l’espèce, selon le concept admirable de Zygmunt Bauman.

     8. Qui sont les acteurs ? Quelles sont leurs motivations ?

     - Les acteurs sont vous, moi, la petite bourgeoisie universelle, bien repérée par Giorgio Agamben comme étant "vraisemblablement la forme sous laquelle l’humanité est en train d’avancer vers sa propre destruction". La davocratie est la forme politique mais surtout managériale, cybernétique, de la dictature de la petite bourgeoisie.

     9. Le Grand Remplacement est-il donc peut-être moins une politique concrète qu’un processus social ?

     - C’est quotidiennement une politique très concrète, exprimée par des milliers de lois, de décrets gouvernementaux, d’arrêtés municipaux, de décisions de police, de jugements, d’articles de presse, d’émissions de radio et de télévision, de tweets, de statuts Facebook, de leçons, de cours et de procédés de sélection économiques ou universitaires, etc. C’est aussi bien sûr un processus social, attaché essentiellement à l’écrasement de toutes les différences, de races, de classes, de niveaux culturels et à présent de sexe. Mais c’est surtout une exigence industrielle des Industries de l’homme, celles qui produisent la MHI (Matière Humaine Indifférenciée), liquéfiée pour les bidons du bidonville global, et interchangeable à merci. 

     10. Pourquoi le Grand Remplacement est-il publiquement qualifié de théorie du complot alors qu’il n’en est rien ? Quels sont les motifs de cette présentation erronée ?

     - Le Grand Remplacement, ou génocide par substitution, étant le crime contre l’humanité du XXIe siècle, il doit être à la fois nié et tu par tous les moyens dont dispose le bloc négationniste-génocidaire. L’appeler une théorie du complot n’est qu’un procédé parmi d’autres, et parmi les plus efficaces, de lui dénier toute réalité malgré l’évidence. Il faut noter toutefois que le bloc négationniste-génocidaire, s’il est de plus en plus génocidaire, et plus seulement par substitution (en France il y a cet été cent vingt attaques au couteau par jour), est de moins en moins négationniste, et cela pour deux raisons : d’une part il ne peut plus lutter contre l’évidence, d’autre part il est de plus en plus fier de son crime.

     11. Alors, appeler le Grand Remplacement une théorie de la conspiration, est-ce peut-être en soi une théorie de la conspiration ? 

     - Parler de “théorie du Grand Remplacement”, c’est comme parler de “théorie des chambres à gaz” : du négationnisme pur et simple.

     12. Toutefois, ce terme décrit-il vraiment une réalité ? Ou n’est-il peut-être qu’une fiction : votre vision subjective du monde, mais pas un fait empirique ? Après tout, vous n’êtes pas un scientifique et votre écrit qui fonde le terme n’est pas une étude empirique, mais un essai, donc seulement une réflexion subjective. Sur quelle base pouvez-vous donc prétendre que le Grand Remplacement est une réalité ? 

     - C’est là l’un des thèmes centraux de La Dépossession. En l’occurrence, et sur ce point particulier, la dépossession est double. D’une part, après la mort nietzschéenne de Dieu, la science succède à Dieu et à ses Églises comme instance suprême de la vérité. Mais jamais au cours de l’Histoire ce ne sont Dieu, ni l’Église, ni la science, qui ont dit aux hommes si ce qui survenait survenait. Ce n’est pas la science qui a dit qu’il y avait une Grande Peste, une Guerre de Cent ans, une Guerre de Trente ans, la Révolution française, les guerres napoléoniennes, la Grande Dépression, l’occupation allemande de la moitié de l’Europe. La science, depuis qu’elle a été érigée en instance suprême de la vérité, a dépossédé l’homme de son regard, de son expérience, de son jugement, et même de son chagrin. Or, deuxième degré de la dépossession, ce n’est même pas la science elle-même qui a accompli ce tour de force, mais toute sorte de petites sciences fort peu scientifiques malgré les apparences, et infiniment serviles : la sociologie, la démographie, les statistiques, les chiffres, auxquels on peut faire dire ce que l’on veut. Le Grand Remplacement crève les yeux, et le coeur, mais les Européens s’en remettent, pour s’accorder le droit de juger de lui, à ce qui leur a le plus effrontément menti. Non seulement les sciences humaines n’ont en aucune façon annoncé aux peuples le cataclysme majeur qui se préparait, elles l’ont nié de toute leur énergie, comme elles niaient du même élan l’effondrement du système scolaire et celui de la culture, le lien entre immigration et délinquance, le désastre du paysage, l’artificialisation du monde.

