• ..un jeune, armé d'un jouet et d'un canif

     

    vu, ce 19 octobre, sur le blog Mediapart

    (pour rappel, ce dessin prémonitoire de Marsault : Philistin Soja, journaliste)

     

    Exécution sommaire du suspect : nouvelle norme en matière de terrorisme?

    par "HORSLESMURS", le 19 oct. 2020

    L'exécution du jeune Tchéchène était facilement évitable. Malgré la dérive évidente que cette exécution sommaire symbolise, personne ou presque ne semble se préoccuper du mode opératoire des forces de l'ordre.

    La décapitation du professeur de Conflans Sainte-Honorine risque de peser lourd dans les débats sur l’Islam, qui semblent tout en haut de l’agenda présidentiel depuis la nomination de Gérald Darmanin au Ministère de l’Intérieur. 

    La portée symbolique de cette décapitation est immense et l’émotion s’empare du pays. Malheureusement, deux jours après le drame, force est de constater que le traitement médiatique de cette affaire reste partial. Une fois de plus, il semble que l’étiquette "attentat terroriste" dispense les journalistes de tout effort réflexif. Les titres sensationnalistes s’accumulent et créent une chambre aux échos très favorable aux rhétoriques d’extrême-droite. 

    Or, à l’heure actuelle, que savons-nous sur le contexte dans lequel les forces de l'ordre ont agis ?

    Nous savons qu’un professeur d’histoire-géographie a été décapité peu avant 17h à Conflans Sainte-Honorine, rue du Moineau-Buisson. Une photo macabre de la tête est publiée sur un compte Twitter répondant au pseudo "Tchetchene_270" (mais qui n'a alors pas encore été formellement lié à l'individu abattu). Juste après 17h, la police reçoit l’appel d’une personne signalant un homme décapité sur la voie publique. Quelques minutes plus tard, entre 200 et 400 mètres plus loin, un jeune homme de 18 ans est abattu, avenue Roger Salengro dans la commune limitrophe d’Éragny (très exactement ici).

    Au-delà de ces éléments, le flou demeure sur le déroulé exact de l’interpellation du jeune tchétchène. Pour l’immense majorité de la population, les détails de cette interpellation importent peu. Et pourtant…

    Une vidéo -très rapidement publiée sur les réseaux sociaux' permet de s’interroger sur ce qui semble être devenu une nouvelle normalité en France. Dès qu’il s’agit de terrorisme, c’est à dire d’un crime commis par une personne musulmane envers une personne non-musulmane, la police semble avoir le droit, voire le devoir de tuer. En effet, hormis Salah Abdeslam pris par la police belge, aucun terroriste ne survit à ses actes sur le sol français. 

    Dans le cas présent, il est absolument clair que les policiers ont compris que le terroriste n’était armé que d’un pistolet à billes bien avant de l’exécuter. L’information est répétée deux fois, de façon très audible. De plus, à ce moment précis, le terroriste est seulement en possession d’un canif, le gros couteau ayant servi à la décapitation étant resté près de la scène du crime. Enfin, la police l’a déjà cerné et le risque qu’il s’enfuie est donc quasi-nul. 

    Aucun de ces éléments de contexte ne semble empêcher l’exécution du jeune tchétchène. 

    On se doute que ce ne sont pas les policiers ayant identifié l’arme comme étant un pistolet à billes qui ont commis cette basse-œuvre. Au contraire, il y a des raisons de penser que la mise-à-mort vient de cet homme vêtu de noir, qui arrive en haut à droite de la vidéo, à 0m39s, charge son pistolet, se voit désigner le terroriste par un autre policier (qui, au passage, arrive tranquillement depuis la zone où le terroriste se trouve) et rejoint en marchant la zone d’action avant que les 9 détonations ne se fassent entendre quelques secondes plus tard. 

    Malheureusement, lorsqu’il s’agit de terrorisme, cette justice policière expéditive ne semble poser de problèmes à aucun média, ni à aucun homme politique de premier plan. Soucieux de leurs côtes de popularité, médias comme politiques évitent toute prise de position qui pourraient être perçues comme un déni de solidarité vis-à-vis des victimes. Comme si exiger que la justice s’applique à tous les présumés coupables de façon semblable avait quoi que ce soit à voir avec l’empathie que l’on peut ressentir pour les victimes et leurs proches, ou la tristesse de voir le pays s’enfoncer plus avant dans ses clivages religieux et ethniques.

    Il faut avoir le courage de se regarder en face pour comprendre le chemin que prend la France et la perception que certaines minorités peuvent avoir de la situation. 

