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     Conservatisme, etc...

     

    Conservateur et réactionnaire, pour ma part, je me sens les deux à la fois.

    Ivan Rioufol

     

     

    « Car qu’est-ce finalement que le conservatisme, sinon la préservation des structures qui protègent, non par esprit de naphtaline, mais pour en posséder la jouissance quand la bise est venue ?

    « Car qu’est-ce que le conservatisme accompli, sinon la famille équilibrée, sinon la nation organisée, sinon l’État fort pour être juste, sinon la frontière, sinon la palissade avec un portail qui s’ouvre mais aussi se ferme, enclosant le jardin familial, provincial, national, culturel, civilisationnel ?

    « Qu’est-ce que le conservatisme sinon la mesure de notre liberté ?

    « Mais que réclame ce conservatisme politique pour exister, sinon l’existence de cet autre jardin enclos de nos âmes, cette spiritualité non pas anarchique mais organisée, sinon comme ces hommes de bonne volonté de Jules Romains partis à la "recherche d’une Église" ?

    « Ceci n’est pas le conservatisme, mais sa possibilité d’existence. Sans quête d’une plus haute voie, pas de civilisation, pas d’Occident, pas de France, pas de nous. Seulement la forêt obscure où la voie droite a été perdue. »

    Jacques de Guillebon

     

     

    « Quand on parle de l’amour du passé, il faut faire attention : c’est de l’amour de la vie qu’il s’agit. La vie est beaucoup plus du passé que du présent. Le présent est un moment toujours court, même lorsque sa plénitude le fait paraître éternel. Qui aime la vie aime le passé en ce qu’il est une suite de présents qui ont survécu dans la mémoire humaine. »

    Marguerite Yourcenar

     

     

    (lu sur la revue "Le nouveau Conservateur" de Jean-Frédéric Poisson et Paul-Marie Coûteaux)

    Qu'est-ce...? (etc.)

     

     

     

     

     

     


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  • En janvier 2020, Emmanuel Macron, Président de la République avait tempêté, à propos du climat politique en France :

    "Aujourd'hui s'est installée dans notre société, et de manière séditieuse, par des discours politiques extraordinairement coupables, l'idée que nous ne serions plus dans une démocratie, qu'une forme de dictature se serait installée.../... Une dictature, c'est un régime où une personne ou un clan décident des lois../... Si la France c'est cela, essayez la dictature et vous verrez !."

    Un article dans le pourtant très politiquement correct "l'Opinion" nous donne l'occasion d'essayer et d'y aller voir de plus près :

     

    Emmanuel Macron aux manettes, les ministres à la remorque.

    (l'Opinion - Nathalie Segaunes - 11 décembre 2020 à 06h00)

    le Petit Dictateur illustré.

    Par deux fois ces dernières semaines, Emmanuel Macron a annoncé des décisions sans en avoir informé les ministres concernés. Une méthode singulière, qui peut prendre ces derniers de court.

     

    L’anecdote est connue, elle a même donné le titre d’un livre. Un jour de 1989, le Premier ministre Michel Rocard, lors d’un tête à tête avec François Mitterrand, se propose de réformer le monde du renseignement. "Si ça vous amuse…", répond le Président, faussement indifférent, mais donnant tout de même un blanc-seing à son chef du gouvernement pour intervenir dans son domaine réservé.

    Imagine-t-on Emmanuel Macron formuler ce genre de réponse ? L’actuel locataire de l’Elysée vient de nouveau, ces derniers jours, de faire la démonstration que lui seul décide, en tout domaine.