     13. Vous attendiez-vous à ce que ce terme que vous avez créé se répande dans tout le monde occidental ? Êtes-vous surpris ? 

     - Je ne m’étais pas posé la question. Il me paraissait le plus juste, voilà tout.

     14. D’après vous, d’où vient le succès de votre expression ? 

     - Eh bien, évidemment, j’ai tendance à penser qu’il vient de sa justesse, de son adéquation aux processus en cours. Il faut ajouter à cela son extrême plasticité : Grand Remplacement (des races par d’autres races, des peuples par d’autres peuples), Petit Remplacement (des classes par d’autres classes, de la culture par le divertissement), remplacisme globalremplacistesremplaçantsremplacés.

     15. Le terme s’étant répandu, il est naturellement interprété de différentes manières. En effet, rares sont les personnes qui l’utilisent qui ont lu votre essai auparavant et qui s’en tiennent à votre définition. Le terme aurait-il donc une double vie ? D’une part, sous la forme que vous lui avez donnée et à laquelle se réfèrent vos lecteurs et vos adeptes. Mais d’autre part, sous la forme d’interprétations qui n’ont plus grand chose à voir avec votre original, qui le contredisent même, voire qui propagent l’idée qu’il s’agit d’une clique de conspirateurs ?

     - Votre description est parfaite, je n’ai rien à y ajouter.

     16. Votre concept a été repris notamment par le mouvement identitaire, qui en a fait l’une de ses idées directrices, mais aussi par une partie du RN français, Éric Zemmour, Viktor Orban, le chef du FPÖ de l’époque H.C. Strache, une partie de l’AfD allemande et d’autres -alors que Marine Le Pen, à ma connaissance, le rejette. Que pensez-vous de tout cela ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose que les politiques l’adoptent ? Ou en abusent-ils ? Le refus de Mme Le Pen les agace-t-il ? Ou est-ce une bonne chose, car le terme est ainsi moins réduit à un parti ? 

     - Mieux vaut qu’il ne soit pas réduit à un parti, il serait même préférable qu’il ne fût pas réduit à la droite ou à l’extrême-droite. Pour le Grand Remplacement lui-même, il est peut-être trop tard, encore qu’il y ait toujours eu des patriotes à gauche et que la lutte contre le Grand Remplacement est un combat indigéniste et décolonial, anticolonialiste, qui s’inscrit parfaitement dans l’histoire des luttes contre la colonisation et qui, en ce sens, n’est pas particulièrement “de droite”. Quant au remplacisme global, ce devrait être autant et plus un concept de gauche qu’un concept de droite. Hélas, ce sont les valeurs de gauche, égalité et antiracisme, qui servent le mieux la davocratie. 

     17. Les milieux d’extrême droite, jusqu’aux auteurs d’attentats terroristes de droite, ont également adopté votre terme. C’est pourquoi on attribue à ce terme et à vous-même une part de responsabilité dans les attentats et les meurtres commis par ces personnes. Ne devriez-vous pas vous reprocher de “fournir l’idéologie” à ces extrémistes, comme on dit ? Quels sont vos contre-arguments ? 

     - C’est aussi absurde que de reprocher les suicides de la Grande Dépression à un homme qui aurait écrit un livre intitulé La Grande Dépression. Le Grand Remplacement est une monstruosité dont il n’est pas étonnant qu’elle rende les gens fous, voire criminels. Mais ceux qui commettent des crimes prouvent du même coup qu’ils ne sont pas influencés par moi puisque l’épicentre de ma réflexion politique c’est le concept d’in-nocence, de non-nocence, de non-nuisance, de non-violence. C’est parce que je suis contre la violence que je suis contre le Grand Remplacement, qui l’amène partout avec lui. D’ailleurs il a été établi par plusieurs tribunaux que le tueur de Christchurch n’était en aucune façon influencé par moi, dont il ne connaissait sans doute même pas l’existence, ni par mes livres, qui ne sont pas traduits anglais. 

