•  

    Ce texte visionnaire a été écrit il y a une soixante d'années.

    Il n'a pas évidemment pas vieilli, et son actualité est même de plus en plus visible quotidiennement.

    Son auteur, Jean-Nicolas Marcetteau de Brem, avec son prénom à rallonge et son nom à particule fleurant mauvais la vieille France catholique, est considéré par les critiques littéraires de "le Monde", comme l'un des fondateurs de l'ultradroite violente, aux côtés de Jean-Jacques Susini, Pierre Sergent, Dominique Venner ou Pierre Sidos. 

     

    "Chacun de nous est le dernier des Européens."

    "Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame.

    "Chacun de nous est le dernier des Européens.

    "Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires

    "Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurais pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique.

    "Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire.

    "Qu’importe.

    "Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume.

    "Taxez-moi de romantisme, qu’importe !

    "Pour moi, le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne.

    "C’est le Romancero du Cid, ou le visage hugolien de “l’enfant grec”.

    "C’est un tombeau des Invalides, ou le Grand Aigle de Schönbrunn, l’Alcazar de Tolède, ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres, ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la Porte de Brandebourg devenue le poste frontière de l’Europe mutilée.

    "Pour toutes ces pierres, pour tous ces aigles et pour toutes ces croix, pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères, pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un grand passé, la lutte ne sera jamais vaine.

    "Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles, tu symbolises notre esprit de résistance. Et toi, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, Alexandre, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et le sens de l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale”.

    Il est extrait d'un monumental ouvrage éponyme en deux volumes, publié en 1964, reprenant l'histoire du continent européen, de l'Antiquité au milieu du XXme siècle : "J’ai voulu dans ce livre, d’une part exalter les martyrs et les grands capitaines qui ont installé sur le monde la domination de l’Europe, d’autre part dénoncer les apprentis sorciers qui ont provoqué le recul de l’Occident et préparent maintenant son écrasement total. J’ai voulu, de plus, en expliquant ce qu’est l’Europe d’aujourd’hui et ce qu’elle pourrait devenir, rendre à mon lecteur des raisons de se battre, c’est à dire une chance de gagner. Il s’agit désormais de maintenir coûte que coûte l’héritage grandiose d’un monde dont les feux ont brillé sur tous les continents, tous les océans..." (*)

    Jean Nicolas Marcetteau de Brem, dit Jean de Brem

     

    Testament d'un européen.
    Vézelay. La "colline éternelle". Un des points de départ traditionnels sur les Chemins de St Jacques de Compostelle qui était considéré -jusqu'à il y a peu de temps encore- comme le premier "itinéraire européen" et le principal pèlerinage chrétien.

     

    (*) ce qui est fort politiquement incorrect

     

     

    en complément : "Les nations et l'Europe" (Comment faire le lien entre nos patries charnelles et l'Europe ?)

     

     

     


    8 commentaires
  •  

    vu, ce 19 octobre, sur le blog Mediapart

    (pour rappel, ce dessin prémonitoire de Marsault : Philistin Soja, journaliste)

     

    Exécution sommaire du suspect : nouvelle norme en matière de terrorisme?

    par "HORSLESMURS", le 19 oct. 2020

    L'exécution du jeune Tchéchène était facilement évitable. Malgré la dérive évidente que cette exécution sommaire symbolise, personne ou presque ne semble se préoccuper du mode opératoire des forces de l'ordre.

    La décapitation du professeur de Conflans Sainte-Honorine risque de peser lourd dans les débats sur l’Islam, qui semblent tout en haut de l’agenda présidentiel depuis la nomination de Gérald Darmanin au Ministère de l’Intérieur. 

    La portée symbolique de cette décapitation est immense et l’émotion s’empare du pays. Malheureusement, deux jours après le drame, force est de constater que le traitement médiatique de cette affaire reste partial. Une fois de plus, il semble que l’étiquette "attentat terroriste" dispense les journalistes de tout effort réflexif. Les titres sensationnalistes s’accumulent et créent une chambre aux échos très favorable aux rhétoriques d’extrême-droite. 

    Or, à l’heure actuelle, que savons-nous sur le contexte dans lequel les forces de l'ordre ont agis ?

    Nous savons qu’un professeur d’histoire-géographie a été décapité peu avant 17h à Conflans Sainte-Honorine, rue du Moineau-Buisson. Une photo macabre de la tête est publiée sur un compte Twitter répondant au pseudo "Tchetchene_270" (mais qui n'a alors pas encore été formellement lié à l'individu abattu). Juste après 17h, la police reçoit l’appel d’une personne signalant un homme décapité sur la voie publique. Quelques minutes plus tard, entre 200 et 400 mètres plus loin, un jeune homme de 18 ans est abattu, avenue Roger Salengro dans la commune limitrophe d’Éragny (très exactement ici).

    Au-delà de ces éléments, le flou demeure sur le déroulé exact de l’interpellation du jeune tchétchène. Pour l’immense majorité de la population, les détails de cette interpellation importent peu. Et pourtant…

    Une vidéo -très rapidement publiée sur les réseaux sociaux' permet de s’interroger sur ce qui semble être devenu une nouvelle normalité en France. Dès qu’il s’agit de terrorisme, c’est à dire d’un crime commis par une personne musulmane envers une personne non-musulmane, la police semble avoir le droit, voire le devoir de tuer. En effet, hormis Salah Abdeslam pris par la police belge, aucun terroriste ne survit à ses actes sur le sol français. 

    Dans le cas présent, il est absolument clair que les policiers ont compris que le terroriste n’était armé que d’un pistolet à billes bien avant de l’exécuter. L’information est répétée deux fois, de façon très audible. De plus, à ce moment précis, le terroriste est seulement en possession d’un canif, le gros couteau ayant servi à la décapitation étant resté près de la scène du crime. Enfin, la police l’a déjà cerné et le risque qu’il s’enfuie est donc quasi-nul. 

    Aucun de ces éléments de contexte ne semble empêcher l’exécution du jeune tchétchène. 

    On se doute que ce ne sont pas les policiers ayant identifié l’arme comme étant un pistolet à billes qui ont commis cette basse-œuvre. Au contraire, il y a des raisons de penser que la mise-à-mort vient de cet homme vêtu de noir, qui arrive en haut à droite de la vidéo, à 0m39s, charge son pistolet, se voit désigner le terroriste par un autre policier (qui, au passage, arrive tranquillement depuis la zone où le terroriste se trouve) et rejoint en marchant la zone d’action avant que les 9 détonations ne se fassent entendre quelques secondes plus tard. 

    Malheureusement, lorsqu’il s’agit de terrorisme, cette justice policière expéditive ne semble poser de problèmes à aucun média, ni à aucun homme politique de premier plan. Soucieux de leurs côtes de popularité, médias comme politiques évitent toute prise de position qui pourraient être perçues comme un déni de solidarité vis-à-vis des victimes. Comme si exiger que la justice s’applique à tous les présumés coupables de façon semblable avait quoi que ce soit à voir avec l’empathie que l’on peut ressentir pour les victimes et leurs proches, ou la tristesse de voir le pays s’enfoncer plus avant dans ses clivages religieux et ethniques.

    Il faut avoir le courage de se regarder en face pour comprendre le chemin que prend la France et la perception que certaines minorités peuvent avoir de la situation. 