     

    Ainsi est-ce lui qui décide et annonce mardi, sans y associer son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, la tenue d’un "Beauvau de la sécurité" dès janvier sur la réforme de la police, réunissant représentants des forces de l’ordre, élus et citoyens. "C’est un peu une façon de dire à Darmanin, après le fiasco de l’article 24 : je décide, tu exécutes", estime un conseiller de l’exécutif. Et tant pis si un Livre Blanc sur la sécurité, fruit d’un an de travail et de concertations place Beauvau, a été publié mi-novembre, avec 200 propositions censées répondre aux mêmes objectifs…

    Découvrant l’annonce présidentielle, les parlementaires LREM informent Matignon qu’ils souhaitent interroger le ministre de l’Intérieur sur "le Beauvau de la sécurité" à la séance des questions au gouvernement. On les prie de s’abstenir : le Président n’ayant pas -encore- associé l’exécutif à cette initiative, il sera difficile de leur répondre…

    Isolement. Autre exemple récent, lorsqu’Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée du 24 novembre, appelle le Parlement à  fixer les "conditions pour assurer l’isolement" des cas positifs de Covid-19, car "nous devons être plus contraignants à l’égard de celles et ceux qui ont le virus" : ni le Premier ministre Jean Castex, ni le ministre de la Santé Olivier Véran, n’ont été prévenus de cet "appel".

    Si le sujet de l’isolement des cas positifs était en discussion depuis plusieurs semaines au sein de l’exécutif, toute mesure coercitive semblait a priori exclue. "Le débat pourrait avoir lieu, il toucherait au cœur des libertés fondamentales", avait mis en garde Olivier Véran, lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire le 4 novembre. Ajoutant que "cela n’a jamais été fait dans notre pays, même dans le cas de la tuberculose."

    Jean Castex, interrogé le 17 novembre par la même commission de l’Assemblée nationale, s’était montré, face aux députés, très dubitatif à l’égard de ce système "...où vous êtes géolocalisés avec votre portable". Comment cela fonctionnerait-il "...avec les mentalités de nos concitoyens ?", s’était-il interrogé, redoutant par ailleurs que "la perspective d’un isolement obligatoire désincite certains à se faire tester."

    Depuis le 24 novembre, le gouvernement ne semblait d’ailleurs guère pressé de répondre à l’appel du Président. A l’Assemblée nationale, le groupe Agir (aile droite de la majorité) plaide pour que l’isolement obligatoire, avec sanctions à la clé, soit intégré dans le projet de loi transcrivant dans le droit commun certaines mesures de l’Etat d’urgence sanitaire, qui sera débattu mi-janvier. Jeudi soir, Jean Castex annonçait finalement que l’idée d’isoler les cas positifs était abandonnée...

    Capteurs. Avec quel infectiologue, quel épidémiologiste, quel immunologue Emmanuel Macron a-t-il échangé durant cette deuxième vague, qui l’a convaincu, malgré les réticences de son gouvernement, d’envisager l’isolement obligatoire des personnes positives ? Car ses décisions sont souvent le fruit de ces remontées directes du terrain, de ces "capteurs" qui alertent le Président sur telle ou telle difficulté et nourrissent sa réflexion. "Au moment de la campagne, son répertoire téléphonique comprenait six mille contacts. Depuis, il s’est enrichi", révèle notre consœur Corinne Lhaïk dans Président cambrioleur (Fayard), qui vient de paraître.

    Parfois, certains de ces "capteurs" font leur entrée au gouvernement. Paradoxalement, le chef de l’Etat ne les consulte plus autant. "J’ai beaucoup moins de SMS d’Emmanuel Macron depuis que je suis ministre...", s’en amusait récemment l’un d’entre eux, nommé en juillet.

    "La plupart du temps, Macron ne tranche pas pendant les réunions, observe l’un de ses proches. Mais il décide après, une fois seul, dans sa tête, et il communique". Une façon de faire qui rapproche l’actuel Président de Nicolas Sarkozy : ce dernier n’informait pas toujours son Premier ministre ou ses ministres de ses résolutions. Mais au moins informait-il Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, "qui appelait le ministre concerné, pour le prévenir", se souvient un ancien conseiller de l’Elysée.