     18.Quel est l’avantage et le succès de pouvoir établir un tel terme dans le débat ? 

     - Tout ce qui concourt à ouvrir les yeux des victimes des industries de l’hébétude est bon.  

     19. Ou bien ce terme n’est-il pas un succès du tout ? Car au moins en Allemagne, il est entre-temps, comme je l’ai dit, publiquement discrédité en tant que "théorie du complot d’extrême droite". Le terme a-t-il donc échoué ? 

     - S’il a échoué, pourquoi m’interrogez-vous ? 

     20. Celui qui veut parler du phénomène du Grand Remplacement en Allemagne ne doit en aucun cas faire une chose : Utiliser le terme ! Car s’il le fait, soit il sera immédiatement exclu du débat, soit on lui imposera au moins un débat sur “l’extrémisme de droite” et la “théorie du complot” qui remplacera le débat sur les phénomènes du Grand Remplacement. Quel est l’intérêt d’une notion qui crée nettement plus de problèmes qu’elle n’apporte d’avantages ? Ne vaut-il pas mieux s’en passer ? 

     - Il est tout à fait possible en effet de se plier au jeu des négationnistes et de n’utiliser que les mots autorisés par eux, ainsi qu’ils l’exigent pour que la vérité du génocide par substitution n’affleure pas.

     

     

    Quelque temps avant cet entretien, le journal "Marianne" avait envoyé M. Daoud Boughezala, un de ses journalistes choc, passer trois jours chez Renaud Camus afin de brosser un portrait de l'écrivain à paraitre dans le numéro du 18 août. Une dizaine de jours seulement avant cette date, lettre polie d'excuses du chef de service : "Pas de portrait, madame Polony, directrice de la rédaction, n'en veut plus."

     


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    FRANCE, 2050 (ou avant ?...)

    Il y a bientôt vingt ans, Jean RASPAIL publiait une tribune dans Le Figaro intitulée "La patrie trahie par la République", dans laquelle il critiquait la politique d’immigration menée par la France. Avec le journal, il a été alors attaqué en justice par la LICRA pour "provocation à la haine raciale". Il a été relaxé.

     

    « J'ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d'un colis piégé. Difficile de l'aborder de front sans qu'il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C'est pourtant l'interrogation capitale. J'ai hésité. D'autant plus qu'en 1973, en publiant "Le Camp des saints", j'ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.

    « Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu'"ils sont chez eux chez moi" (Mitterrand), au sein d'une "Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes" (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les "Français de souche" se compter seulement la moitié la plus âgée de la population du pays, le reste étant composé d'Africains, Maghrébins ou Noirs et d'Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l'islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer.

    « La France n'est pas seule concernée. Toute l'Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas rapport de l'ONU (qui s'en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment, mais ils sont systématiquement occultés et l'INED pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe des Quinze est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des gouvernances et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme...

    « Sans compter que les "Français de souche", matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de "l'accueil à l'autre", du "partage" cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites "antiracistes", conditionnés dès la petite enfance au "métissage" culturel et comportemental, aux impératifs de la "France plurielle" et à toutes les dérives de l'antique charité chrétienne, n'auront plus d'autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule "citoyen" du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu'on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français et pas nécessairement tous de race blanche qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

    « Face aux différentes "communautés" qu'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c'est nous qu'on intègre à "l'autre", à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s'agira en quelque sorte je cherche un terme approprié d'une communauté de la pérennité française. Celle-ci s'appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

    « Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l'autre. Quelque chose comme l'élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?

    « Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.

    « Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c'est que les derniers isolats résistent jusqu'à s'engager dans une sorte de "reconquista" sans doute différente de l'espagnole mais s'inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné. Son auteur n'est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j'en suis sûr...

    « Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c'est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d'hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n'ose dire cyniquement, à l'immolation d'une certaine France (évitons le qualificatif d'éternelle qui révulse les belles consciences) sur l'autel de l'humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces "intelligents" qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l'organisme encore sain de la nation française.

    « Même si je peux, à la limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les "valeurs républicaines" se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d'idéologie, idéologie avec un grand "I", l'idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour la seconde.

    « Parmi le flot de références que j'accumule en épais dossiers à l'appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l'étendue des dégâts. Elle est extraite d'un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : "Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d'une jeune Française issue de l'immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République..."

    « Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : "Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d'êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie." (Président Boumediene, mars 1974.)

    « Et celle-là, tirée du XXe chant de l'Apocalypse : "Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée." »

    Jean RASPAIL- Le Figaro du jeudi 17 juin 2004

     

    Six ans plus tard, Renaud CAMUS pour qui Jean RASPAIL était une sorte de "prophète", décrivait et détaillait ce qu'il appela le "Grand Remplacement", remplacement progressif d'un peuple par un autre peuple, tant des points de vue ethnique et historique que culturel et religieux.

     

     

    NB. J'avais, à une ou deux reprises, cité quelques passages les plus significatifs de cette tribune. J'ai pensé le publier en intégralité au regard des faits-divers inspirés par les "chances pour la France" et de la répétition de nombreux et fréquents "sentiments d'insécurité" populaires... Ça ne sert à rien, mais bon...

     

     

     

     


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  • Un éditorialiste-blogueur (qui n'est pas spécialement mon auteur préféré) vient de publier un article dans "Causeur" (qui n'est pas spécialement ma lecture favorite), mais une fois n'est pas coutume (les passages soulignés le sont par moi) :

     

    L’Europe, c’est la paix… heu… la guerre!

    Jean-Paul Brighelli - 27 avril 2022  

    On nous avait vendu l’Europe comme le bouclier anti-nationaliste qui instaurerait une paix définitive sur un continent labouré par deux guerres mondiales. Nous sommes aujourd’hui forcés d’abandonner ce rêve simpliste : à la remorque des Etats-Unis, l’Europe cherche la guerre, et fait de son mieux pour la provoquer, estime notre chroniqueur :

     

    « Jean Monnet, heureux lascar qui, né en 1888, avait eu l’avantage indéniable de connaître deux guerres mondiales sans en faire lui-même aucune, nous avait vendu la création de l’Europe CEE comme un remède définitif au choc des nations. Banquier aux Etats-Unis à partir des années 1920, promoteur d’une fusion France-Grande-Bretagne (si !) comme aux plus beaux temps de la Guerre de Cent ans, il est resté le petit télégraphiste des Etats-Unis, comme disait De Gaulle qui ne l’aimait guère. Monnet avait refusé de se joindre au projet de "France libre", car il pensait plus utile de se mettre sous la houlette des Anglo-saxons. 

    « Il se fit après-guerre le promoteur d’une Communauté Européenne de Défense, qui mit le Général en fureur et que Mendès-France refusa sagement d’entériner. La création de la CEE, et le ralliement de l’Allemagne à l’OTAN en préambule du Traité de l’Élysée en 1963, c’est l’œuvre de Monnet. Et la décision européenne d’armer l’Ukraine et d’intervenir en douce dans le conflit qui l’oppose à la Russie (le Times affirme que des commandos britanniques sont déjà à l’œuvre là-bas), c’est encore, à distance, l’œuvre de Monnet.

    « Plus de guerres ? Ah oui ? L’UE vient d’envoyer pour 450 millions d’euros d’armes à l’Ukraine -et des "instructeurs" pour aider les Ukrainiens à s’en servir, tout comme les Etats-Unis avaient envoyé des "conseillers" au Vietnam… La Troisième Guerre mondiale est sur les rails, et ceux qui pensent encore que c’est "la faute aux Russes" devraient réviser le jeu des alliances et des tutelles depuis cinquante ans -en particulier la décision de Sarkozy de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN, et l’incitation faite à l’Ukraine en 2014 de rejoindre une alliance commandée par les Etats-Unis.