    Certes, le procès d’un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux, créer transitoirement des troubles à l’ordre publique et attiser certaines tensions. Mais on ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à la barbarie policière sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française. 

    Ce jeune de 18 ans n’est, au moment précis de sa mort, qu’un suspect armé d’un jouet et d’un canif. Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve -depuis plus 30 ans- en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde. 

     

    Par ailleurs, la veille, Assa Traoré et deux individus, les yeux pétillants de malice, ridiculisaient impunément en une odieuse récupération et par un pauvre jeu-de-mots ignoble les hommages rendus à l'enseignant assassiné par des proches de ses compagnons de luttes -islamistes fondamentalistes et salafistes- en faveur de ses racailles de frères et contre la France (et la république, forcément)

    ..un jeune, armé d'un jouet et d'un canif
    "Aujourd'hui nous étions Place de la République à l'appel des syndicats enseignants. Pour rendre hommage au professeur Samuel Paty" (https://twitter.com/laveritepradama/)

     

     

     

     


    13 commentaires
  •  

    Un article paru ce jour sur le site "Contrepoints"

    Quoi que je puisse en penser, je crois qu'il n'est pas inutile de le partager...

    Olivier Véran et le président

    Olivier Véran dans le viseur du Président ?

    Il est maintenant clair qu’Olivier Véran n’a devant lui que quelques petites semaines pour régler une longue liste de problèmes.

    Par Olivier Maurice.

    En définitive, ce n’est pas seulement le Conseil scientifique qui s’est fait sérieusement souffler dans les bronches lors du Conseil de défense de vendredi de la semaine dernière, mais également Olivier Véran qui en a clairement pris pour son grade.

    Le ministre de la Santé avait jusqu’à présent réussi à passer entre les gouttes. Il avait astucieusement réussi à sortir quasiment indemne de la pantalonnade des masques métamorphes, ceux-là même qui étaient miraculeusement passés de "interdits sous peine de prison" en "obligatoires sous peine d’amende". La brave Sibeth Ndiaye s’était à l’époque portée courageusement volontaire désignée d’office pour servir de fusible et exploser en plein vol dans un grand sourire un peu crispé.

    Mais il semble bien que le coup ne soit pas passé cette fois-ci.

    Le fiasco des tests est semble-t-il arrivé aux oreilles d’Emmanuel Macron qui s’est fâché tout rouge devant la blague à 54 millions d’euros par semaine. Il faut dire qu’entre la version officielle qui promet des résultats disponibles dans les 24 heures suivant le prélèvement, et la réalité qui peut dépasser allégrement la semaine, voire deux, voire même trois en additionnant le temps pour obtenir un rendez-vous, il y aurait comme qui dirait… une légère différence.

    Une semaine, c’est à peu près le temps que dure la maladie dans 95 % des cas, c’est-à-dire que les tests reviennent en général quand ils ne servent plus à rien.

    LA FRANCE DANS LE VISEUR DE BRUXELLES

    Vendredi dernier, juste après le conseil de défense, Emmanuel Macron avait rendez-vous pour déjeuner avec Charles Michel, le président du Conseil européen.

    Rappelons qu’à l’issue du sommet fleuve du mois de juillet, il a été décidé que c’était au Conseil européen que reviendrait la charge de s’assurer de la bonne utilisation des 100 milliards d’argent magique du plan de relance attribué à la France. Bonne utilisation signifiant en l’occurrence résultats économiques.

    L’accord a fini par être conclu dans la douleur, mais uniquement à la condition de cette vérification régulière. Après un court moment d’incompréhension devant une requête aussi incongrue, Emmanuel Macron avait fini par plier devant les pays un peu plus respectueux de l’argent de leurs contribuables et ne vouant pas une confiance aveugle aux promesses des politiciens des pays du sud de l’Europe.

    C’est bien beau de demander de l’argent en promettant monts et merveilles. Mais dans ce cas-là, il faut accepter de se retrouver avec un bailleur sur le dos qui vient vérifier de temps en temps comment vont les choses.

    Entre un État qui dépense à tort et à travers l’argent des citoyens et un État qui doit rendre des comptes pour chaque centime dépensé et qui a tout intérêt à se tenir à carreau, il n’est finalement pas vraiment certain que la perte de souveraineté soit finalement une si mauvaise chose que ça…

    Dans ce contexte, on comprend vite que le scénario apocalyptique hurlé à la cantonade par le Conseil scientifique et l’hypothèse évoquée de-ci de-là d’un nouveau confinement généralisé n’aient pas été très bien reçus par l’Europe.

    La reprise économique dépend en grande partie de la capacité à gérer le développement de l’épidémie, et une semaine pour se faire tester, plus une semaine pour avoir les résultats, ça ne fait pas très sérieux.

    LE MINISTRE DE LA SANTÉ DANS LE VISEUR DE L’ÉLYSÉE

    Mais il semble aussi se dessiner derrière toute cette histoire un contexte politique ayant comme ligne de mire les prochaines élections présidentielles de 2022. Les grandes manœuvres commencent plus vite que prévu cette saison. À moins qu’au réveil de ses vacances, le futur candidat Macron ne se soit rendu compte que l’année Covid avait sérieusement perturbé son agenda.

    Ce n’est un secret pour personne, le conglomérat La République en Marche a explosé en vol depuis belle lurette et ne tient plus que par des rustines et des bouts de ficelles. Entre le flou total à droite et la débandade à gauche, les velléitaires ne se cachent même plus dans le brouillard de l’ex-majorité présidentielle pour essayer d’occuper le terrain.

    Emmanuel Macron n’a donc pas dû résister trop longtemps pour foncer sur l’occasion d’écorner au passage la popularité d’Olivier Véran et avec lui la frange gauche de la nébuleuse LaREM qui, attirée par les récents succès des écologistes, prend de plus en plus ses aises, allant même jusqu’à voter contre le discours de politique générale du nouveau Premier ministre.

    LE SYSTÈME DE SANTÉ DANS LE VISEUR D’OLIVIER VÉRAN

    C’est donc un peu penaud, et sans doute aussi un peu inquiet, que le ministre de la Santé s’est présenté devant la presse jeudi après-midi pour tenter d’expliquer que tout allait bien, mais que tout allait mal, qu’il y allait avoir une deuxième vague, qui n’est pas vraiment une vague, que l’hôpital était prêt, mais qu’il risquait ne pas pouvoir gérer…

    À la décharge d’Olivier Véran, il va sans doute falloir un petit moment pour rattraper le temps perdu par les pleurnicheries et les mesures de prophylaxie moyenâgeuses du comité scientifique.

    Enfin, la bonne nouvelle, c’est que la France semble enfin s’orienter vers la mise en place d’une stratégie ciblée de traitement des foyers de contamination et que les autorités commencent enfin à se résoudre à tourner le dos aux mesures indifférenciées, hautement liberticides et totalement inefficaces qui ont été imposées aux Français, ainsi qu’en témoignent l’assouplissement des mesures sanitaires dans les écoles, la départementalisation des mesures et la réduction de la période d’isolement.

    Mais pour y parvenir, le ministre de la Santé devra se battre sur plusieurs fronts et il aura surtout à affronter un obstacle de taille : la lourdeur et la lenteur de son administration.

