23 et 24 Rajab 1440 (de l'Hégire...)
On peut aussi, si on veut, dire "30 et 31 mars 2019 de notre ère" (ou même, si on peut, "après J.C. pour 'Jésus Christ' ")
C'est en effet à cette date que le Serviteur d'Espérance (comprendre l’Évêque de Rome, comprendre le Pape) rencontrera -en tant que "serviteur", donc- le Commandeur des Croyants (comprendre le Chef des Musulmans -les autres religions étant donc composées de "mécréants", qui ne pratiquent pas la vraie religion)
On pourrait dire les choses plus simplement: le Commandeur a convoqué un de ses Serviteurs...
Ironie du sort, coïncidence significative ou prophétique, ignorance de l'Histoire du christianisme ou provocation islamo-papale... 31 mars 1146, Saint Bernard, abbé de Clairvaux et conseiller des souverains, l'un des plus illustres "piliers de la chrétienté", lance depuis la colline de Vézelay un vibrant "appel aux chevaliers et souverains d'Occident" en présence du roi Louis VII et de la reine Aliénor d'Aquitaine, devant plus de 100.000 personnes du petit peuple des fidèles et de tout ce que la France compte de noblesse et de seigneurs, de hauts dignitaires, de gens d'église, de chevaliers... C'est le début de la deuxième croisade.... (31 mars 2019, au Maroc, le pape visite le chef ultime des adorateurs de Mahomet, visite l'institut où sont formés imams et prédicateurs musulmans et réaffirme sa solidarité et sa compassion avec les migrants et les clandestins)

| (certains ont cru voir, dans ce logo papal, une croix chrétienne, un peu chétive, enserrée entre les branches à la fois dominatrices et menaçantes d'un croissant musulman - pourquoi pas ?) |
Pour la gloire de l'islam et des migrants - d'après Vaticannews:
Le 30 et 31 mars prochain le Pape se rendra à Rabat au Maroc. Mgr Cristòbal Lòpez, archevêque de Rabat, appelle les fidèles à se préparer à l’accueillir comme "Pasteur universel"(sic) (...) Concrètement, les diocésains se préparent à la rencontre du "Père de tous les chrétiens catholiques" (re sic) en méditant à partir de fiches portant notamment sur "le dialogue interreligieux..."
Le programme du samedi sera très dense, avec la visite au Roi Mohammed VI au Palais Royal, le discours depuis l’esplanade de la mosquée Hassan au peuple marocain, aux autorités et au corps diplomatique, la visite du mausolée du Roi Mohammed V et de l’institut Mohammed VI où sont formés les imams et prédicateurs, et enfin une visite à la Caritas diocésaine où aura lieu une rencontre avec les migrants et ceux qui leur viennent en aide.
Le dimanche matin, il se rendra au centre rural des services sociaux de Témara, avant la rencontre avec le clergé catholique et les religieux à la cathédrale de Rabat.
Il est aussi rappelé, sans surprise, par le "Saint-Siège" qu'"Il s’agit aussi d’une occasion de réaffirmer le soutien du pape François au Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies adopté à Marrakech en décembre dernier et d’appeler à nouveau la communauté internationale à œuvrer avec responsabilité, solidarité et compassion vis-à-vis des migrants”. le même communiqué précise que "Ce voyage apostolique sera aussi marqué par la rencontre du Souverain Pontife avec les chrétiens vivant au Maroc (précision nécessaire ?), dans une parfaite harmonie et liberté de culte, au service de la paix, de la tolérance et de la fraternité"
Un enthousiasme chaudement partagé par le Muslim Post
On est loin de 2006 et du rappel de l’ambassadeur marocain au Vatican suite aux propos du pape Benoît XVI. A l’époque, le souverain pontife avait paraphrasé l’empereur byzantin Manuel II Paléologue et affirmé que le Prophète n’avait apporté que "des choses mauvaises et inhumaines." Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Et l’arrivée de François au Vatican a permis au petit Etat (sic) de créer de meilleures relations entre chrétienté et Islam. "Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix", avait-il ainsi dit en 2014, avant d’indiquer, deux ans plus tard : "Si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique.
Quels seront les thèmes abordés lors de ce voyage au Maroc ? Il sera d’abord question de liberté religieuse dans le royaume (???). Mais aussi de la question migratoire (!!!): l’archevêque de Rabat indique que l’Eglise s’occupe des migrants avec de nombreuses initiatives. "Au Maroc, nous avons alloué 1,5 million d’euros et établi un programme pluriannuel, ‘Kantara’, qui assiste des milliers de migrants". Le pape devrait enfin mettre l’accent sur le dialogue interreligieux.