    « À noter que la guerre déclenchée par l’OTAN contre la Serbie à partir de 1999 n’a pas fait bouger un cil à la communauté européenne, qui a applaudi le bombardement de Belgrade et les secours envoyés aux musulmans bosniaques, qui servent aujourd’hui de tête de pont aux menées islamistes et à tous les trafics, d’armes et de d’organes en particulier. Carton plein.

    « Non que je m’indigne de cette supervision américaine de l’OTAN. Il est assez logique, dans une entreprise, de laisser le gros actionnaire décider de tout -n’en déplaise aux petits. Mais le matraquage médiatique sur les exactions de l’armée russe (les soldats ukrainiens, eux, ne violent et ne tuent personne -d’ailleurs ils font des prisonniers de guerre auxquels ils ne pensent même pas à mettre une balle dans la tête) parviendra sans doute à nous convaincre qu’il faut intervenir de façon plus directe dans le conflit.

    « Mais je m’interroge sur la façon dont certains politiques -Macron en tête- vont s’écriant "L’Europe ! L’Europe ! L’Europe !" comme si c’était un bouclier face à la rivalité américano-russe, alors que nous sommes juste le doigt entre l’écorce et l’arbre. Que les mêmes partis qui dominent la France soient nos mandataires à Bruxelles est un mélange des genres inquiétant : pourquoi défendraient-ils ici une indépendance nationale qu’ils récusent là-bas ?

    « La nation a été la grande absente des récentes élections. La nation et la République, et ce qui les constitue -l’histoire et la culture. Ni Marine Le Pen, qui faute de culture a renoncé à contester l’Europe, ni Eric Zemmour, libéral dans l’âme et qui pense que le libre-échange n’entre pas en conflit avec l’indépendance, ne sont de vrais républicains. Les vrais républicains, ce sont ceux qui à Valmy se sont opposés aux armées coalisées qui voulaient faire l’union européenne sur le dos de la Révolution. Ce sont ceux qui ont lutté contre l’Allemagne -pas ceux qui plus tard ont léché le cul du Deutsche Mark tout-puissant, ou consenti à ce que l’euro soit défini par rapport à ce même Deutsche Mark, sous prétexte de faciliter la réunion des deux Allemagnes- un joli tremplin pour les forces américaines présentes en Europe.

    « Les États-Unis n’ont jamais consenti à une Europe indépendante. Ils mènent une politique de blocs et, dans leur anti-soviétisme perpétué, préconisent l’entrée en guerre des Européens -sans risque pour eux-mêmes. Ça me rappelle la façon dont les seigneurs des guerres médiévales envoyaient la piétaille se faire massacrer en leur lieu et place.

    « J’explique dans mon dernier livre sur l’école que les Européanistes, disciples de Monnet, Giscard and co., ont modifié les programmes scolaires, dans l’étude de la langue ou en histoire, de façon à ce que les petits Français soient dépossédés d’un héritage millénaire. Ils préféraient de très loin des "communautés" qui éclatent le pays façon puzzle à une France unie et forte. Le boulot est fait : désormais, les Français, à quelques exceptions près, sont prêts à admettre qu’il est nécessaire d’aller faire la guerre à l’Est -et d’y mourir, pour la plus grande joie d’Américains qui benoîtement s’offrent à nous vendre du gaz ou du pétrole au prix fort. C’est ce jeu avantageux que défendent parfois à leur insu tous ceux qui aujourd’hui, prêchent un interventionnisme lourd. Le marché a-t-il besoin d’un conflit majeur pour se revitaliser ? Ou plus simplement, la volonté de puissance des Américains et des Russes aura-t-elle raison de la stabilité (relative, mais stabilité quand même) des soixante-dix dernières années ?