    Il ne va pas être simple pour le docteur Véran de devenir le ministre Véran et de se détacher de la corporation des mandarins qui avait dès le début de son mandat estimé qu’elle était bien plus compétente que le ministre pour diriger le pays.

    OLIVIER VÉRAN A QUELQUES SEMAINES POUR TOUT RÉGLER

    La route semble encore bien longue et faire le tri dans la farandole d’interdictions et d’obligations coûteuses et inutiles semées ici et là au gré de l’humeur et de l’imagination depuis 6 mois, le tout sans trop se renier ou perdre la face, ne sera pas une partie de plaisir.

    Les mesures présentées jeudi par Olivier Véran correspondent à ce qu’il aurait fallu mettre en place dès avril pour le déconfinement. Sans vouloir enfoncer le clou, c’est ce que les pays asiatiques font depuis le début et ce que de nombreux pays, dont l’Allemagne, ont mis en place au plus vite ; et ce dont on parle de façon récurrente dans ces colonnes depuis le début de l’épidémie.

    Mais il reste encore de bien nombreuses questions à l’ordre du jour et de bien nombreux problèmes à régler :

    • Comment intégrer dans le dispositif sanitaire la médecine de ville et les hôpitaux privés qui ont dès le début de la crise été dédaignés par les pontes hospitaliers ?

    • Comment mettre en place un réel parcours de soins personnalisé afin d’identifier rapidement les personnes infectées, soigner les malades et prendre en charge le plus vite possible les cas graves et les plus à risque ?

    • Comment passer du recensement administratif des clusters à un réel suivi médical ?

    • Et surtout comment faire retomber l’incroyable atmosphère anxiogène totalement contreproductive et largement injustifiée ?

    Il est maintenant clair qu’Olivier Véran n’a devant lui que quelques petites semaines pour régler une longue liste de problèmes.

    Le tout dans une joyeuse ambiance de franche camaraderie : il ne sera pas très difficile de trouver un remplaçant au devenu gênant ministre de la Santé en cas d’échec de celui-ci, y compris dans les rangs de l’actuel gouvernement.

    Le président de la République, en bon joueur d’échec, a pris soin d’inviter un ex-ministre de la Santé (également ex-ministre de l’Écologie), pharmacienne de surcroît, et nouveau ministre de la Culture, à chaque conseil de défense hebdomadaire.

     (Les liens renvoient vers les sources citées par l'article)

     

     

    Voir aussi : Olivier Véran mis devant un casse-tête insoluble

     

     

     

     

     

     

     


    8 commentaires
  •  

    "L'obsolescence de l'homme"...

    ...c'est un texte qui, depuis quelques jours, circule assez abondamment sur certains blogs et réseaux sociaux...

    Il s'agit d'un extrait (certainement jugé le plus représentatif) d'un livre de Günther Anders, paru en 1956, "L'obsolescence de l'homme" (1) et publié en français pour la première fois il y a seulement quelques années par l'éditeur "Encyclopédie des nuisances".

    J'avoue que je ne connaissais pas cet auteur, et encore moins son œuvre, ni cet éditeur...

    J'ai appris par wikipedia que Günther Anders (2) a été l'époux de Hannah Arendt (3).

    ...

    Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

    L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

    Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

    En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur –qu’il faudra entretenir– sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

    L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels.

    Il va de soi que "toute ressemblance avec une actualité ou des situations existantes, ayant existé ou appelées à exister ne pourrait être que l'effet d'une clairvoyance certaine de l'auteur, une certaine constance dans l'esprit de nos dirigeants et une forme de déni dans celui de la plupart de nos concitoyens". Certains vont, bien sûr, hurler à la paranoïa complotiste... ce qui par ailleurs ne les empêche pas de trouver "Le meilleur des mondes" ou "1984" de bons romans de détente.

     

     

     


    36 commentaires
  •  

    L'article ci-dessous, que je repends intégralement, a été initialement publié le 1er juin sur son blog d'origine. ce qui laisse supposer qu'il a commencé à être rédigé au moins quelques jours avant...

    ...avant la "marche (interdite donc illégale) de solidarité avec les 'sans-papier' (clandestins, donc illégaux)" -exigeant d'être accueillis et acceptés dans un pays qu'ils méprisent et condamnent-, qui a vu défiler plus de 5 000 personnes en toute impunité de la part des "autorités de la République" avant de se terminer sur la place parisienne du même nom aux cris de "Allah akbar"

    ...avant la manifestation (interdite, donc illégale), ayant rassemblé entre 20 et 40 000 personnes et fait pour environ 1 000 000 d'€ de dégâts, pour exiger de la justice républicaine qu'elle rende un verdict conforme aux exigences maintes fois réitérées de la famille d'une " victime innocente des violences racistes et policières" (ce qui ne va pas tarder à lui être accordé après plus de 4 ans d'agitations), le tout se terminant en chanson, avec hymne des "black-panthers" américains appelant à prendre un fusil contre la police... 

    ...avant les manifestations "pacifiques" "de solidarité" et "de soutien" envers un délinquant (noir) assassiné ("froidement") par un policier (blanc) quelque part aux Etats-Unis. manifestations ayant essaimé sur toute la planète, et jusque dans les villes françaises les plus étrangères à ce problème presque quotidien outre-Atlantique entre policiers (de toutes races) et délinquants (de toutes races, ou presque). Manifestations guidées par on ne sait quelles mains invisibles... pacifiques mais ayant débouché sur des pillages massifs généralisés de magasins de vêtements de sport "de marque" et de matériel électronique et informatique et sur des humiliations sans précédent des blancs (forces de police comprises) obligées de s'agenouiller devant une foule racisée, hostile et méprisante, pour expier des fautes imaginaires et fantasmées...

    ...avant les manifestations (interdites, donc illégales) de ce jour qui entendent lutter contre "le racisme dans la police". Illégales, mais avec l'appui tacite et bienveillant du ministre de l'Intérieur (et des cultes ...!?) qui donne implicitement ou ouvertement raison à des Omar Sy, Camelia Jordana ou Mathieu Kassovitz et à la famille Traoré, face aux policiers, victimes depuis de longs mois, d'insultes, d'humiliations et de guet-apens et de violences quasi quotidiennes dans les "quartiers difficiles" et les "banlieues défavorisées"...

    ...avant que le pouvoir ne s'inquiète officiellement des dérives violentes prévisibles de ces manifestations virant régulièrement à l'émeute en attendant la guerre civile annoncée... boucle à moitié certains quartiers de Paris, mais s'abstient totalement de réagir avec un minimum d'autorité pour "ne pas mettre d'huile sur le feu"... Incompétence, lâcheté ou complicité ?

    Tout ça y est analysé, expliqué, décrypté : mondialisme et tiers et alter-mondialisme, culpabilisation et repentance et soumission, reniement de soi, démission et pacifisme, déni du réel, "modernité" et progressisme, etc...

    La fin assurée et assumée de la civilisation européenne, c'est pour maintenant.

    bedeau


     

     

    Un article repris du blog :  

    "Les chroniques de Paysan savoyard"

    "la fin probable de la civilisation européenne"

    https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/

     

    "Il faut maintenant répudier l’idéologie républicaine"

    (avec la permission de l'auteur)

    Pour les peuples français et européens les évolutions de ces dernières décennies ont selon nous été catastrophiques. Elles ont pour la plupart été initiées par les Américains, vainqueurs de la seconde guerre mondiale, qui ont transformé les Etats européens en vassaux. La société de consommation a engendré l’exode rural, déstructuré les sociétés et abîmé l’environnement. La mondialisation, lancée dans les années quatre-vingt-dix, à l’instigation des Etats-Unis, a été également gravement nuisible, en particulier du fait des délocalisations qui, en France notamment, ont en grande partie détruit l’industrie et mis au chômage des régions entières. Quant à "la construction européenne", elle n’est qu’un maillon et un instrument de la mondialisation.

