• "Lancet" et l'embrouille...!

     La chloroquine : un vieux médicament contre les maladies actuelles...

    "the Lancet" - novembre 2003

    Pour ceux qui seraient restés confinés sans aucun lien avec le monde (celui d'avant celui d'après) :

    Parue dans "The Lancet" ce vendredi 22 mai, une étude constate que l'hydroxychloroquine et la chloroquine ne permettraient pas de lutter contre le nouveau coronavirus, et pourraient même être néfastes.

    Pourtant, en 2003,dans le même "Lancet" un article ne tarissait pas d'éloges pour ce traitement: 

    https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(03)00806-5/fulltext 

    "the Lancet" ?...!!!

    (NB.: plusieurs mise-à-jour dans les derniers commentaires adressés à Fredi M.)

    extraits:

    Effets de la chloroquine sur les infections virales: un vieux médicament contre les maladies actuelles

    La chloroquine est une 9-aminoquinoléine connue depuis 1934. Outre ses effets antipaludiques bien connus, le médicament possède des propriétés biochimiques intéressantes qui pourraient être appliquées contre certaines infections virales. La chloroquine exerce des effets antiviraux directs, inhibant les étapes dépendantes du pH de la réplication de plusieurs virus, y compris les membres des flavivirus, rétrovirus et coronavirus. Ses effets les mieux étudiés sont ceux contre la réplication du VIH, qui sont testés dans des essais cliniques. De plus, la chloroquine a des effets immunomodulateurs, supprimant la production / libération du facteur de nécrose tumorale α et de l'interleukine 6, qui interviennent dans les complications inflammatoires de plusieurs maladies virales.../... 

    .../...la tolérabilité, le faible coût et les propriétés immunomodulatrices de la chloroquine / hydroxychloroquine sont associés à des effets biochimiques qui suggèrent une utilisation potentielle dans les infections virales, dont certains symptômes peuvent résulter de la réponse inflammatoire. Nous nous demandons si cet ancien médicament dont la molécule mère, la quinine, a été isolée à la fin du XIXe siècle de l'écorce du quinquina tropical, pourrait connaître un renouveau dans la gestion clinique des maladies virales de l'ère de la mondialisation.

    La chloroquine / hydroxychloroquie peut altérer la réplication de plusieurs virus en interagissant avec l'entrée virale à médiation endosomique ou les stades avancés de la réplication des virus enveloppés.../...

    La chloroquine / hydroxychloroquie a un profil de toxicité bien étudié. L'utilisation d'un demi-siècle de ce médicament dans le traitement du paludisme démontre la sécurité de l'administration aiguë de chloroquine à l'homme. L'utilisation de chloroquine / hydroxychloroquine dans les maladies rhumatismales et pour la prophylaxie antipaludique a montré une faible incidence d'événements indésirables lors de l'administration chronique de ce médicament pendant des périodes allant jusqu'à quelques années.

    Sur la base des effets de la chloroquine / hydroxychloroquine sur plusieurs virus enveloppés et sur l'activation immunitaire, nous émettons l'hypothèse que ce médicament pourrait être d'une certaine utilité pour la gestion clinique du SRAS. À l'heure actuelle, aucune tentative de traiter cette maladie avec des médicaments antiviraux connus, à savoir la ribavirine et l'oseltamivir, n'a été concluante.../...

    L'agent causal du SRAS a récemment été décrit comme un nouveau coronavirus. Des études récentes soutiennent l'idée que les coronaviridae infectent leurs cellules cibles par une voie endocytique et que la chloroquine pourrait inhiber leur réplication. Les cellules infectées par le coronavirus humain HCoV-229E et traitées avec du nocodazole (un agent de polymérisation microtubulé qui bloque le transport des endosomes précoces à tardifs) ont produit une diminution des quantités d'antigènes HCoV-229E. Ce résultat indique que le transport endosomal est nécessaire pour l'infection par HCoV-229E. Les cellules traitées à la chloroquine ont exprimé une diminution des quantités d'antigènes HCoV-229E.../...

    À l'heure actuelle, il est difficile de répondre à la question de savoir si la vieille chloroquine pourra vivre une "seconde jeunesse. En raison de son effet principal, c'est-à-dire l'augmentation du pH endosomal, le médicament a un spectre exceptionnellement large d'activité antimicrobienne qui pourrait être exploité dans de nombreuses infections. Les résultats obtenus dans la prophylaxie de la fièvre Q indiquent que la chloroquine / hydroxychloroquine peut être utilisée avec succès dans la gestion clinique des infections autres que le paludisme. En ce qui concerne les maladies virales, il est clair que le médicament a des effets antiviraux et immunomodulateurs qui méritent une attention particulière.