    « Quand Paris sera bombardé, nous aurons la réponse. »

     

    " L'Europe, c'est la guerre. " *

    * bref et succinct aperçu de votre aimable participation volontaire spontanée à l'effort hexagonal pour la paix en Ukraine

     

     

     

     


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    « Le verrou qui doit sauter, c’est la Nation »

    « Les structures économiques vont suivre la même évolution que les structures politiques. Dans ce dernier domaine, l’Europe de l’Ouest -c’est-à-dire les six pays du Marché Commun plus la Grande Bretagne, peut-être l’Irlande et les pays scandinaves selon des modalités à définir- vont constituer une Europe politique fédérale. Mais parce que chaque individu éprouve le besoin de se situer dans un milieu restreint, il s’identifiera à une province, que ce soit le Wurtemberg ou la Savoie, la Bretagne, l’Alsace-Lorraine ou le pays Wallon.

    « Dans ces conditions, la structure qui va disparaître, le verrou qui doit sauter, c’est la Nation parce qu’elle est inadaptée au monde moderne : tantôt trop petite, tantôt trop grande. »

    baron Edmond de Rothschild  (dans "Entreprise" - Juillet 1970) 

     

    petite précision relativement importante : En cette veille du premier tour de l'élection présidentielle où toute propagande électorale (pro ou anti) est strictement interdite voire réprimée, ne surtout pas chercher dans ce petit article anodin une quelconque allusion à tel ou tel candidat favori ou pas, ni à un sujet polémique parfois abordé au cours des derniers meetings et débats. 

    Avec les Rothschild & C° 

    ... juste la nostalgie de quelques souvenirs scolaires d'histoire-géo disparus.

    On dit ça comme ça...

     

     

     

     

     


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    PSEUDO AVERTISSEMENT !

    Je n'ai, bien sûr, aucune compétence pour juger de la valeur ou de la qualité d'un article paru dans une revue médicale très correcte et de bon niveau réservée aux professionnels avertis, encore moins pour juger du rôle et de l'efficacité du "Haut conseil de la santé publique", ni pour juger de la pertinence et de l'opportunité de la démission de l'un de ses membres, peut-être parmi les plus éminents.

    Je poste simplement cet article qui devrait, à n'en pas douter, intéresser quelque lecteur familier du sujet en général, et qui n' aurait pas eu connaissance de ces faits, ou qui les aurait oubliés.

    Quand-même.. J'aimerais ajouter, à titre strictement personnel, que je suis fort étonné que les "antivax" et autres "complotistes" ne soient apparemment pas exclusivement l'apanage de la foultitude des crétins extrémistes à gilet jaune qui ne sont rien et ne comprennent rien à la science à la Science et au progrès, ni même des suppôts de gourous charlatans comme Raoult, Perronne, Montagnier ou Fouché, mais aussi de gens bien propres sur eux qui ont longtemps tout fait pour ne pas faire de peine à messieurs Macron, Véran et autres Delfrassy et Hirsch ou Salomon (etc.), jusqu'au jour où...

     

    Le professeur François Alla est (entre autres) professeur de Santé Publique, spécialiste du Droit de la Santé, chef du service de 'Soutien méthodologique et d’innovation en prévention' au CHU de Bordeaux, spécialiste en 'intervention, organisation et promotion de la santé', etc....

    Moins connu que ses estimables confrères les docteurs Jérôme Marty ou Laurent Alexandre, il n'en était pas moins un élément non négligeable dans la 'lutte' contre la 'pandémie', en tant que membre du "Haut Conseil de la santé publique", une instance chargée d'apporter une "aide à la décision au ministre de la Santé en réalisant des rapports et en lui formulant des recommandations, réflexions prospectives et conseils", où il était vice-président de la "Commission maladies chroniques". Jusqu'à sa récente démission le 5 janvier. Sans perte ni fracas. 

    « Il considère que le "Haut conseil" ne dispose pas des moyens suffisants pour mener à bien ses missions. Et juge que les expertises des scientifiques du HCSP sont dévoyées par les politiques. »

    "C’est devenu très dur pour un expert de dire : "Je ne suis pas tout à fait d’accord avec les politiques" [...] Les gens sont tétanisés, ils ont peur de passer pour des antivax ou des complotistes."

    Il s'en est expliqué longuement dans "le Quotidien du Médecin" du 24 janvier :

     

    Antivax et complotistes 

    "J'ai démissionné du Haut Conseil de la santé publique car les experts n’ont pas joué leur rôle durant la crise sanitaire"

     

    • Pourquoi avez-vous démissionné du Haut conseil de la santé publique ?