    Au-delà même de ces évolutions récentes c’est plus fondamentalement la modernité dans son ensemble qui nous paraît néfaste. Les idées modernes se sont imposées en France avec la révolution de 1789, avant d’être diffusées dans le reste de l’Europe. La plupart des aspects de la société moderne et la plupart de ses valeurs nous paraissent mauvaises. L’individualisme, qui détruit les structures et les cadres de la société collective traditionnelle. L’idée de progrès, qui entend congédier le passé. La laïcité, machine de guerre contre le christianisme, qui est la religion des Européens. L’égalité, ce leurre et ce vice. La démocratie, illusion et mensonge là encore. 

    Il faudrait nous semble-t-il tout à la fois remettre en cause la société de consommation, mettre fin à la mondialisation et à la soi-disant "union européenne, se libérer de la tutelle américaine et combattre la modernité elle-même dans nombre de ses aspects… Voilà qui paraît bien illusoire.

    Certaines ruptures pourtant sont urgentes et vitales si nous voulons conjurer le danger immédiat qui nous menace dans notre existence même : l’invasion migratoire en cours qui, si elle se poursuit, va détruire l’Europe, ses peuples et sa civilisation. Cette invasion migratoire est voulue, suscitée et organisée par la classe dirigeante, qui entend par là à la fois accroître ses pouvoirs et ses profits et servir son idéologie mondialiste. Si nous voulons vivre il faut donc nous débarrasser de cette classe dirigeante qui nous trahit. Et au préalable congédier son idéologie, qui est à la source de la politique d’invasion migratoire qu’elle conduit.

    Répudier la conception républicaine de la nation

    La nation selon-nous ne peut être que "charnelle". Elle est un territoire, celui sur lequel ont vécu les ancêtres. Elle est une religion commune. Une culture commune. Des mœurs communes. Et elle est une même race. C’est ainsi que les peuples européens, avec leurs différences, appartiennent tous à la civilisation européenne, qui peut se caractériser ainsi : religion chrétienne, culture gréco-romaine, mœurs européennes, race blanche. Avec leurs spécificités, leur histoire particulière, leur territoire propre, les différentes nations européennes partagent ce tronc commun à forte dimension charnelle.

    Tenants de l’idéologie moderne, celle des Lumières, les républicains, au pouvoir depuis deux cents ans, promeuvent une autre vision de la nation, non plus "charnelle" mais "idéelle". Pour les républicains, la nation est la volonté de vivre ensemble autour de valeurs communes, celles de la république.

    La nation idéelle présente on le voit plusieurs différences fondamentales d’avec la nation charnelle. Dans le cadre de la nation idéelle, premièrement, il n’y a plus de lien charnel entre les membres de la nation mais une communauté d’idées et de valeurs. Tandis que la nation charnelle, deuxièmement, est un fait, qui préexiste aux individus, c’est volontairement que ceux-ci adhérent aux valeurs de la nation idéelle. Troisièmement, enfin, la nation idéelle n’a plus d’ancrage territorial : elle est hors-sol et désincarnée.

    Pour les modernes, la France est donc avant tout une idée –la république– le concept de république précédant et l’emportant sur la référence au territoire : c’est la "république française". Quant au passé de la France antérieur à l’avènement de la république, il est rejeté dans les poubelles de l’histoire.

    Cette conception idéelle de la nation nous paraît profondément fausse. C’est une utopie, désincarnée, arbitraire, artificielle, qui ne correspond en rien à ce qu’est la condition humaine. Mais au-delà de la controverse théorique il faut souligner, et c’est ce qui nous intéresse ici, que cette conception est à la base de la politique d’immigration massive.

    En effet c’est leur conception même de la nation comme communauté de valeurs qui incite puissamment les républicains à promouvoir l’immigration. En mixant des populations de toutes origines, l’immigration et le métissage érodent et détruisent le lien charnel et racial qui existait entre la nation, son territoire et sa population. Minant de l’intérieur la nation charnelle, l’immigration dégage le terrain, aux yeux des républicains, pour la construction d’une nation idéelle. C’est pourquoi les républicains sont favorables par principe à l’immigration, quitte affirment-ils à l’encadrer et à la réguler.

    Afin de manifester le fait que l’appartenance à la communauté nationale n’a rien à voir avec les liens de sang, les républicains promeuvent en outre une attribution massive de la nationalité à ceux qui sont établis sur le territoire ainsi qu’à ceux qui y naissent, en vertu de ce qu’ils nomment un "droit du sol".  L’attribution massive de la nationalité leur fournit ainsi un argument d’apparence puissante pour rendre l’immigration irréversible : "les immigrés ayant pour la plupart la nationalité française, ils appartiennent à part entière à la communauté nationale et leur présence définitive en France ne peut plus se discuter" affirment-ils.

    Il est intéressant de mettre en évidence la façon dont les républicains se sont débrouillés pour concilier leur théorie de la communauté de valeurs avec la réalité de l’immigration non européenne telle qu’elle a commencé à la fin des années cinquante. Dans un premier temps les républicains ont soutenu que les immigrés choisissaient la France parce qu’ils aspiraient à y partager les valeurs d’égalité et de liberté. L’immigration devenant massive, les républicains ont ensuite été forcés d’admettre que les motivations des immigrés n’avaient pas grand-chose à voir avec la volonté d’intégrer une communauté de valeurs : ils ont alors prétendu que, même lorsque l’immigration était motivée par des raisons économiques et sociales, "l’immense majorité des immigrés" n’en acceptaient pas moins les valeurs essentielles et choisissaient par exemple de pratiquer un islam "à la française", républicain et laïc. Mais la réalité des faits rendait de nouveau cette position intenable : les républicains ont dû reconnaître, dans un troisième temps, que de nombreux immigrés, loin de partager les valeurs en question, en rejetaient certaines violemment, à commencer par la laïcité ou l’égalité entre hommes et femmes. C’est alors que les républicains ont procédé à l’une de ces pirouettes conceptuelles et sémantiques dont ils ont le secret : ils se sont mis à affirmer que, si la nation est certes une communauté de valeurs, les valeurs en question ne sont pas pour autant figées ni immuables, mais qu’elles peuvent au contraire évoluer, se renouveler et s’enrichir, grâce notamment à l’apport des personnes originaires de l’immigration. Cette gymnastique conceptuelle osée n’a pourtant pas suffit et un quatrième temps s’est rapidement imposé aux républicains et à leurs illusions. Les faits démontrant chaque jour un peu plus qu’il ne pouvait y avoir ni assimilation, ni intégration, ni communauté de valeurs que celles-ci soient évolutives ou non, l’élite au pouvoir a décidé de prôner désormais le "vivre-ensemble", c’est à dire une simple coexistence, si possible pacifique, entre des communautés ne partageant rien d’autre que la présence sur un même territoire. Notons que ces glissements successifs et ces reculs en rase campagne n’empêchent nullement les républicains de continuer à pérorer sur la conception républicaine de la nation et la communauté que nous constituons "autour des valeurs républicaines qui nous réunissent", ainsi que l’avait fait par exemple l’inénarrable M. Schiappa face à E. Zemmour. [1] 

    Notons également que les républicains sont désormais débordés sur leur gauche : ils sont en effet en concurrence avec les islamo-gauchistes, qui ont pris fait et cause pour les immigrés et perçoivent les valeurs républicaines et l’objectif d’intégration comme des manifestations insupportables de la domination des blancs.