... à tel point qu'il est presque difficile de faire la distinction entre la presse vaticane et le presse mahométane... (si ce n'est, chez l'une des deux, la façon d'écrire "...chrétienté et Islam..." avec un emploi assez partisan de la lettre majuscule... -quoi que ...)
Mais bon, jusque-là, on pourrait croire à un jeu diplomatique courtois afin de ménager toutes les sensibilités. Y compris les plus chatouilleuses...
... mais, en même temps, on peut lire ailleurs:
La "Coordination des chrétiens marocains", une communauté ultra-minoritaire dans ce pays musulman à 99 %, a appelé jeudi les autorités à garantir à tous la liberté de culte, à quelques jours de la visite du pape François: "Nous renouvelons l’expression de nos aspirations aux libertés de base dont nous, chrétiens marocains, sommes encore souvent privés (...) Parmi ces droits, la liberté du culte public, le droit au mariage ecclésial ou civil, les rites funéraires chrétiens ou l’éducation des enfants (...) Nous appelons aussi les autorités marocaines à ne plus faire subir des pressions aux Eglises officielles du pays, dont l’Eglise catholique au Maroc, dans le but de les dissuader d’accueillir ceux qui choisissent la voie du christianisme." (j'ignore si le pape aura à cœur de s’immiscer dans les affaires intérieures d'un pays libre et démocratique indépendant: on ne peu pas, à la fois, pleurer sur les musulmans rohingyas harcelés par les hindous et s'occuper du sort des cathos un peu partout dans le monde islamique, hein ?...)
L'hypocrisie et le mensonge deviennent flagrants quand le "pape" François et ses adorateurs osent prétendre que sa visite s'inscrit dans "une longue et fructueuse tradition de dialogue avec l'islam" initiée il y a tout juste 800 ans par Saint François d'Assise en visite d'Amour, de Tolérance et de Paix chez le sultan Malik al-Kamil ("le Parfait")...
| Pauvre Saint François, trahi jusque par les siens... On peut en effet lire sur le site des frères franciscains : |
| "Il est en effet inspirant de constater que même au Moyen-Âge, au temps de François d’Assise, des chrétiens ont voulu établir des relations harmonieuses avec d’autres religions, en particulier avec l’Islam (...) Si François d’Assise était allé rencontrer le Sultan dans l’idée de le voir convertir vers la religion chrétienne, il y a dans sa démarche une volonté de réconciliation et de paix. Et encore plus réconfortant, c’est que nous pouvons appliquer à notre temps les leçons de cette rencontre profonde, pleine d’humanité et de tendresse (...) Les Franciscains souhaitent contribuer à l’éveil des jeunes sur l’existence d’autres cultures, d’autres religions que l’on se doit de respecter." (source) |
En fait...
Au risque de sa vie et de celle de ses compagnons et en pleine croisade, le but de François d'Assise était, non pas d'entamer un dialogue "d'espoir", d'amitié réciproque et de compréhension mutuelle, mais d'essayer de convaincre le sultan d’abandonner l'impitoyable domination musulmane sur les lieux saints et de stopper les cruautés infligées aux chrétiens autochtones ou aux croisés venus libérer les Lieux Saints du Christianisme placés sous une domination mahométane impitoyable. Les chroniqueurs de l'époque signalent qu'à leur arrivée François et ses compagnons se firent "saisir brutalement par les Sarrazins, avec haine et cruauté, injurier, rouer de coups...", ce qu'avait pressenti le Saint en disant qu'ils se retrouveraient "comme des brebis au milieu des loups"... rien à voir, donc, avec de gentilles palabres philosophico-métaphysiques
François d'Assise a lui-même, dans une de ses Méditations, conclu ainsi de sa visite chez le sultan Malik al-Kamil: "Les frères qui s’en vont parmi les musulmans et autres non-chrétiens peuvent envisager leur rôle spirituel de deux manières : ou bien, ne faire ni procès ni disputes, être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu, et confesser simplement qu’ils sont chrétiens... Ou bien, s’ils voient que telle est la volonté de Dieu, annoncer la Parole de Dieu afin que les non-chrétiens croient au Dieu tout puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur de toutes choses, et en son Fils Rédempteur et Sauveur, se fassent baptiser et deviennent chrétiens..." un texte dont 'notre' François semble n'avoir pas eu connaissance ou dont il aurait fait un usage, certes hygiénique, mais assez peu catholique.