    « Je voulais tout d’abord dégager du temps pour remplir ma nouvelle mission à la présidence de la Conférence régionale de santé et de l’autonomie (CRSA) de Nouvelle Aquitaine. Mais j’ai également démissionné parce que les experts du HCSP et les agences (HAS, Santé publique France, etc.) n’ont pas joué leur rôle durant la crise sanitaire. Celui-ci consiste à élaborer de l’aide à la décision, y compris quand elle ne va pas dans le sens du décideur ! Or, cette aide à la décision s’est transformée en service après-vente de décisions qui étaient déjà prises en amont.

    « Dernier exemple en date, l'article récent sur l’impact du passe sanitaire sur le taux de vaccination, la santé et l'économie. Il ne s’agit pas véritablement d’une expertise, mais d’un "travail alibi". Il a été porté par le Conseil d'analyse économique (CAE), qui est rattaché à Matignon et présidé par Philippe Martin, ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron.

    « Parmi les signataires de ce papier, il y a aussi un membre du Conseil scientifique, le Pr Arnaud Fontanet, qui a milité pour le passe sanitaire. Donc, ce n’est pas un travail scientifique indépendant, au sens d’absence de conflits d’intérêts avec le pouvoir politique. D’autant plus que ce focus a été publié le 18 janvier, soit deux jours après le dépôt d'une saisine du Conseil constitutionnel sur le passe vaccinal.

     

    • En dehors du passe sanitaire ou vaccinal, en quoi l’expertise scientifique n’a pas joué son rôle depuis le début de la crise ?

    « Souvenez-vous des positions sur le masque au début 2020. Le HCSP, comme les autres instances d’ailleurs, a clairement suivi les positions publiques des politiques qui affirmaient que le masque ne servait à rien. Or, son rôle d’instance sanitaire aurait dû consister à dire : "Le masque est nécessaire, c’est un outil de réduction des risques". Ce sont des choses que les experts savaient, mais ils se sont censurés pour "ne pas mettre le ministre de la Santé en difficulté", comme cela m'a été dit.

    « Macron avait dit : "On est en guerre...". Donc, on ne pouvait pas contredire les affirmations du directeur général de la santé ou du ministre qui avaient dit que c’était inutile, voire dangereux. Sur le masque, même si on pensait autre chose, il ne fallait pas le dire. Dans l’avis que j’ai écrit en mars 2020, j’ai parlé du masque. Le ministère de la Santé m’a clairement fait remarquer que cela n’était pas politiquement correct d’en parler.

    « On assiste aujourd’hui à un processus de décrédibilisation de toute voix discordante. C’est devenu très dur pour un expert de dire : "Je ne suis pas tout à fait d’accord avec les politiques". Car on risque de nous faire entrer dans le camp des complotistes. Il est par exemple devenu difficile d’émettre le moindre doute sur la politique de vaccination. Les gens sont tétanisés, ils ont peur de passer pour des antivax ou des complotistes.

     

    • D’autres raisons vous ont-elles poussé à démissionner ?

    « Le HCSP manque cruellement de moyens. À titre d’exemple, j’ai piloté un avis complexe, relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique, publié en novembre dernier. 6 000 articles sont sortis ces dernières années sur le sujet, j’ai dû me charger moi-même de la revue de la littérature, le soir et le week-end ! Pire, pour nous accompagner, nous avons un seul chargé de projet salarié du Haut conseil, mais il est mobilisé sur dix avis à la fois…

    « On ne peut pas s’appuyer uniquement sur du bénévolat sur des sujets aussi complexes qui nécessitent de faire la revue de la littérature, des entretiens, de rédiger, de communiquer sur l’avis. Durant la crise sanitaire, le HCSP a fourni un travail exceptionnel. Les experts ont travaillé jour et nuit sur leur temps personnel, n’ont pas pris de vacances. Cela n’est même pas reconnu par le recrutement de deux à trois chargés de projet… Je pense aussi que le HCSP doit se donner les moyens au niveau de la prévention et de la promotion de la santé.