    Si nous voulons vivre, il faut nous débarrasser de la conception républicaine de la nation, qui est au service de la politique d’invasion. Contrairement à ce qu’affirment les républicains et autres utopistes issus des "Lumières", les nations d’Europe ne sont aucunement des communautés de valeurs abstraites, mais des territoires ancrés dans le passé et dans la vie concrète des générations qui se sont succédé. Ces nations et ces territoires appartiennent aux peuples européens autochtones, unis par les liens multiples de l’histoire, de la culture et du sang. Quant aux personnes originaires de l’immigration qui possèdent la nationalité du pays d’accueil, elle leur a été donnée par les républicains, dans une perspective idéologique de destruction des Européens d’Europe : elle ne leur octroie dès lors aucun droit de se maintenir sur nos territoires.

    Congédier l’universalisme des Lumières

    La république se veut universelle, de même qu’elle juge universelles les valeurs qu’elle promeut. C’est dans cet esprit qu’elle adopte dès 1789 la déclaration universelle des droits de l’homme. L’universalisme vient compléter et renforcer la conception idéelle de la nation : la nation est l’adhésion à des valeurs et ces valeurs sont universelles.

    Il en résulte que la nation française a dans l’esprit des républicains un rôle universel : ainsi que l’indique là encore le titre dont elle s’est parée, la "république française" se donne pour mission de répandre partout dans le monde l’idée républicaine et d’y faire partager ses conceptions.

    C’est pourquoi également les républicains se vivent comme des "citoyens du monde". Ils considèrent qu’un monde universel, gouverné par les mêmes valeurs universelles et débarrassé des frontières, se détachera par là-même des haines nationales et des affrontements entre peuples. Le nationalisme, au contraire, doit selon eux être condamné et rejeté parce qu’il porte en lui l’antagonisme, le racisme et la guerre.

    Ajoutons cette précision. La révolution française a engendré deux familles d’héritiers, les républicains d’une part, les communistes d’autre part, continuateurs de la révolution "communiste" de 1792-1794. Comme les républicains, les communistes sont eux-aussi universalistes : ils aspirent à l’union des prolétaires de tous pays.

    Comme l’est la conception de la nation idéelle, la vision d’une république à vocation universelle constitue également, selon-nous, une utopie abstraite, désincarnée et folle. A l’instar des autres valeurs républicaines, l’universalisme est une idée née en Europe et elle n’est partagée que par une partie des Européens et des Occidentaux. Toutes les autres régions du monde en sont à mille lieues. Aucune ne se voit partie prenante d’un monde de citoyens du monde. C’est pourquoi la "communauté internationale" auxquels les Européens se réfèrent en permanence n’a pas d’existence. Seules existent de grandes zones géopolitiques, souvent dominées par la nation la plus puissante de la région, et en concurrence entre elles. Si l’on souhaite raisonner en fonction du réel il faut donc rejeter l’idée universaliste. Chaque grande région du monde devrait pouvoir se gouverner de façon autonome, notamment sur le plan économique, et selon ses valeurs propres. Quant aux Etats, leur rôle et leur justification sont de s’occuper du sort du peuple dont ils sont l’émanation : ils ne sont aucunement comptables des intérêts d’une soi-disant "communauté internationale", qui n’a pas de réalité.

    L’idée universaliste ne constitue pas seulement une utopie, sans lien avec la réalité des sociétés humaines : elle doit être rejetée également parce qu’elle est, pour nous Européens, dangereuse et mortelle. C’est elle en effet qui est à l’origine des deux décisions les plus catastrophiques prises depuis cinquante ans en Europe. La mondialisation et la disparition des frontières économiques tout d’abord, qui comme nous le notions plus haut a bousculé les sociétés européennes, détruit une grande part des activités industrielles, ruiné les équilibres sociaux et déstabilisé la classe moyenne. Surtout l’universalisme et sa volonté d’abolir les frontières –No Border– est à la base de la politique d’immigration massive, qui est en train de déboucher sur l’invasion de l’Europe et la destruction des sociétés européennes.

    Si nous voulons vivre, il faut maintenant congédier l’universalisme, se débarrasser des concepts illusoires de valeurs universelles et de communauté internationale et rejeter d’urgence leurs fruits empoisonnés, la mondialisation et l’immigration.

    Rejeter le pacifisme

    L’universalisme et le mythe de la communauté internationale ont installé le pacifisme et le rejet absolu de la guerre au cœur des mentalités européennes. Le refus de la guerre, l’idéal de paix universelle, le rêve d’un monde pacifié par le doux commerce et le droit sont, là encore, des illusions caractéristiques de l’idéologie des Lumières. Si les Européens conservent cette façon de voir, ils sont condamnés d’avance. Les populations qui nous envahissent, en effet, ne sont nullement pacifistes, ont l’habitude de la violence et sont avides de conquête et de revanche.

    Disons les choses autrement. La guerre est partie intégrante de la destinée des sociétés humaines. La guerre destinée à se défendre est légitime. Une société qui refuse la guerre même pour se défendre est d’avance soumise et déjà détruite.

    Se délester du sentiment de culpabilité

    Depuis la fin de la guerre, et plus exactement depuis les années soixante, les pays européens sont les victimes d’une entreprise de culpabilisation visant à les déstabiliser, à les inhiber, à les désarmer, à les transformer en pays dominés, passifs et soumis. Cette entreprise est menée par les milieux de gauche, en Europe et aux Etats-Unis, et plus généralement par tous les tenants de l’idéologie moderne. Les Européens sont mis en cause pour les croisades. Ils sont dénoncés pour avoir organisé l’esclavage. Ils sont accusés d’avoir procédé à la Reconquista et détruit l’Espagne arabo-andalouse "modèle de tolérance et de haute culture". Ils sont montrés du doigt pour avoir mené la colonisation. Surtout les Européens sont accusés pour leur collaboration avec le nazisme et le génocide des juifs. La France est l’une des cibles principales de ces entreprises de culpabilisation.

    Cette propagande culpabilisatrice repose sur un grand nombre de contre-vérités. C’est ainsi que les Croisades ont été précédées et provoquées par la conquête arabe de la Méditerranée. Pour ce qui est de l’esclavage, pratiqué partout et de tout temps, ce sont les Européens qui les premiers l’ont aboli, tandis qu’il est toujours bien présent aujourd’hui encore dans la zone arabo-musulmane. La colonisation était sans doute contestable en son principe mais elle n’a pas eu que des aspects négatifs : elle a par exemple empêché les conflits tribaux en Afrique, lesquels ont repris de plus belle après les indépendances. Surtout elle n’explique en rien les difficultés auxquelles les Africains sont aux prises : racisme, guerre, absence de contrôle de la démographie… S’agissant de la France et de la période de la seconde guerre mondiale, le régime de l’Etat français a certes collaboré avec l’Allemagne mais il ne mérite pas pour autant l’opprobre absolu dont il est aujourd’hui accablé. D’abord parce qu’il était à la tête d’un pays vaincu, ce qui limitait par nature sa marge de manœuvre. L’armistice a permis à l’Etat français de rester souverain sur une partie importante du territoire pendant la moitié de la guerre. Enfin, si Vichy a dû livrer aux nazis les juifs de nationalité étrangère, il a en revanche conduit une politique de protection des juifs français.