    Alexis Kohler, actuel secrétaire général de la présidence, ne prévient pas les ministres : "A sa décharge, il découvre souvent les arbitrages en même temps que tout le monde", assure un ancien conseiller.

    Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron n’aura cessé de déstabiliser ainsi ses ministres, par des décisions de dernière minute qui les prennent de court.

    Ainsi, le 9 juillet 2018, le Président annonce-t-il au Congrès de Versailles que "la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel", portée par Muriel Pénicaud, "va être modifiée", alors qu’elle est en plein examen au Parlement : syndicats et patronat sont priés de renégocier les règles de l’assurance chômage, alors que le projet de loi prévoit un dispositif.

    Ce mode de fonctionnement présidentiel est surtout propre aux périodes de crise. "Toutes les annonces Gilets jaunes, on les a découvertes en écoutant la conférence de presse d’Emmanuel Macron, le 10 décembre 2018", assure ainsi le conseiller d’un ministre.

    De la même façon, le chef de l’Etat annoncera son projet de Convention citoyenne pour le climat pour répondre aux Gilets jaunes, après avoir rencontré le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion et l’actrice Marion Cotillard. Mais sans avertir au préalable son Premier ministre de l’époque, Edouard Philippe…

     

     

     

     

     

     

     

     


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    dans" Figaro-Vox" - par Eric Zemmour - le 6 novembre 2020

    Éric Zemmour:

    "James Bond ou l’été indien de l’homme occidental"

    Sean Connery, disparu la semaine dernière, incarnait le héros d’une époque où la virilité n’était pas diabolisée.

    007 (par Eric Z.)

    Il était James Bond. Pas le meilleur, le seul. Non pas qu’il fût plus beau, plus viril, plus alerte, plus sportif que ses successeurs. Son talent d’acteur n’était pas particulièrement supérieur aux autres. Mais Sean Connery, disparu la semaine dernière à l’âge de 90 ans, a eu la chance d’incarner le héros dans une époque aujourd’hui disparue. Une époque où la virilité n’était pas dénigrée, ostracisée, diabolisée, pénalisée. Une époque où un séducteur, "un homme qui aimait les femmes", n’était pas considéré comme un violeur en puissance. Une époque où la beauté des femmes n’était pas la preuve de leur aliénation au patriarcat. Une époque où l’homme occidental ne devait pas se justifier d’un "privilège blanc" dans les pays que ses ancêtres avaient façonnés. Une époque où les nations européennes étaient différentes entre elles mais homogènes à l’intérieur, alors qu’elles sont devenues toujours plus uniformisées par la mondialisation et toujours plus désagrégées au sein de chacune d’entre elles par l’invasion migratoire.

    Sean Connery incarne avec une superbe de chevalier d’antan ces Anglo-Saxons qui ont gagné les deux grandes guerres du XXsiècle. Ils n’ont pas subi les affres de la défaite ni les miasmes de l’Occupation qu’ont connus les Français et les Allemands. Ils en ont tiré un complexe de supériorité – celui-là même que Stendhal a bien décrit chez les Français au temps des victoires napoléoniennes – qui crève les écrans de ce temps-là.

    James Bond est l’incarnation du culte de la science et de la technique à son firmament avant que les écologistes ne nous culpabilisent. Une synthèse des mythes occidentaux du XIXe siècle. Un mélange d’Alexandre Dumas et de Jules Verne. Il nous fait croire à la fameuse prophétie de Victor Hugo: "Le XIXe siècle est grand ; le XXe sera heureux."

    Le charme de ces films-là n’est pas cinématographique mais anthropologique. L’homme occidental vit une période dorée et il ne sait pas que c’est son été indien. C’est le temps d’une certaine innocence. Celle des années 1950 et 1960. À la fois la liberté comme on n’en a jamais connu, le progrès économique et social, et la paix. Il ne sait pas que son monde va s’effondrer sous les coups de ces jeunes chevelus des campus américains qu’il contemple avec une pointe de mépris. Il fait la guerre bien sûr, mais les méchants qu’il combat sont de pacotille. La bombe atomique – tant dénoncée à l’époque par les compagnons de route du communisme – nous protège d’une guerre entre ce qu’on appelle alors les "deux blocs".