     

    • C’est-à-dire ?

    « Un peu avant mon départ du HCSP, j’ai milité pour que l’on se dote à nouveau d’une commission dédiée à la prévention. La France a des performances médiocres dans le domaine : mortalité prématurée extrêmement forte, inégalités sociales et territoriales importantes. Tout le monde est d’accord pour faire ce virage préventif qui nécessite une expertise sur la prévention. Or, ce champ est aujourd’hui complètement vierge, car le HCSP et les agences sanitaires ne s’emparent pas du sujet. C’est dramatique.

     

    • Pourquoi affirmez-vous que le HCSP ne s’empare pas du sujet de la prévention ?

    « Parce que l’expertise en prévention dérange les décideurs. Par exemple, sur le sujet de la couverture vaccinale, on sait que la moitié des non vaccinés ne sont pas des 'antivax', mais des personnes âgées isolées qui vivent loin des centres de vaccination, des SDF, des migrants qui parlent mal le français, des personnes qui n’ont pas accès à internet… Une politique de prévention efficace, c’est aussi s’intéresser à ces déterminants structuraux : l’aménagement du territoire, les inégalités socio-économiques. Mais tout cela dérange, car cela remet en question les politiques.

    « Durant la crise sanitaire, le HCSP a émis de nombreux avis techniques mais aucun avis stratégique. Il a pourtant, normalement, une mission stratégique mais c’est le Conseil scientifique qui a fixé les axes stratégiques importants durant la crise : confinement, couvre-feu, stratégie de vaccination, etc. Le HCSP se contente d’émettre des avis techniques de mise en application. On assiste à un dévoiement complet de l’expertise.

     

     

     

     


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    "Y a-t-il une place pour l’islam en France ?". "Comment construire un 'islam de France' ?". "L’islam est-il compatible avec la démocratie ?"... Une lettre écrite par Charles de Foucauld, officier de cavalerie devenu explorateur, puis cistercien-trappiste, puis prêtre et ermite, peu de temps avant d'être trahi et assassiné en Algérie par les membres d'une confrérie musulmane auxquels il avait accordé sa confiance peut apporter un début de commencement de réponse qu'il est bon de garder à l'esprit.

    (à lire en intégralité sur https://libertepolitique.com/ )  

    Charles de Foucault à René Bazin

    extrait (choisi) :

    Tamanrasset, via Biskra, Algérie, le 29 juillet 1916

    Monsieur,

    [...]

    Les musulmans peuvent-ils être vraiment français ?

    Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s’y opposent ; avec certains il y a des accommodements. Avec l’un, celui du "mehdi" *, il n’y en a pas. Tout musulman croit qu’à l’approche du jugement dernier le mehdi surviendra, déclarera la guerre sainte et établira l’islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui, musulman ou ses descendants. S’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve ; "l’oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s’il se tient tranquille, il se retrouve intact le jour de la libération", disent-ils. Ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu’aux Allemands, parce qu’ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d’honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècle : mais d’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du mehdi, en lequel ils soumettront la France.

    De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d’un peuple étranger qu’on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d’apostasie, un renoncement à la foi du mehdi.

    Votre humble serviteur dans le cœur de Jésus.

    Charles de Foucauld.  

    * Selon Wikipédia : "Le Mehdi, ou Mahdi ou Muhammad al-Mahdi "le bien guidé " est un rédempteur eschatologique attendu par les musulmans et identifié au dernier imam. Dans la tradition musulmane, le Mehdi reviendra à la fin des temps pour restaurer la religion musulmane et la justice. Sa venue sera suivie de celle de l'Antéchrist. Ce dernier sera tué par le Mahdi, aidé de 'Isa' (Jésus)"

     

    envoi :

    Charles de Foucault à René Bazin

     

     

     

     

     


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    Brève

    - Monsieur le Président, je crois que cette fois-ci on ne va pas y couper : ils commencent à se poser vraiment des questions sur le Grand Remplacement…
    - Zéro problem, y a qu’à augmenter tous les prix : ça leur donnera aut’chose à penser.
    (ccc. Renaud Camus sur Telegram)

     

     

     

     


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