La deuxième édition du Remigration Summit s’est tenue le week-end du 30 mai 2026 au Portugal, dans la région de Porto, un an après le lancement de cet événement à Milan. Organisé par le militant identitaire autrichien Martin Sellner, ce sommet annuel rassemble figures intellectuelles, militants et responsables politiques venus de toute l’Europe, et au-delà, autour d’un mot d’ordre désormais installé dans le débat continental : la remigration.
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Sur leur propre site, les organisateurs présentent la remigration comme la réponse à des décennies d’" immigration de remplacement" et de multiculturalisme. Loin de l’image d’un choc brutal et instantané, ils la décrivent comme un processus démocratique, légal et de longue haleine, étalé sur vingt à trente ans, visant à renvoyer les immigrés illégaux et les migrants légaux jugés nuisibles, tout en exerçant une pression sur les sociétés parallèles non assimilées afin de restaurer l’harmonie culturelle de la nation.
Le projet, tel qu’ils le formulent, distingue trois catégories de population : les immigrés illégaux, demandeurs d’asile et réfugiés ; les immigrés légaux ; et les naturalisés non assimilés vivant dans des sociétés parallèles. La remigration y est présentée comme un ensemble de politiques publiques, à la fois fiscales, culturelles, économiques, sociales, politiques et logistiques, dont l’objectif affiché est de prévenir le remplacement de population par l’inversion des flux migratoires, dans le respect de la dignité de chacun et du cadre constitutionnel et légal des pays concernés.
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Après une première édition milanaise qui avait réuni environ quatre cents personnes en mai 2025, le sommet de Porto a rassemblé près de cinq cents participants, parmi lesquels des membres de partis de droite nationale européens et des militants venus du Canada, des États-Unis et de l’ensemble du continent. L’édition 2025 avait notamment vu intervenir l’eurodéputé de la Lega Roberto Vannacci.
La dimension transatlantique s’est confirmée cette année avec la présence, en qualité d’invités spéciaux, de l’Américain Gregory Bovino, ancien responsable de la police aux frontières des États-Unis, et de Jared Taylor. Parmi les autres orateurs figurait également le militant canadien Daniel Tyrie, fondateur de la Dominion Society of Canada.
En France, c’est Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, qui porte le terme : l’éditorialiste avait annoncé dès 2022 vouloir créer un "ministère de la Remigration", avant de défendre récemment l’idée d’une "immigration négative". En Allemagne, l’AfD d’Alice Weidel, qui a obtenu cent cinquante-deux sièges au Bundestag, promet des rapatriements à grande échelle. En Espagne, Vox a présenté à l’été 2025 un projet de remigration. En Italie, Matteo Salvini, à la tête de la Ligue, a défendu l’idée d’un titre de séjour "à points". Au Portugal, le parti Chega d’André Ventura, qui a réalisé une percée historique avec près d’un quart des voix, milite pour une force de sécurité calquée sur le modèle américain.
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Sans surprise, l’événement a suscité l’hostilité d’une partie de la presse et des collectifs militants. Des organisations se réclamant de l’antifascisme se sont mobilisées contre le sommet, dénonçant un rassemblement qui normaliserait selon elles les discours de haine. La presse de gauche a, de son côté, multiplié les amalgames, qualifiant volontiers les participants d’"ex-néonazis en costume-cravate" et réduisant un projet politique structuré à une simple entreprise de déportation...