    Bien que globalement mensongère, la propagande accusatrice a été efficace. La plupart des Français se sentent aujourd’hui tellement coupables qu’ils se refusent à réagir contre le processus d’invasion de leur pays qui est en cours. Ils consentent par avance à leur mise en minorité sur leur propre sol, se soumettent d’emblée à l’islam conquérant, supportent sans broncher la délinquance massive née de l’immigration, acceptant toutes ces évolutions mortifères comme des châtiments.

    Si nous voulons vivre, il faut en finir avec la culpabilité. Tous ces événements que l’on ressasse et dont on nous accable sont de toute façon anciens et ne sont imputables en rien aux générations de Français vivant aujourd’hui. Il faut aujourd’hui proclamer notre droit à l’existence. Notre droit à la préservation de notre identité. Notre droit d’être nous-mêmes, maîtres de notre destin et de notre territoire. Notre droit d’assurer notre propriété sur nos territoires et ce par tout moyen. Nous devons affirmer que l’Europe nous appartient à nous les Européens et que les personnes originaires d’autres continents devront pour la plupart regagner leurs patries.

    **

    Redisons-le pour conclure. La politique d’immigration a une motivation mercantile : la classe dirigeante occidentale veut abattre les frontières pour accroître encore ses profits et ses pouvoirs. Mais elle a également une dimension idéologique : l’immigration est un produit et une conséquence de l’idéologie universaliste républicaine.

    Si nous voulons vivre nous devrons nous débarrasser de nos dirigeants. Pour ce faire il nous faut d’abord révoquer leur idéologie. Pour nous empêcher de réagir, pour nous inhiber et pour nous soumettre, l’oligarchie nous enferme dans son propre cadre conceptuel : il nous faut désormais nous en défaire. Avant de pouvoir libérer notre territoire il faut nous libérer de cette idéologie.

     

    [1] Eric Zemmour face à Marlène Schiappa sur le Grand Remplacement et la discrimination ("Face à l'Info" - 11/02/2020)

     

     

     


    10 commentaires
  •  

     La Cathédrale.

    textes extraits de "la Cathédrale" de J.-K Huysmans

    Cathédrale

    Au fond, se disait Durtal qui rêvait sur la petite place, au fond, personne ne connaît au juste l’origine des formes gothiques d’une cathédrale. Les archéologues et les architectes ont vainement épuisé toutes les suppositions, tous les systèmes ; qu’ils soient d’accord pour assigner une filiation orientale au Roman, cela peut, en effet, se prouver. Que le Roman procède de l’art latin et byzantin, qu’il soit, suivant une définition de Quicherat, "le style qui a cessé d’être romain, quoiqu’il tienne beaucoup du romain, et qui n’est pas encore gothique, bien qu’il ait déjà quelque chose du gothique", j’y consens ; et encore, si l’on examine les chapiteaux, si l’on scrute leurs contours et leurs dessins, s’aperçoit-on qu’ils sont beaucoup plus assyriens et persans que romains et byzantins et gothiques ; mais quant à avérer la paternité même du style ogival, c’est autre chose.

    Puis, il faut bien le dire tout de suite, l’ogive ou plutôt l’arc tiers-point que l’on s’imagine encore être le signe distinctif d’une ère en architecture, ne l’est pas en réalité, comme l’ont très nettement expliqué Quicherat et, après lui, Lecoy de la Marche. 

    Du reste, les preuves de l’ogive employée en même temps que le plein-cintre, d’une façon systématique, dans la construction d’un grand nombre d’églises romanes, abondent : à la cathédrale d’Avignon, de Fréjus, à Notre-Dame d’Arles, à Saint-Front de Périgueux, à Saint-Martin d’Ainay à Lyon, à Saint-Martin-des-Champs à Paris, à Saint-Etienne de Beauvais, à la cathédrale du Mans et en Bourgogne, à Vézelay, à Beaune, à Saint-Philibert de Dijon, à la Charité-sur-Loire, à Saint-Ladre d’Autun, dans la plupart des basiliques issues de l’école monastique de Cluny.

    Mais tout cela ne renseigne point sur le lignage du Gothique qui demeure obscur, peut-être parce qu’il est très clair. Sans se gausser de la théorie qui consiste à ne voir dans cette question qu’une question matérielle, technique, de stabilité et de résistance, qu’une invention de moines ayant découvert un beau jour que la solidité de leurs voûtes serait mieux assurée par la forme en mitre de l’ogive que par la forme en demi-lune du plein-cintre, ne semble-t-il pas que la doctrine romantique, que la doctrine de Châteaubriand dont on s’est beaucoup moqué et qui est de toutes la moins compliquée, la plus naturelle, soit, en effet, la plus évidente et la plus juste.

    Il est à peu près certain pour moi, poursuivit Durtal, que l’homme a trouvé dans les bois l’aspect si discuté des nefs et de l’ogive. La plus étonnante cathédrale que la nature ait, elle-même, bâtie, en y prodiguant l’arc brisé de ses branches, est à Jumièges. Là, près des ruines magnifiques de l’abbaye qui a gardé intactes ses deux tours et dont le vaisseau décoiffé et pavé de fleurs rejoint un chœur de frondaisons cerclé par une abside d’arbres, trois immenses allées, plantées de troncs séculaires, s’étendent en ligne droite ; l’une, celle du milieu, très large, les deux autres, qui la longent, plus étroites ; elles dessinent la très exacte image d’une nef et de ses bas-côtés, soutenus par des piliers noirs et voûtés par des faisceaux de feuilles. L’ogive y est nettement feinte par les ramures qui se rejoignent, de même que les colonnes qui la supportent sont imitées par les grands troncs. Il faut voir cela, l’hiver, avec la voûte arquée et poudrée de neige, les piliers blancs tels que des fûts de bouleaux, pour comprendre l’idée première, la semence d’art qu’a pu faire lever le spectacle de semblables avenues, dans l’âme des architectes qui dégrossirent, peu à peu, le Roman et finirent par substituer complètement l’arc pointu à l’arche ronde du plein-cintre.

    .../...

    Elles sont surhumaines, vraiment divines, quand on y songe, les cathédrales !

    Parties, dans nos régions, de la crypte romane, de la voûte tassée comme l’âme par l’humilité et par la peur, se courbant devant l’immense Majesté dont elles osaient à peine chanter les louanges, elles se sont familiarisées, les basiliques, elles ont faussé d’un élan le demi-cercle du cintre, l’ont allongé en ovale d’amande, ont jailli, soulevant les toits, exhaussant les nefs, babillant en mille sculptures autour du chœur, lançant au ciel, ainsi que des prières, les jets fous de leurs piles ! Elles ont symbolisé l’amicale tendresse des oraisons ; elles sont devenues plus confiantes, plus légères, plus audacieuses envers Dieu.