    (Pour en revenir à l'article initial du "Lancet", il n'est pas inutiles de préciser qu'un certain nombre d'infectiologues, au Maroc, en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Australie1 par exemple, en remettent vigoureusement en cause l'étude elle-même et les conclusions  "d'un point de vue méthodologique et épistémologique" et que, selon "the Guardian" la rédaction de la revue aurait demandé des éclaircissements à leurs auteurs... - en France, ça va, merci, le ministre (sic) de la Santé (re-sic) en fait même plus que les "recommandations" de prudence internationales... )

    Ah... Oui, je sais, je ne suis pas médecin et j'ai donc pu ne pas comprendre toutes les subtilités de langage qui existeraient dans l'article et j'ai pu me méprendre sur les termes "La chloroquine exerce des effets antiviraux directs, inhibant les étapes dépendantes du pH de la réplication de plusieurs virus, y compris les membres des flavivirus, rétrovirus et coronavirus" ou encore "L'utilisation de chloroquine / hydroxychloroquine dans les maladies rhumatismales et pour la prophylaxie antipaludique a montré une faible incidence d'événements indésirables lors de l'administration chronique de ce médicament" ou "le médicament a des effets antiviraux et immunomodulateurs qui méritent une attention particulière"....

    Je sais aussi que cet article date de 2003...  Mais je ne crois pas savoir si, depuis, un autre traitement aux mêmes "effets antiviraux directs", au même "profil de toxicité bien étudié", et aux mêmes "tolérabilité, faible coût et propriétés immunomodulatrices", suggèrent une même "utilisation potentielle dans les infections virales" et méritent une même "attention particulière" ?

    J'en profite pour signaler aux adversaires de la chloroquine et du professeur Raoult réunis une modeste étude passée totalement (ou presque) inaperçue dans ce grand déballage médico/médiatico/économico/politico-correct : (https://thenextweb.com/corona/2020/05/22)

    Le cannabis est plus efficace que l’hy­droxy­chlo­roquine contre le Covid-19

    Une équipe de scientifiques canadiens a identifié au moins 13 variétés de cannabis qui pourraient aider à combattre efficacement le Covid-19.

    Alors que de plus en plus d'études soulignent les effets secondaires potentiellement dangereux d'un traitement à l'hydroxychloroquine, certains chercheurs explorent d'autres pistes, avec un certain succès. Une récente étude par des scientifiques canadiens suggère ainsi un traitement au cannabis sativa pour prévenir l'infection du coronavirus

    qui conclue:

    Non seulement personne n'est jamais mort en consommant du cannabis, mais il présente des avantages médicaux connus pour la prévention et le traitement de maladies, allant des infections virales au cancer.

     

    On reste cool, Raoul(t)...

     

     

    NB.: plusieurs mise-à-jour dans les derniers commentaires adressés à Fredi M.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 28 Mai à 19:22

    C'est dingue cette frénésie pro-chloroquine de la part de gens qui n'y connaissent rien. Ce que je constate, c'est que les avis sont partagés. Dans le doute, je reste hors du débat. Et j'attends que tout le monde soit d'accord.

      • Vendredi 29 Mai à 14:09

        @ Pangloss...!!!

        Les "anti-chloroquine" ne sont pas toujours en reste, question frénésie, allant parfois jusqu'à évoquer le "look atypique" de Raoult pour expliquer sa popularité et, partant de là, celle de la chloroquine.

        Je pense que le problème lié à la chloroquine est du même ordre que celui qui a concerné l’inutilité, puis l'inefficacité, puis la dangerosité, et finalement l'obligation des masques, des tests de dépistage ou du confinement... On a été abreuvés de mensonges (qualifiés ici ou là de "maladroits" ouch) de la part du gouvernement et des différents ministères de la Santé, de l'Intérieur, de l’Éducation Nationale, des Transports, etc... et même de la part du Président ("Il n'y a jamais eu de pénurie de masques"). Sans parler de ceux, mémorables, de la porte-parole.

        Selon moi, le débat n'est pas essentiellement provoqué par les partisans d'une molécule, mais plus par une partie de la population qui pense ne plus pouvoir faire confiance au gouvernement (tant à propos du traitement de l'épidémie, qu'à propos des différentes "crises sociales", ou de l'insécurité et de la violence dans les "quartiers" ou de la gestion de l'immigration extra-européenne...) Derniers exploits en date : le cumul maire/ministre (autorisé par le président et le premier ministre) de Darmanin contrairement à tous les principes et aux promesses pré-électorales... le vote comptabilisé d'un député LREM décédé depuis 6 mois lors du vote sur la loi Avia... (à suivre)

         

    2
    Souris donc
    Vendredi 29 Mai à 08:00

    Si j'ai bien lu, le suffixe ...quine (de chloroquine) vient du quinquina.

    Des générations de petits Parisiens ont appris à lire dans le métro avec la méthode syllabique :

    Dubo Dubon Dubonnet.

    Fiche wiki de Dubonnet :

    C'est à Paris que Joseph Dubonnet élabore en 1846 son vin de quinquina. Pour lutter contre le paludisme, il met au point ce médicament au goût amer, qu'il masque avec une décoction d'herbes et d'épices à forte saveur. Les soldats de la Légion étrangère l'utilisent dans un premier temps dans les marécages infestés de moustiques en Afrique du Nord. Puis l'épouse de Joseph sert la première la potion en apéritif auprès de ses amis, et le bouche à oreille assure la popularité du Dubonnet.

    Pour encourager le savant de Marseille, on peut dire aussi : Raoult, ma poule !

     

      • Vendredi 29 Mai à 14:38

        @ Souris donc...!

        ...et de la même façon que les quinquinas (et autres Dubonnet, Byrrh et St Raphaël...) sont dorénavant tabous dans les réclames dans les publicités (sauf suivi de la mention "avec modération") pour des raisons de santé publique...

        ... la chloroquine est taboue dans tout l'espace public (même suivi de la mention "avec modération") pour des raisons de santé publique... un comble pour un médicament qui a fait ses preuves sur plus d'un milliard de patients dans le monde ces 80 dernières années

        Le progrès, quoi...

        ...n'étant pas trop trop progressiste j'ai du mal à suivre le raisonnement des sachant·e·s.

         

    3
    Vendredi 29 Mai à 09:39
    Tout cela est très intéressant, vraiment.
    Moi non plus je ne suis pas médecin mais les phrases que vous citez me sont parfaitement compréhensibles.
    4
    Vendredi 29 Mai à 09:40
    Où l'avez-vous déniché cet article ?
      • Vendredi 29 Mai à 15:39

        @ Fredi M....!

         

        J'ai perdu la trace du site où j'avais trouvé le lien, le lien figurait dans le commentaire d'un lecteur et refaire tout mon historique des sites et de leurs commentaires respectifs... !

         

        En faisant une nouvelle recherche sur les articles récents de la revue "the Lancet", je suis tombé sur cette analyse :

        https://lecourrierdesstrateges.fr/2020/05/24/hydroxychloroquine-les-auteurs-de-letude-publiee-par-le-lancet-ont-tous-un-conflit-dinteret/?

        L'auteur y évoque le parcours des 4 signataires de l'article en question (Mandeep Mehra, Sapan S. Desai, Frank Ruschitzka et Amit Patel ) qui pourraient tous être soupçonnés de conflit d’intérêt...

        Mandeep Mehra anime des conférences pour Gilead…

        Sapan S Desai, un marchand de tests pour coronavirus…

        Frank Ruschitzka, un vieux compagnon de route de Gilead

        Amit Patel, l’inconnu … qui milite pour Merck

        Je ne me souviens pas avoir lu quelque-part que le professeur Raoult posséderait des intérêts financiers dans la fabrication et la diffusion du "Plaquénil" ?

         

        Un article presque deux fois plus long que celui de 2003 (528 KB contre 289 en téléchargement), encore plus technique, et que, je suppose, aucun des journalistes qui en font des gorges chaudes n'a du lire ni même survolé le texte.

         

         

         

      • Vendredi 29 Mai à 16:00

        @ Fredi M....

         

        NB.: A signaler l'ampleur que prend la polémique sur l'étude publiée par "the Lancet". Résumé...:

         

        Une centaine de scientifiques internationaux, souvent prestigieux et certains exerçant à Harvard ou à l'Imperial College de Londres ont co-signé une lettre ouverte afin de soulever des incohérences dans l'étude sur la chloroquine publiée dans The Lancet. 

        (par exemple:  le nombre de morts en Australie mentionné par l'article de "the Lancet" ne correspond pas au décompte officiel des autorités australiennes...!)

        De nombreux chercheurs à travers le monde ont examiné minutieusement, en détail, la publication en question or, cet examen a soulevé à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l'intégrité des données.../... Les données sont trop bizarres, pas fiables. On ne sait même pas exactement d'où elles viennent, comment les auteurs se les sont procurées.../... Du coup, les conclusions ne peuvent pas être fiables

         

        Ce qui ne constitue évidemment pas une preuve de malversation, mais peut laisser planer un doute raisonnable en matière d'impartialité totale...

         

        Ce qui est intéressant, c'est que certains de ces signataires ne défendent pas l'utilisation de la chloroquine, mais dénoncent l'étude de "the Lancet", ses méthodes et ses conclusions...

         

      • Vendredi 29 Mai à 21:32

        @ Fredi M....!

        à propos de la société "Surgisphère" qui aurait recueillis et transmis les données qui ont servi à l'analyse:

         

        Cette société a été crée par le docteur Sapan Desai, l'un des co-auteurs de l'article de "the Lancet"

        Elle possède plusieurs adresses qui ressemblent plus à des logements peut-être lié à des déménagements ou de la domiciliation d’entreprise. Elle compte peu d'employés (4 personnes), tous avec une date d'entrée très récente

        Plusieurs entreprises au même nom ont été successivement enregistrées dans divers états, puis liquidées ou en suspension. Peu d’employés avec une date d’entrée très récente et peu de mentions sur google de ces diverses personnes et un profil questionnable. Peu d’activité jusqu’à mars 2020 sur le site internet.

        L’activité sur twitter de cette société commence en 2013 et est quasi nulle jusqu'au 12 mars 2020.

        Le Site internet de la société donne l’impression de n’exister ou de n’avoir de l’activité que depuis mars 2020 et rien entre 2013 et 2020. Une activité dormante...

        [plusieurs] sociétés au même nom ont été créées et radiées plusieurs fois dans divers états pour non-production des comptes...

        etc...

         (d'après http://www.francesoir.fr/societe-economie/lancetgate-surgisphere )

         

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