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    ...pas envie de parler des verts, des gris, des marron, des noirs ou des arcs-en-ciel...

    Musique !

    Le dernier chêne

     

    Ils ont coupé le dernier chêne,

    Abattu le dernier pommier,

    Ils ont brûlé le blé en graines,

    Arraché vignes et oliviers.

     

    Le rossignol chante sa peine,

    Son cœur ne cesse de saigner.

    La boue fait un linceul obscène

    A la belette et au sanglier.

     

    Ils ont renversé les dolmens

    Et les calvaires des sentiers,

    Rempli les calices de haine,

    Et les autels sont sacrifiés.

     

    C'est une onde grise et malsaine

    Qui suinte du vieux bénitier...

    Nous n'irons plus à la fontaine,

    Nous n'irons plus nous y baigner.

     

    Un vent noir souffle à perdre haleine

    Dans les mâts brisés des voiliers,

    Vaisseaux-fantômes des lunes pleines

    Et leurs cortèges de noyés.

     

    Une fille en châle de laine,

    Sur la "Falaise des Endeuillées",

    Attends et attends que revienne

    Celui pour qui elle vient prier.

     

    Un calme glacé se déchaîne

    Sur l'ancien chemin des douaniers,

    Des ombres pâles s'y promènent

    Poussant des pleurs, traînant les pieds.

     

     

     

    Dedans la chambre de la Reine

    On a éteint les chandeliers,

    Fermé les rideaux et persiennes,

    Et fané le bouquet d'œillets.

     

    Sur les tarots des Bohémiennes,

    Vaines images d'écoliers,

    La Mort joue son ultime scène

    Et le Pendu est crucifié.

     

    Le Magicien se croquemitaine,

    L' Empereur finit de régner

    Et le Fou a jeté ses chaînes

    Sur les cases d'un échiquier.

     

    L' Apocalypse nous entraîne,

    J'entends ses quatre Cavaliers

    Et les trompettes incertaines

    Du prochain Jugement Dernier.

     

    L'encre noire et bleue de mes veines

    S'égoutte à goutte sur mon papier,

    Je vais brûler tous mes poèmes

    Et mes dessins dans mes cahiers.

     

    Ils ont coupé le dernier chêne,

    Arraché vignes et oliviers…

    Ils ont renversé les dolmens

    Et les autels sont sacrifiés…

    Mais…

    Je sais une contrée lointaine

    Sur une carte repliée...

    Je crois qu'on l'appelait l' Éden

    En des temps longtemps oubliés.

    Parfois mes rêves m'y emmènent,

    Sur les ailes de mes vieux souliers…

       

    test

     

    au cas où vous auriez raté "interlude 1"...c'est par ici ! 

     

     


    14 commentaires
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    un texte écrit par son auteur...

    ...et mis en musique et interprété par D., un ami de l'auteur,

    et mis en images par l'auteur soi-même.

     

     

    Le Merle blanc

     

    Il n’y a plus de merle blanc,

    Les vautours en ont fait carnage

    Et jusqu'au plus haut des nuages,

    Flottent quelques plumes de sang.

     

    Ne viendra plus Prince-Charmant,

    Et la bergère au doux visage

    De son cœur a brisé la cage,

    Il n'y a plus de merle blanc…

     

    II n'y a plus de merle blanc,

    Le peintre a posé sa palette,

    Le musicien sa trompinette,

    Et le poète a tu son chant.

     

    Le silence se fait pesant,

    Les gens n'ont plus goût à la fête,

    Ont mal de cœur, ont mal de tête,

    II n'y a plus de merle blanc.

     

    II n'y a plus de merle blanc,

    Les enfants ont cessé de rire

    Et leurs jours sont sans avenir

    Au pays où passe le temps

     

    Un vieillard assis sur un banc

    S’écoute lentement mourir,

    Son dernier souffle au loin s'étire,

    Il n'y a plus de merle blanc…

     

    II n'y a plus de merle blanc

    Les vautours en ont fait carnage,

    Reste plus qu'à tourner la page,

    Le livre est fini maintenant…

     

              Mais quelque part un innocent,

              Ou peut-être un fou, ou un sage,

              Avec grand soin brode une image

              En fil d'argent...

    un Merle blanc…

     

     

     


    2 commentaires


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