hors-sujet, mais pas trop, en parlant d'hygiène pontificale:
Le pape retire sa main pour empêcher les pèlerins d’embrasser son anneau papal:
| La bague du pape est un symbole de la relation forte entre le pontife et son Eglise. L’embrasser est un moyen d’exprimer sa loyauté envers le rôle joué par le Pape et de témoigner sa confiance en lui. (peut-être un reste d’honnêteté... ne pas vouloir abuser de la loyauté naïve de ses quelques derniers fidèles ?...) |
S'il s'agit d'une mesure d'hygiène, il a bien changé, notre "Saint Père", apostolique et romain:
|
A l'occasion du Jeudi Saint, le pape François a lavé et baisé les pieds de douze personnes, des migrants de confession chrétienne, hindoue et musulmane, comme le fit Jésus avec ses disciples avant la Cène. |
| (...Vous serez peut-être, comme moi, étonnés d'apprendre que Jésus avait "lavé les pieds des musulmans", avant la Cène...?) |
Si vous avez lu jusque-là et que vous avez encore un peu de temps devant vous, je ne résiste pas au plaisir de vous re-proposer (voir ici) cette "interview (presque) imaginaire de Saint François d'Assises" par Aldo Maria Valli, journaliste et écrivain catholique italien, à la suite du précédent voyage ("comme un frère"...) du "Saint-Père" aux Émirats arabes-unis afin de participer à une "conférence mondiale sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune" organisée par le "Conseil Musulman des Sages", présidé par son ami, le cheikh Ahmed Al Tayeb, recteur et grand iman de l'université Al Azhar du Caire...:
- Bonjour, saint François.
- Bonjour à toi. Que le Seigneur te donne la paix.
- Pareillement. Puis-je vous poser une question?
- Je t'en prie....
- C'est à propos de François.
- François?
- Oui, le pape François.
- Le pape François ?
- Oui, Jorge Mario Bergoglio: le Pape François.
- Ah ?!
- Qu'est-ce qu'il y a?
- Rien, rien. Donc, tu voulais savoir...
- Voilà, saint François, je voulais vous demander un jugement sur un passage de la Déclaration signée par François et le Grand Imam.
- Ils ont signé une déclaration ?
- Oui, à Abu Dhabi.
- Où est-ce? Près de Damiette?
- Pas vraiment. Mais ça n'a pas d'importance. Le fait est que dans la déclaration...
- J'imagine que le pape, pour témoigner de sa foi, a voulu entrer dans un grand feu, comme je l'ai fait en 1219 ....
- Pas vraiment, saint François. Aucun feu.
- Comment donc?
- Eh bien, vous savez, cela ne se fait plus.
- Oh, quel dommage. Et alors?
- Et donc le Pape et le Grand Imam ont signé cette Déclaration...
- Oh, bien. Le Grand Imam s'est converti au christianisme....
- Hum, pas vraiment...
- Mais s'il a signé...
- Oui, il a signé, mais pour dire qu'il est d'accord sur le dialogue, la coexistence, la tolérance...
- Et le pape n'a pas demandé au sultan....
- Au Grand Imam....
- Oui, d'accord, il n'a pas demandé au Grand Imam de se convertir à l’Évangile ?
- Euh, non....
- Comment cela?
- Non, cela ne se fait plus....
- Oh, c'est étrange ! Mais le pape ne devrait-il pas annoncer l'Évangile à tous les hommes?
- Oui, mais là, voyez-vous, il y a la question du dialogue...
- Je ne comprends pas. Moi, j'avais un désir ardent: aller chez le sultan, prêcher la foi chrétienne aux musulmans et montrer une volonté totale de mourir pour Christ. C'est pourquoi j'ai rejoint l'armée croisée...
- Euh, je m'excuse, saint François....
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Aujourd'hui, ce n'est pas bien de parler de l'armée croisée...