    Certes, le procès d’un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux, créer transitoirement des troubles à l’ordre publique et attiser certaines tensions. Mais on ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à la barbarie policière sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française. 

    Ce jeune de 18 ans n’est, au moment précis de sa mort, qu’un suspect armé d’un jouet et d’un canif. Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve -depuis plus 30 ans- en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde. 

     

    Par ailleurs, la veille, Assa Traoré et deux individus, les yeux pétillants de malice, ridiculisaient impunément en une odieuse récupération et par un pauvre jeu-de-mots ignoble les hommages rendus à l'enseignant assassiné par des proches de ses compagnons de luttes -islamistes fondamentalistes et salafistes- en faveur de ses racailles de frères et contre la France (et la république, forcément)

    ..un jeune, armé d'un jouet et d'un canif
    "Aujourd'hui nous étions Place de la République à l'appel des syndicats enseignants. Pour rendre hommage au professeur Samuel Paty" (https://twitter.com/laveritepradama/)

     

     

     

     

    « Médusé, je suis...!"Nous continuerons, professeur" »

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  • Commentaires

    1
    Pangloss
    Mardi 20 Octobre à 10:04

    Le choix était:

    - appréhender l'assassin désarmé, le conduire devant les juges, le condamner, faire de lui un héros en prison et envoyer aux terroristes musulmans que, quoi qu'on fasse, on ne risque pas sa vie.

    ou

    - éliminer physiquement un homme désarmé pour faire un exemple et affirmer qu'on "ne fait plus de prisonniers".

    On verra prochainement si les policiers qui ont tiré sont sanctionnés ou non. Dans le second cas, on saura quelle sera la position officielle.

     

      • Mardi 20 Octobre à 14:22

        @ Pangloss...

        Une autre hypothèse, tout juste effleurée dans cet.... article (?), est que "...le procès d'un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux et créer transitoirement (sic ?) des troubles à l'ordre public et attiser certaines tensions...", donc, la police, ou plus exactement, "...cet homme vêtu de noir, qui arrive en haut à droite de la vidéo, à 0m39s, charge son pistolet et se voit désigner le terroriste par un autre policier" aurait donc procédé à la mise-à-mort du suspect pour l'empêcher de faire des révélations fracassantes et inédites lors de son procès (les réseaux, les complicités, les ramifications, etc...). Sur ordre de la Présidence, ou de l'un des ministères concernés -police ou justice- ou sur ordre du Grand Mollah Secret ?

        En même temps, certains se sont déjà posé cette question par le passé : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/

         

    2
    Le Page
    Mardi 20 Octobre à 10:20

    Lire Médiapart (à dose homéopathique) c'est mieux comprendre la situation actuelle.

    Les bubons ne sont que les effets visibles de la peste.

     
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      • Mardi 20 Octobre à 14:42

        @ Le Page...!

         

        La lecture des commentaires y est aussi édifiante

        - Pour ma part, j'émets l'hypothèse que le terrorisme est "l'idiot utile" qui permet aux gouvernements successifs de justifier des lois de privation de liberté.

        - le fait qu'aucun terroriste ne s'en sorte jamais vivant sur le sol français est à mon avis assez éloquent.

        - ..je me pose surtout la question : "à qui profite le crime ?" Vu sous cet angle, on comprend bien que c'est au gouvernement en place.....

        - Comme pour le dernier attentat à Londres ou le terroriste a été abattu alors qu'il était désarmé.

        - 70% des effectifs de la police vote FN

        .-..le policier doit rester à couvert en tenant en joue l'individu, or la vidéo montre bien l'exact inverse puisqu'il s'en approche puis faire feu. 

         

        A noter que le dessin de Marsault qui avait été publié en commentaire a été "dépublié par la rédaction de mediapart"

         

    3
    Souris donc
    Mardi 20 Octobre à 10:45

    Du Médiapart pur sucre. Ils trouvent le moyen, dans un papier sur la décapitation d'un enseignant par un islamiste, de désigner 3 fois les violences policières.

    La fin est simplement grandiose : "la spirale mortifère des violences policières" !

      • Mardi 20 Octobre à 15:30

        @ Souris Donc...?  

        Presque aussi "grandiose", la déclaration du "secrétaire-général de l'Union internationale des savants musulmans Ali Mohiedine Al-Qaradaghi, basée au Qatar et liée au Frères musulmans,"

                                 

        ...peut-être recherche t-il un CDD de pigiste chez Plenel ?

        (la concurrence est rude)

         

    4
    Mardi 20 Octobre à 16:41

    Mediapart égal à lui-même dans la veulerie complice.

      • Mardi 20 Octobre à 17:31

        @ Dr WO...!