    Sean Connery n’a pas cette pointe d’autodérision qui fait le charme de certains de ses successeurs, comme Roger Moore ; et qu’on retrouve surtout chez nos séducteurs français (Delon, Belmondo, Gabin, Ventura, Montand) ou italiens (Gassman, Mastroianni). À l’époque, on faisait le distinguo ; on hiérarchisait, on raillait. Avec le recul, on se contente de regretter. La nostalgie est un bloc.

     

    complément d'info :

    "James Bond" : le prochain agent 007 sera une femme noire et bisexuelle :

    Lashana Lynch

    007 (par Eric Z.)

    lire : Pourquoi l’annonce du futur agent 007 fait-elle bondir les cons ?

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Ce texte visionnaire a été écrit il y a une soixante d'années.

    Il n'a pas évidemment pas vieilli, et son actualité est même de plus en plus visible quotidiennement.

    Son auteur, Jean-Nicolas Marcetteau de Brem, avec son prénom à rallonge et son nom à particule fleurant mauvais la vieille France catholique, est considéré par les critiques littéraires de "le Monde", comme l'un des fondateurs de l'ultradroite violente, aux côtés de Jean-Jacques Susini, Pierre Sergent, Dominique Venner ou Pierre Sidos. 

     

    "Chacun de nous est le dernier des Européens."

    "Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame.

    "Chacun de nous est le dernier des Européens.

    "Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires

    "Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurais pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique.

    "Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire.

    "Qu’importe.

    "Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume.

    "Taxez-moi de romantisme, qu’importe !

    "Pour moi, le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne.

    "C’est le Romancero du Cid, ou le visage hugolien de “l’enfant grec”.

    "C’est un tombeau des Invalides, ou le Grand Aigle de Schönbrunn, l’Alcazar de Tolède, ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres, ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la Porte de Brandebourg devenue le poste frontière de l’Europe mutilée.

    "Pour toutes ces pierres, pour tous ces aigles et pour toutes ces croix, pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères, pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un grand passé, la lutte ne sera jamais vaine.

    "Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles, tu symbolises notre esprit de résistance. Et toi, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, Alexandre, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et le sens de l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale”.

    Il est extrait d'un monumental ouvrage éponyme en deux volumes, publié en 1964, reprenant l'histoire du continent européen, de l'Antiquité au milieu du XXme siècle : "J’ai voulu dans ce livre, d’une part exalter les martyrs et les grands capitaines qui ont installé sur le monde la domination de l’Europe, d’autre part dénoncer les apprentis sorciers qui ont provoqué le recul de l’Occident et préparent maintenant son écrasement total. J’ai voulu, de plus, en expliquant ce qu’est l’Europe d’aujourd’hui et ce qu’elle pourrait devenir, rendre à mon lecteur des raisons de se battre, c’est à dire une chance de gagner. Il s’agit désormais de maintenir coûte que coûte l’héritage grandiose d’un monde dont les feux ont brillé sur tous les continents, tous les océans..." (*)

    Jean Nicolas Marcetteau de Brem, dit Jean de Brem

     

    Testament d'un européen.
    Vézelay. La "colline éternelle". Un des points de départ traditionnels sur les Chemins de St Jacques de Compostelle qui était considéré -jusqu'à il y a peu de temps encore- comme le premier "itinéraire européen" et le principal pèlerinage chrétien.

     

    (*) ce qui est fort politiquement incorrect

     

     

    en complément : "Les nations et l'Europe" (Comment faire le lien entre nos patries charnelles et l'Europe ?)