- Oh, c'est étrange ! Quoi qu'il en soit, disais-je, c'est pourquoi je suis allé là-bas, chez le prince musulman, et il m'a écouté volontiers. Mais quand je lui ai demandé de se convertir avec tout son peuple, il a hésité. Alors je lui ai proposé d'allumer un grand feu et je lui ai dit: "Moi et tes prêtres entrerons dans le feu et ainsi tu pourras savoir quelle foi est la plus certaine et la plus sainte." Mais les prêtres musulmans se sont enfuis. Et puis j'ai dit: "Je vais entrer dans le feu et si je sors indemne, tu te convertiras", mais il n'a rien voulu savoir à ce sujet.
- Je connais l'histoire, saint François. Mais maintenant, j'aimerais vous demander quelque chose.
- Oh, oui, bien sûr, demande...
- Il s'agit ici d'une phrase de la Déclaration, où il est dit: "Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine".
- C'est ce qu'il dit ?
- Oui.
- Oh, très bien. Je n'ai jamais rien entendu de tel. Donc, si je comprends bien, si la diversité des religions est la volonté de Dieu, moi, chrétien, je n'ai pas besoin de prêcher l’Évangile.
- C'est un peu cela.
- Mais si je ne prêche pas l’Évangile, quel genre de chrétien suis-je?
- C'est exactement ce que je voulais vous demander, cher saint François.
- Eh bien, je suis surpris. Je suis allé parmi les infidèles....
- Euh, saint François, s'il vous plaît....
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Infidèles, eh bien, on ne doit pas le dire....
- Oh, très bien. Et pourquoi?
- Parce que ça ne va pas. Vous savez, le dialogue, le respect...
- Eh bien, j'y suis allé pour conquérir la palme convoitée du martyre, pas pour signer... comment dites-vous ?...
- Une déclaration.
- Voilà, pas pour signer une déclaration. Dans laquelle, en outre, il est écrit que ne pas être chrétien est la sage volonté de Dieu.
- Mais vous devez comprendre que les temps ont changé...
- Les temps... les temps. Mais la foi ne peut pas changer. Prêcher le Christ est notre devoir, en particulier aux Sarrasins....
- Euh, saint François, s'il vous plaît....
- Qu'y a-t-il encore?
- Les Sarrasins.... on ne peut pas dire cela.
- Oh, quels mots dois-je utiliser alors ?
- Ceux du dialogue, du respect....
- Dialogue ? Respect ? Mais vois-tu les gardes du sultan nous ont attaqués, nous ont battus avec des bâtons, nous ont mis enchaînés, et j'ai été forcé de crier pour les faire fuir !
- Autres temps, saint François. Maintenant, il y a la tolérance.
- Eh bien, c'est possible. Quoi qu'il en soit, j'ai dit clairement au Sultan: "Ce n'est pas par l'homme, mais par Dieu que nous avons été envoyés pour vous montrer, à vous et à votre peuple, le chemin de la santé et de l'annonce de l’Évangile".
- Donc, cher saint François, je crois comprendre que la Déclaration signée ne vous plaît pas...
- Je ne sais pas quoi te dire. Elle me semble étrange. Mais le pape, après, il est resté?
- Bien sûr. Pourquoi cette question?
- Parce que moi, j'ai mis les choses au clair: "Je resterai...", ai-je dit au Sarrasin...
- Saint François, s'il vous plaît....
- Ah oui...on ne doit pas dire sarrasin.
- Merci.
- J'ai donc dit au sultan : "Je resterai volontiers avec toi, si toi et ton peuple vous convertissez au Christ". Mais je ne pense pas que le pape ait demandé quelque chose de ce genre, non?
- Non, en fait....
- Et puis, quand le sultan m'a critiqué pour la sainte entreprise...
- Sainte entreprise?.....
- Oui, la croisade.
- Saint François, soyez gentil, nous ne pouvons pas appeler la croisade "sainte entreprise".
- Oh, très bien. Et pourquoi?
- Le dialogue, le respect....
- D'accord. Quand le sultan m'a critiqué pour la croisade, j'ai répondu avec fermeté: "Les chrétiens vous attaquent à juste titre, vous et la terre que vous avez occupée, parce que vous blasphémez le nom du Christ et éloignez de son culte autant de personnes que vous pouvez. Mais si vous vouliez connaître le créateur et rédempteur, le confesser et l'adorer, ils vous aimeraient comme si vous étiez eux-mêmes."
- Mais saint François....
- Qu'y a-t-il encore?
- C'était une autre époque.
- Et d'autres chrétiens, à ce que je vois.
- Peut-être. Quoi qu'il en soit, merci pour cette interview.
- Il n'y a pas de quoi. Que le Seigneur te donne la paix.