Noël, Saint Sylvestre et Saint Basile
Des moments de convivialité et de partage (c'est écrit sur la dernière feuille de l'éphéméride et à la première page de l'Almanach Vermot), avec :
la dinde au kuhi d'huitre....
la brochette andouille/boudin/merguez....
etc...
mais pas que...
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Première leçon :
Comment cuisiner la gauchiste.
Vous devrez choisir une gauchiste pas trop jeune, en effet la chair d'une vieille gauchiste certifiée et homologuée a concentré peu à peu beaucoup plus d'acariâcrité que celle d'une novice que les connaisseurs trouvent souvent fade et sans caractère.
Pour capturer la gauchiste, le moyen le plus simple est de se vêtir d'un burnous sale et troué et d'attendre le passage de votre proie, assis sur un trottoir, une sébile vide à la main en pensant à votre dernière rage de dents, ou au prix que vous a demandé votre garagiste pour changer une ampoule ou a une visite impromptue de votre belle-maman un samedi soir. Attirée par votre misère la gauchiste ne manquera pas de s'approcher de vous, allant jusqu'à vous frôler pour prendre un selfie pour son trombinoscope-book sociétal.
Prenez garde cependant de ne pas être pris en infraction, en effet bien que loin d'être une espèce en voie de disparition, la gauchiste est une espèce protégée dont la chasse et la détention morte ou vive sont interdites
On dénombre, en gros, quatre sous-catégories principales de gauchiste (1):
- la gaucho-écolo : sa chair est plus molle, moins grasse, donc plus digeste et possède un arrière-goût délicat de plantes sauvages, d'herbe qui fait rire et de crottin séché.
- la gaucho-féministe : contrairement aux attentes, sa chair manque de délicatesse, elle est plutôt filandreuse et dégage une forte odeur mâle de suint, de musc et de phéromones.
- l'islamo-gauchiste : d'origine, sa chair présente un gout caprin boucané, fortement épicé avec des relents de miel et de cannelle qui rebute les personnes non averties.
- la catho-gaucho : très commune dans nos régions mais peu prisée des gastronomes laïques, sa chair ressemble à du pain azyme et ses fluides à un vin de messe aigre et suri
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Comment préparer la gauchiste.
- Après l'avoir estourbie en lui faisant écouter Michel Sardou, la première chose à faire est de laisser la gauchiste macérer pendant plusieurs jours dans l'alcool de votre choix (2) afin d'en dissoudre toutes les scories.
- Laissez ensuite la gauchiste se dessécher au soleil pour évacuer les derniers miasmes avant d'entamer la préparation proprement dite
- Préparatifs :
- Désossage= certains préfèrent une cuisson "à l'os" arguant que cette méthode permet aux cartilages d'aromatiser et attendrir la viande. Ce n'et pas mon cas, je trouve que la colonne vertébrale trop rigide et les articulations manquant de souplesse nuisent à certaines préparations
- Vidage= prenez soin d'enlever tous les abats n'offrant aucun intérêt, essentiellement la cervelle et le cœur (difficiles à trouver et à ôter) dont l'ingestion est toxique, provoquant des hallucinations psychédéliques spasmodiques ou un état maniaco-dépressif permanent.
- Découpage= le découpage dit "électoral à la proportionnelle" est généralement celui qui réussit le mieux à la gauchiste et lui permettra de mieux exprimer ses saveurs, quelles que soient ses tendances (prévoyez une machette, un sabre d'abordage, voire un katana ou une hallebarde)
- Modes de cuisson :
- Grillé= c'est la méthode la plus populaire et la plus amusante quand on connait la détestation de la plupart des écolo-gauchos à l'encontre des barbecues, jugés à la fois trop masculiniste-virilistes blancs, spécistes et responsables du réchauffement des pôles (à déconseiller pour préparer la viande de féministe, trop dure et au gout trop prononcé)
- Mijoté= peut-être la méthode que préféreraient (ou détesteraient le plus) icelles qui se verraient ainsi, pour la première fois ou pour une ultime fois "passer à la casserole", à noter que le sommet du bon goût avec l'islamo-gauchiste est de la mijoter à feu doux en compagnie d'un beau morceau de porc mariné dans un Sidi-Brahim millésimé.
- Rôti= à éviter : n'importe quelle gauchiste, quelle que soit sa tendance, même défunctée, est capable à la vue ou à l'évocation d'un four de se ressusciter et de faire le tour de la pièce en hurlant " Le retour de heures les plus sombres, le retour des heures les plus sombres...!", à éviter ou à réserver pour faire rire les gosses ou pour faire fuir belle-maman.
- Bouilli= à proscrire : la viande bouillie perd par trop ses qualités diététiques et gustatives, à proscrire donc pour cette catégorie de rôts et de mets qui verraient ainsi tout leur intérêt partir en fumée (une exception toutefois, par charité chrétienne, pour la catho-gaucho à condition d'employer de l'eau bénite infusée de myrrhe et d'encens.)
J'ai évidemment essayé toutes ces recettes et quelques autres. Je peux dire que j'en ai bouffé du gauchisme, jusqu'à plus faim. Le seul conseil que je vous donnerais se résume en deux mots "Laissez tomber", la gauchiste ou son équivalent gauchist sans "e", sans utérus mais avec une prostate, ou avec les deux, ou sans l'un ni l'autre... C'est toujours de la merde... !
(1) la black-blocque et la zadist·e n'entrent pas dans cette catégorie : vivant et se déplaçant en groupe leur chasse en est plus risquée et ne convient pas comme activité à un bon père de famille.
(2) la marinade utilisée, décantée et filtrée, conservée dans des récipients fermés inaccessibles aux enfants servira utilement de désherbant ou d'antiparasite, ou de tisane pour belle-maman.
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Lors d'une prochaine émission nous verrons...
Comment cuisiner le centriste.
Le centriste se décline en une infinité de sous-catégories : le centriste du centre, le centriste de gauche et celui de droite, le centriste d'en haut et celui d'en bas, le centriste de devant et celui du fond... sans compter les interconnexions fluctuantes et les déconnexions aléatoires au gré des vents et des courants et des éditos de France-Radio-TV.
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Paradoxalement il n'existe qu'une seule méthode connue pour cuisiner le centriste. Une recette d'origine sans saveur ni odeur, mais modifiable, personnalisable, revisitable, adaptable à l'infini, pour tous les gouts et toutes les couleurs, sans vraiment rebuter ni écœurer personne et, en même temps, sans tout-à-fait séduire ni enthousiasmer quiconque.
Un met qu'on met à toutes les sauces et qui va dans toutes les gamelles, du moment que ça se laisse manger, sans plaisir mais sans risque, en tous lieux et toutes circonstances, chacun se disant que ça pourrait être mieux mais que ça pourrait être pire.
Un hachis de gras de mouton gras ou une cervelle de castor avec un assaisonnement inclusif et éthique à base d'eau tiède et d'arômes alimentaires : moitie ketchup, moitié harissa et moitié nuoc-mam (abolir absolument les sauces "marchand de vin" ou "au beur blanc" au caractère suprématiste évident, voire fachisse et d'esstrême-droit').
J'en ai aussi dégusté, mais peu apprécié.
Le seul point positif c'est qu'on n'a pas besoin ni d'éviscérer ni de désosser le centriste.