     

     

     


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    vu, ce 19 octobre, sur le blog Mediapart

    (pour rappel, ce dessin prémonitoire de Marsault : Philistin Soja, journaliste)

     

    Exécution sommaire du suspect : nouvelle norme en matière de terrorisme?

    par "HORSLESMURS", le 19 oct. 2020

    L'exécution du jeune Tchéchène était facilement évitable. Malgré la dérive évidente que cette exécution sommaire symbolise, personne ou presque ne semble se préoccuper du mode opératoire des forces de l'ordre.

    La décapitation du professeur de Conflans Sainte-Honorine risque de peser lourd dans les débats sur l’Islam, qui semblent tout en haut de l’agenda présidentiel depuis la nomination de Gérald Darmanin au Ministère de l’Intérieur. 

    La portée symbolique de cette décapitation est immense et l’émotion s’empare du pays. Malheureusement, deux jours après le drame, force est de constater que le traitement médiatique de cette affaire reste partial. Une fois de plus, il semble que l’étiquette "attentat terroriste" dispense les journalistes de tout effort réflexif. Les titres sensationnalistes s’accumulent et créent une chambre aux échos très favorable aux rhétoriques d’extrême-droite. 

    Or, à l’heure actuelle, que savons-nous sur le contexte dans lequel les forces de l'ordre ont agis ?

    Nous savons qu’un professeur d’histoire-géographie a été décapité peu avant 17h à Conflans Sainte-Honorine, rue du Moineau-Buisson. Une photo macabre de la tête est publiée sur un compte Twitter répondant au pseudo "Tchetchene_270" (mais qui n'a alors pas encore été formellement lié à l'individu abattu). Juste après 17h, la police reçoit l’appel d’une personne signalant un homme décapité sur la voie publique. Quelques minutes plus tard, entre 200 et 400 mètres plus loin, un jeune homme de 18 ans est abattu, avenue Roger Salengro dans la commune limitrophe d’Éragny (très exactement ici).

    Au-delà de ces éléments, le flou demeure sur le déroulé exact de l’interpellation du jeune tchétchène. Pour l’immense majorité de la population, les détails de cette interpellation importent peu. Et pourtant…

    Une vidéo -très rapidement publiée sur les réseaux sociaux' permet de s’interroger sur ce qui semble être devenu une nouvelle normalité en France. Dès qu’il s’agit de terrorisme, c’est à dire d’un crime commis par une personne musulmane envers une personne non-musulmane, la police semble avoir le droit, voire le devoir de tuer. En effet, hormis Salah Abdeslam pris par la police belge, aucun terroriste ne survit à ses actes sur le sol français. 

    Dans le cas présent, il est absolument clair que les policiers ont compris que le terroriste n’était armé que d’un pistolet à billes bien avant de l’exécuter. L’information est répétée deux fois, de façon très audible. De plus, à ce moment précis, le terroriste est seulement en possession d’un canif, le gros couteau ayant servi à la décapitation étant resté près de la scène du crime. Enfin, la police l’a déjà cerné et le risque qu’il s’enfuie est donc quasi-nul. 

    Aucun de ces éléments de contexte ne semble empêcher l’exécution du jeune tchétchène. 

    On se doute que ce ne sont pas les policiers ayant identifié l’arme comme étant un pistolet à billes qui ont commis cette basse-œuvre. Au contraire, il y a des raisons de penser que la mise-à-mort vient de cet homme vêtu de noir, qui arrive en haut à droite de la vidéo, à 0m39s, charge son pistolet, se voit désigner le terroriste par un autre policier (qui, au passage, arrive tranquillement depuis la zone où le terroriste se trouve) et rejoint en marchant la zone d’action avant que les 9 détonations ne se fassent entendre quelques secondes plus tard. 

    Malheureusement, lorsqu’il s’agit de terrorisme, cette justice policière expéditive ne semble poser de problèmes à aucun média, ni à aucun homme politique de premier plan. Soucieux de leurs côtes de popularité, médias comme politiques évitent toute prise de position qui pourraient être perçues comme un déni de solidarité vis-à-vis des victimes. Comme si exiger que la justice s’applique à tous les présumés coupables de façon semblable avait quoi que ce soit à voir avec l’empathie que l’on peut ressentir pour les victimes et leurs proches, ou la tristesse de voir le pays s’enfoncer plus avant dans ses clivages religieux et ethniques.

    Il faut avoir le courage de se regarder en face pour comprendre le chemin que prend la France et la perception que certaines minorités peuvent avoir de la situation. 

    Certes, le procès d’un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux, créer transitoirement des troubles à l’ordre publique et attiser certaines tensions. Mais on ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à la barbarie policière sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française. 

    Ce jeune de 18 ans n’est, au moment précis de sa mort, qu’un suspect armé d’un jouet et d’un canif. Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve -depuis plus 30 ans- en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde. 

     

    Par ailleurs, la veille, Assa Traoré et deux individus, les yeux pétillants de malice, ridiculisaient impunément en une odieuse récupération et par un pauvre jeu-de-mots ignoble les hommages rendus à l'enseignant assassiné par des proches de ses compagnons de luttes -islamistes fondamentalistes et salafistes- en faveur de ses racailles de frères et contre la France (et la république, forcément)

    ..un jeune, armé d'un jouet et d'un canif
    "Aujourd'hui nous étions Place de la République à l'appel des syndicats enseignants. Pour rendre hommage au professeur Samuel Paty" (https://twitter.com/laveritepradama/)

     

     

     

     


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    Un article paru ce jour sur le site "Contrepoints"

    Quoi que je puisse en penser, je crois qu'il n'est pas inutile de le partager...

    Olivier Véran et le président

    Olivier Véran dans le viseur du Président ?

    Il est maintenant clair qu’Olivier Véran n’a devant lui que quelques petites semaines pour régler une longue liste de problèmes.

    Par Olivier Maurice.

    En définitive, ce n’est pas seulement le Conseil scientifique qui s’est fait sérieusement souffler dans les bronches lors du Conseil de défense de vendredi de la semaine dernière, mais également Olivier Véran qui en a clairement pris pour son grade.

    Le ministre de la Santé avait jusqu’à présent réussi à passer entre les gouttes. Il avait astucieusement réussi à sortir quasiment indemne de la pantalonnade des masques métamorphes, ceux-là même qui étaient miraculeusement passés de "interdits sous peine de prison" en "obligatoires sous peine d’amende". La brave Sibeth Ndiaye s’était à l’époque portée courageusement volontaire désignée d’office pour servir de fusible et exploser en plein vol dans un grand sourire un peu crispé.

    Mais il semble bien que le coup ne soit pas passé cette fois-ci.

    Le fiasco des tests est semble-t-il arrivé aux oreilles d’Emmanuel Macron qui s’est fâché tout rouge devant la blague à 54 millions d’euros par semaine. Il faut dire qu’entre la version officielle qui promet des résultats disponibles dans les 24 heures suivant le prélèvement, et la réalité qui peut dépasser allégrement la semaine, voire deux, voire même trois en additionnant le temps pour obtenir un rendez-vous, il y aurait comme qui dirait… une légère différence.

    Une semaine, c’est à peu près le temps que dure la maladie dans 95 % des cas, c’est-à-dire que les tests reviennent en général quand ils ne servent plus à rien.

    LA FRANCE DANS LE VISEUR DE BRUXELLES

    Vendredi dernier, juste après le conseil de défense, Emmanuel Macron avait rendez-vous pour déjeuner avec Charles Michel, le président du Conseil européen.

    Rappelons qu’à l’issue du sommet fleuve du mois de juillet, il a été décidé que c’était au Conseil européen que reviendrait la charge de s’assurer de la bonne utilisation des 100 milliards d’argent magique du plan de relance attribué à la France. Bonne utilisation signifiant en l’occurrence résultats économiques.

    L’accord a fini par être conclu dans la douleur, mais uniquement à la condition de cette vérification régulière. Après un court moment d’incompréhension devant une requête aussi incongrue, Emmanuel Macron avait fini par plier devant les pays un peu plus respectueux de l’argent de leurs contribuables et ne vouant pas une confiance aveugle aux promesses des politiciens des pays du sud de l’Europe.

    C’est bien beau de demander de l’argent en promettant monts et merveilles. Mais dans ce cas-là, il faut accepter de se retrouver avec un bailleur sur le dos qui vient vérifier de temps en temps comment vont les choses.

    Entre un État qui dépense à tort et à travers l’argent des citoyens et un État qui doit rendre des comptes pour chaque centime dépensé et qui a tout intérêt à se tenir à carreau, il n’est finalement pas vraiment certain que la perte de souveraineté soit finalement une si mauvaise chose que ça…

    Dans ce contexte, on comprend vite que le scénario apocalyptique hurlé à la cantonade par le Conseil scientifique et l’hypothèse évoquée de-ci de-là d’un nouveau confinement généralisé n’aient pas été très bien reçus par l’Europe.

    La reprise économique dépend en grande partie de la capacité à gérer le développement de l’épidémie, et une semaine pour se faire tester, plus une semaine pour avoir les résultats, ça ne fait pas très sérieux.

    LE MINISTRE DE LA SANTÉ DANS LE VISEUR DE L’ÉLYSÉE

    Mais il semble aussi se dessiner derrière toute cette histoire un contexte politique ayant comme ligne de mire les prochaines élections présidentielles de 2022. Les grandes manœuvres commencent plus vite que prévu cette saison. À moins qu’au réveil de ses vacances, le futur candidat Macron ne se soit rendu compte que l’année Covid avait sérieusement perturbé son agenda.

    Ce n’est un secret pour personne, le conglomérat La République en Marche a explosé en vol depuis belle lurette et ne tient plus que par des rustines et des bouts de ficelles. Entre le flou total à droite et la débandade à gauche, les velléitaires ne se cachent même plus dans le brouillard de l’ex-majorité présidentielle pour essayer d’occuper le terrain.

    Emmanuel Macron n’a donc pas dû résister trop longtemps pour foncer sur l’occasion d’écorner au passage la popularité d’Olivier Véran et avec lui la frange gauche de la nébuleuse LaREM qui, attirée par les récents succès des écologistes, prend de plus en plus ses aises, allant même jusqu’à voter contre le discours de politique générale du nouveau Premier ministre.

    LE SYSTÈME DE SANTÉ DANS LE VISEUR D’OLIVIER VÉRAN

    C’est donc un peu penaud, et sans doute aussi un peu inquiet, que le ministre de la Santé s’est présenté devant la presse jeudi après-midi pour tenter d’expliquer que tout allait bien, mais que tout allait mal, qu’il y allait avoir une deuxième vague, qui n’est pas vraiment une vague, que l’hôpital était prêt, mais qu’il risquait ne pas pouvoir gérer…

    À la décharge d’Olivier Véran, il va sans doute falloir un petit moment pour rattraper le temps perdu par les pleurnicheries et les mesures de prophylaxie moyenâgeuses du comité scientifique.

    Enfin, la bonne nouvelle, c’est que la France semble enfin s’orienter vers la mise en place d’une stratégie ciblée de traitement des foyers de contamination et que les autorités commencent enfin à se résoudre à tourner le dos aux mesures indifférenciées, hautement liberticides et totalement inefficaces qui ont été imposées aux Français, ainsi qu’en témoignent l’assouplissement des mesures sanitaires dans les écoles, la départementalisation des mesures et la réduction de la période d’isolement.

    Mais pour y parvenir, le ministre de la Santé devra se battre sur plusieurs fronts et il aura surtout à affronter un obstacle de taille : la lourdeur et la lenteur de son administration.