    Toutes se mettent à sourire dès qu’elles quittent leur ossature chagrine et s’effilent.

    Le Roman, je me figure qu’il est né vieux, poursuivit Durtal, après un silence. Il demeure, en tout cas, à jamais ténébreux et craintif.

    Encore qu’il ait atteint, à Jumièges, par exemple, avec son énorme arc doubleau qui s’ouvre en un porche géant dans le ciel, une admirable ampleur, il reste quand même triste. Le plein-cintre est en effet incliné vers le sol, car il n’a pas cette pointe qui monte en l’air, de l’ogive.

    Ah ! les larmes et les dolents murmures de ces épaisses cloisons, de ces fumeuses voûtes, de ces arches basses pesant sur de lourds piliers, de ces blocs de pierre presque tacites, de ces ornements sobres racontant en peu de mots leurs symboles ! le Roman, il est la Trappe de l’architecture ; on le voit abriter des ordres austères, des couvents sombres, agenouillés dans de la cendre, chantant, la tête baissée, d’une voix plaintive, des psaumes de pénitence. Il y a de la peur du péché, dans ces caves massives et il y a aussi la crainte d’un Dieu dont les rigueurs ne s’apaisèrent qu’à la venue du Fils. De son origine asiatique, le Roman a gardé quelque chose d’antérieur à la Nativité du Christ ; on y prie plus l’implacable Adonaï que le charitable Enfant, que la douce Mère. Le Gothique, au contraire, est moins craintif, plus épris des deux autres Personnes et de la Vierge ; on le voit abritant des ordres moins rigoureux et plus artistes ; chez lui, les dos terrassés se redressent, les yeux baissés se relèvent, les voix sépulcrales se séraphisent.

    Il est, en un mot, le déploiement de l’âme dont l’architecture romane énonce le repliement. C’est là, pour moi du moins, la signification précise de ces styles, s’affirma Durtal.

     .../...

    Et au-dessus de la ville, indifférente, la cathédrale seule veillait, demandait grâce, pour l’indésir de souffrances, pour l’inertie de la foi que révélaient maintenant ses fils, en tendant au ciel ses deux tours ainsi que deux bras, simulant avec la forme de ses clochers les deux mains jointes, les dix doigts appliqués, debout, les uns contre les autres, en ce geste que les imagiers d’antan donnèrent aux saints et aux guerriers morts, sculptés sur des tombeaux. 

    (sources: https://fr.wikisource.org ) 

    Lundi 15 avril 2019 

    L’incendie de Notre-Dame de Paris est un incendie majeur survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris, les 15 et 16 avril 2019, pendant près de 15 heures.

    Mercredi 15 avril 2020 - 16h. 12

    Le sinistre se déclare en début de soirée à l'intérieur de la charpente de la cathédrale et prend rapidement une grande ampleur. Les flammes détruisent intégralement la flèche, les toitures de la nef et du transept et la charpente. En s'effondrant, la flèche provoque l'écroulement de la voûte de la croisée du transept, d'une partie de celle du bras nord et de celle d'une travée de la nef. L'intervention de centaines de pompiers, jusqu'au lever du jour, permet de sauver la structure globale de l'édifice et d'épargner les deux tours, ainsi que la façade occidentale, le trésor et l'essentiel des œuvres d'art de la cathédrale. Il s'agit du plus important sinistre subi par la cathédrale depuis sa construction.

    L'incendie entraîne une très forte émotion, tant en France que dans le reste du monde, ainsi qu'une importante couverture médiatique. Le président de la République, Emmanuel Macron, annonce immédiatement vouloir reconstruire la cathédrale dans un délai de cinq ans.

    (source : https://fr.wikipedia.org/ )

     

     

     

    12 commentaires
  •  

    Insurrections

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un éditorial de Valeurs Actuelles de ce 31 mars fait écho à cette mesure annoncée dans (une partie de) la presse:

    Vers l’insurrection dans les banlieues ?

    Confidences de policiers et éducateurs des territoires perdus du confinement

    Insurrections

    Par Nicolas Clément

    VALEURS ACTUELLES

    Publié le 31/03/2020 à 09:00

    Tirs de mortiers, émeutes, trafics... Depuis le début de la ‘‘guerre sanitaire’’, la délinquance gangrène quelques bataillons des quartiers dits-populaires. Sous les feux croisés de l’ordre et de l’apaisement, certains agents de l’Etat craignent un scénario proche des événements de 2005. Éducateurs spécialisés et policiers décrivent le climat dans les ‘‘quartiers’’.

    "De toute la politique, il n'y a qu'une chose que je comprenne, c'est l'émeute", disait Flaubert. Un siècle et demi plus tard, les mots du célèbre écrivain résonnent encore avec une acuité particulière dans tout l’Hexagone. Depuis maintenant deux ans, les manifestations des Gilets jaunes et les grèves contre la réforme des retraites ont assurément signé le retour définitif de la violence politique. Jusqu'alors, les banlieues étaient les grandes absentes de ce ré-ensauvagement de la rue. Aujourd’hui, alors que la France s’embourbe dans le confinement, la poudrière des “quartiers” pourraient bel et bien exploser...

    C’est en tout cas une éventualité qui semble effrayer les autorités. Le 26 mars dans Marianne, l’ancien préfet et spécialiste des banlieues Michel Aubouin délivrait un témoignage glaçant : "Quand on connaît la situation de ces territoires, il paraît évident que le confinement les met particulièrement en tension et que l’on peut redouter une explosion". En conséquence, la semaine dernière, les patrouilles de police dans les banlieues ont reçu comme consigne d’agir avec "discernement". Certes, le contenu de cet ordre peut de prime abord laisser songeur. Pourtant, le message est clair : craignant des débordements sans précédent, les autorités s’en remettent à l’adage du président Jacques Chirac, "il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu".

    Entre maintien de l’ordre public et politique d’apaisement

    Avec cette stratégie d’apaisement, l’éternel problème des banlieues continue de se poser chez les forces de l’ordre. Un gardien de la paix actuellement en région parisienne témoigne : "Les collègues sont constamment tiraillés entre le boulot et la consigne de ne pas envenimer les choses. C’est de la politique", explique-t-il. "Ces quartiers-là ont tendance à être plus violents, on a l’habitude d’être en confrontation permanente. Avec le confinement, le rejet habituel de l’Etat est décuplé par les problèmes de commerce parallèle. Cependant, les tirs de mortiers ne sont pas seulement dus au coronavirus... Si ça n’avait pas été le confinement, ils l’auraient fait pour autre chose !", s’exclame le jeune agent, visiblement agacé.

    Interrogé sur la possibilité d’émeutes d’envergure dans les banlieues, le policier est loin d’exclure cette possibilité : "J’espère que nous n’en arriverons pas là. Il faudrait un confinement plus strict et plus court. Si la situation s’éternise, je crains non seulement des tensions dans les banlieues, mais surtout un ras-le-bol général...". Il poursuit : "Je ne sais pas ce qui pourrait être efficace. Nous avons affaire à des jeunes de 13 à 25 ans qui pensent vivre dans un clip de rap. Ils se prennent pour des gangsters. Quand on les interpelle, ils ressortent 4 heures après ou ne sont jamais condamnés. C’est un problème structurel et de mentalité, que la police, les médiateurs ou les professeurs seuls ne pourront jamais régler", conclut-il.