        "Complicité", oui (et même "connivence" ou "collusion", pour ne pas dire "collaboration", ce terme étant -peut-être- connoté trop négativement )

        "Veulerie", certainement pas : ni Plenel, ni Mélenchon, ni... (passons !) ne peuvent être taxés de faiblesse ou de couardise en ce domaine.

        par exemple :

              

         

    5
    Mardi 20 Octobre à 21:08

    "HORSLESMURS" parle aux français...

    L'auteur du billet ci-dessus revient donc sur son texte, afin de "le mettre en perspective, le commenter et même l'amender en partie".

    extrait :

    • Parler de "barbarie policière" était une erreur car cela place sur un même plan moral deux violences très différentes. Or, justement, ces deux violences n'ont rien à voir. Seules les forces de l'ordre sont détentrices d'une violence légitime soumise à un impératif moral, tandis que la violence terroriste se place de facto hors de toute recherche de légitimité. La ligne de démarcation entre violence légitime et violence illégitime dépend tout entière de la moralité de la première, telle que perçue par le peuple français dans son ensemble. Personnellement, je vois dans l'exécution des individus suspectés de terrorisme un risque de glissement moral pouvant aboutir à l'opposition de deux barbaries, mais nous n'en sommes pas encore là. 
    • Suggérer que le terrorisme est un terme visant à désigner "un crime commis par une personne musulmane envers une personne non-musulmane" était également inapproprié puisqu'il ne s'agit évidemment pas de la définition officielle du terme. Cette phrase faisait allusion au fait que le qualificatif terroriste est employé à tort et à travers dans les médias, et qu'il existe bien une tendance consistant à identifier la violence terroriste à cette configuration particulière des violences intercommunautaires.
    • Enfin, il était maladroit de suggérer que la vidéo indique la possible présence d'un "exécuteur" dont la tâche serait distincte de ses collègues. Non pas que la vidéo exclue une telle hypothèse, mais elle ne la démontre pas non plus. Et il est clair que ce type d'analyse basée sur des faits très parcellaires est contre-productive pour qui prend la question au sérieux. Je la supprime donc. Au fond, je voudrais croire qu'elle n'est que fantasme, et que les forces de l'ordre ont bel-et-bien tiré car le terroriste a mimé l'activation d'une ceinture d'explosif, ou quelque chose du même genre. A l'heure actuelle, des centaines de Tweets accusent Edwy Plenel et Mediapart de conspirationnisme en réaction à cette analyse. Or, si je comprends parfaitement pourquoi le couperet anti-conspi s'abat sur ce billet, il me semble parfaitement injuste que Mediapart ou sa ligne éditoriale soient mis sur le banc des accusés, puisqu'ils n'exercent aucun contrôle a priori sur les blogs. Et oui, c'est aussi cela, défendre la liberté d'expression...

    https://blogs.mediapart.fr/horslesmurs/

    etc... etc...Bon, ben, voilà...

    Je ne sais pas si le reniement des principaux thèmes abordés dans ce billet n'est pas pire que leur évocation première et ne témoigne pas d'une impréparation ou d'une provocation immature, sénile ou criminelle,

    NB. la version que j'ai mise en ligne est celle non-expurgée, non corrigée par son auteur.

     

    6
    jean-marc
    Vendredi 23 Octobre à 11:48

    effectivement,j'ai aussi l'impression que le rectificatif est pire que l'évocation première.

      • Vendredi 23 Octobre à 15:32

        @ jean-marc...!

        Je me demande si un blogueur "populisse-de-drouâte" se contentait de "remettre en perspective" un article contestable et contesté en évoquant des erreurs, des termes inappropriés et des maladresses, ça pourrait passer, auprès de l'ONDE (pas très claire) ou Observatoire National de contre l'Extrême-Droite ?

         

         

    7
    jean-marc
    Samedi 24 Octobre à 20:32

    l'Onde ne connaît pas la mise en perspective.Comme son mentor "Libération". Elle préfère,comme tous les fouille-merde,rechercher les articles qui lui donnent du"grain à moudre" comme disait feu André Bergeron.

      • Samedi 24 Octobre à 21:02

        @ jean-marc...?

        Autre hypothèse improbable : imaginons qu'un "philosophe et sociologue, figure montante de la droite radicale" (un genre Geoffroy de la Machintrucnerie, mais réac. et demi-facho) déclare "assumer le fait qu'il faut reproduire un certain nombre de censures dans l'espace public, un espace où les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes" et "être favorable à une sorte de mépris que la droite devrait avoir pour les opinions de gauche"... comment pourrait-il remettre en perspective sa déclaration ?

        Non plus, hein ?

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