    Il ne va pas être simple pour le docteur Véran de devenir le ministre Véran et de se détacher de la corporation des mandarins qui avait dès le début de son mandat estimé qu’elle était bien plus compétente que le ministre pour diriger le pays.

    OLIVIER VÉRAN A QUELQUES SEMAINES POUR TOUT RÉGLER

    La route semble encore bien longue et faire le tri dans la farandole d’interdictions et d’obligations coûteuses et inutiles semées ici et là au gré de l’humeur et de l’imagination depuis 6 mois, le tout sans trop se renier ou perdre la face, ne sera pas une partie de plaisir.

    Les mesures présentées jeudi par Olivier Véran correspondent à ce qu’il aurait fallu mettre en place dès avril pour le déconfinement. Sans vouloir enfoncer le clou, c’est ce que les pays asiatiques font depuis le début et ce que de nombreux pays, dont l’Allemagne, ont mis en place au plus vite ; et ce dont on parle de façon récurrente dans ces colonnes depuis le début de l’épidémie.

    Mais il reste encore de bien nombreuses questions à l’ordre du jour et de bien nombreux problèmes à régler :

    • Comment intégrer dans le dispositif sanitaire la médecine de ville et les hôpitaux privés qui ont dès le début de la crise été dédaignés par les pontes hospitaliers ?

    • Comment mettre en place un réel parcours de soins personnalisé afin d’identifier rapidement les personnes infectées, soigner les malades et prendre en charge le plus vite possible les cas graves et les plus à risque ?

    • Comment passer du recensement administratif des clusters à un réel suivi médical ?

    • Et surtout comment faire retomber l’incroyable atmosphère anxiogène totalement contreproductive et largement injustifiée ?

    Il est maintenant clair qu’Olivier Véran n’a devant lui que quelques petites semaines pour régler une longue liste de problèmes.

    Le tout dans une joyeuse ambiance de franche camaraderie : il ne sera pas très difficile de trouver un remplaçant au devenu gênant ministre de la Santé en cas d’échec de celui-ci, y compris dans les rangs de l’actuel gouvernement.

    Le président de la République, en bon joueur d’échec, a pris soin d’inviter un ex-ministre de la Santé (également ex-ministre de l’Écologie), pharmacienne de surcroît, et nouveau ministre de la Culture, à chaque conseil de défense hebdomadaire.

     (Les liens renvoient vers les sources citées par l'article)

     

     

    Voir aussi : Olivier Véran mis devant un casse-tête insoluble

     

     

     

     

     

     

     


    8 commentaires
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    "L'obsolescence de l'homme"...

    ...c'est un texte qui, depuis quelques jours, circule assez abondamment sur certains blogs et réseaux sociaux...

    Il s'agit d'un extrait (certainement jugé le plus représentatif) d'un livre de Günther Anders, paru en 1956, "L'obsolescence de l'homme" (1) et publié en français pour la première fois il y a seulement quelques années par l'éditeur "Encyclopédie des nuisances".

    J'avoue que je ne connaissais pas cet auteur, et encore moins son œuvre, ni cet éditeur...

    J'ai appris par wikipedia que Günther Anders (2) a été l'époux de Hannah Arendt (3).

    ...

    Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

    L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

    Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

    En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur –qu’il faudra entretenir– sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

    L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels.

    Il va de soi que "toute ressemblance avec une actualité ou des situations existantes, ayant existé ou appelées à exister ne pourrait être que l'effet d'une clairvoyance certaine de l'auteur, une certaine constance dans l'esprit de nos dirigeants et une forme de déni dans celui de la plupart de nos concitoyens". Certains vont, bien sûr, hurler à la paranoïa complotiste... ce qui par ailleurs ne les empêche pas de trouver "Le meilleur des mondes" ou "1984" de bons romans de détente.

     

     

     


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