    Selon ce gardien de la paix, le sentiment d’impuissance face à la situation des banlieues est aujourd’hui couplé à un agacement face au deux poids deux mesures. Récemment, une jeune policière de 23 ans a été victime d’une agression grave dans une cité de Beauvais. Alors qu’elle s’apprêtait à contrôler une dizaine d’individus, la jeune femme a reçu une brique en pleine tête. La gardienne de la paix a été ramenée quelques instants plus tard à l’hôpital, dans un état critique. "Ça a été relayé 5 minutes dans les médias. Par contre, les affaires de violences policières en banlieue qui datent d’il y a 10 ans, on en entend encore parler".

    Concernés par le manque de matériel de protection sanitaire et la violence aux quotidien, les policiers ont déjà manifesté leur mécontentement à travers leurs syndicats. Dans un communiqué, Unsa police alerte Christophe Castaner : "Le ministère de l’Intérieur doit en sa qualité d’employeur protéger ses agents. Ça tourne en rond, rien n’avance ! C’est scandaleux ! Pas de protection implique [qu’il n’y aura] pas de contrôle, pas de verbalisation, pas d’accueil dans les services". Après les appels au calme de l’État envers ses forces de l’ordre et les menaces d’utilisation du droit de retrait de ces dernières, la situation parait plus hasardeuse que jamais dans les banlieues.

    Des éducateurs spécialisés abandonnés par leur hiérarchie

    Dans ces moments d’impasse politique, les éducateurs spécialisés sont systématiquement en première ligne pour apaiser les tensions qui agitent les "territoires perdus de la République".  A l’inverse du gardien de la paix S., éducatrice de région parisienne, ne s’inquiète pas quant aux craintes d’émeutes en banlieue : "Pour le moment, je n’ai rien vu d’anormal ou de changé". Néanmoins, son quotidien n’en demeure pas moins difficile : "Nous connaissons certes des moments formidables, mais nous sommes surtout habitués à vivre avec l’échec et la frustration. Il y a un véritable sentiment d’impuissance chez nous aussi", explique-t-elle sur un ton maussade. "Vous savez, ça n’est pas toujours facile de se réveiller tous les jours pour aller se faire insulter. Il arrive souvent qu’on aille au travail à reculons."

    Depuis le début du confinement, la tâche déjà laborieuse des éducateurs semble être devenue plus rude encore. Dans son foyer dédié aux mineurs délinquants, l’éducatrice et son équipe sont confrontés chaque jour à des problématiques liées aux nouvelles mesures sanitaires. A l’instar de beaucoup de Français sommés d’outrepasser le confinement, le personnel des foyers n’est en aucun cas équipé en gel, masques ou respirateurs. D’après S., cette situation expose les éducateurs à de très hauts risques de contagion, notamment au contact d’enfants peu respectueux du confinement.

    Parmi les quatre mineurs présents dans l’établissement, seul un a pu être renvoyé chez ses parents. Pour les autres, cette option s’est avérée impossible : "Il y a beaucoup de “gamins” qui n’ont pas ou simplement plus de familles". Dans le foyer, des "gosses" ont été recueillis après avoir été écartés de leur cercle familial, jugé "violent ou insalubre". Dans d’autres cas, la prétendue absence de famille prend ses racines dans des problèmes plus politiques. Comme en témoigne l’exemple de H., Somalien arrivé il y a peu en France, certains sont placés en foyer grâce à de véritables mascarades juridiques. La jeune recrue du foyer explique : "H. est reconnu mineur, même s’il est sûrement plus vieux que moi... Ce genre de cas arrive assez fréquemment. Les juges font en sorte qu’ils soient mineurs sur le plan administratif pour leur donner plus de temps pour s’insérer". En réalité, sa famille est restée en Somalie et ce dernier ne bénéficie pas d’autre logement que le foyer.

    Non contents d’héberger les “jeunes” en pleine pandémie, les éducateurs peinent également à leur faire respecter le confinement. "Lorsqu’on est éduc’, il faut faire avec l’environnement des “gamins”, leur culture...", raconte l'un d'eux. "Cela prend un temps considérable de les faire se réinsérer, de régler leurs problèmes de cannabis, d’alcool, ou de substances plus dangereuses encore. Par exemple, il y a cette drogue, le Rivotril, qu’ils appellent “dame courage”, car elles les poussent à braver leur peur lors des vols ou autres exactions. En plus de tout cela, il faut aussi faire face à leur “appel de la rue”".

    Pour beaucoup, cet appel de la rue se traduit souvent en appel du business. Fréquemment en contact avec des dealers dans son foyer, S. témoigne : "La mère du “gamin” qu’on a renvoyé chez ses parents nous a contacté toute la semaine dernière. Malgré les interdictions, son fils n’a pas arrêté de fuguer. Selon nos informations, il sortirait pour aller “vendre” autour de chez lui." déplore-t-elle, défaite. "On en a un autre qui a fugué pour aller dealer aux alentours du foyer. Celui-là a été placé en famille d’accueil depuis un moment... trop violent. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un grave problème : sa famille ne veut plus le reprendre. Ils ont peur qu’il soit contaminé. On ne sait vraiment pas ce qu’on va faire...".

    Si S. n’est pas particulièrement inquiète quant à la possibilité d’une insurrection, elle affiche volontiers son désespoir. "L’État n’a plus aucune autorité dans les quartiers. C’est comme ça depuis le début" soupire-t-elle, dépitée. A entendre son témoignage, un maillon supplémentaire semble être sur le point de se briser dans la fonction publique. Actuellement en arrêt de travail, cette dernière est "à bout". Selon ses dires, "..la hiérarchie est absente et les chefs de service ne sont pas formés. Tout le monde veut partir. C’est la première fois que je me demande si je veux changer de travail". Au final, deux perspectives demeurent : la rupture ou le pourrissement. Les prochains jours diront si l’État usera de force ou de dialogue.

     

    Mise à jour

     

    "Le Parisien" accusé de racisme après avoir évoqué l’insécurité dans le 18e arrondissement...

    Insurrections (+MàJ)

    Quand Le parisien joue les reporters de crise dans la Goutte d’Or

    Cher journal

    Nous, organisations associatives, politiques et syndicales, habitant•e•s, militant•e•s, travailleurs et travailleuses du 18e arrondissement, n’en pouvons plus de ce traitement nauséabond de l’actualité locale.

    Notre quartier populaire, digne et solidaire –ne vous en déplaise– mérite mieux que vos articles racistes et méprisants.

    Si vous n’êtes pas capable de parler de nos quartiers avec le sérieux qu’ils méritent, alors ne les couvrez plus ! D’autres s’en chargeront.

    https://leparia.fr/tribune-quand-le-parisien-joue-les-reporters-de-crise

    ...suit une pétition où vous pouvez apposer votre nom sous ceux de Olivier Besancenot (postier dans le 18me), Amélie Blom (chargée de cours, Sciences Po), Dawud Bumaye (militante afroféministe), Gerty Dambury (autrice et membre fondatrice de Décoloniser les arts), Vikash Dhorasoo (footballeur), Karim Kouhi (comité de soutien aux migrants de la Chapelle), Giovanna Rincon (activiste trans féministe ) et quelques dizaines d'autres défenseurs des opprimés.

     

     


    8 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique