• Victor ? voyons...!


    AVERTISSEMENT

    Ce poème de Victor Hugo publié en 1828 dans son recueil "Les Orientales", nous raconte le dialogue entre une jeune fille dont le voile s’est ouvert un instant en revenant du bain, et ses quatre frères qui la poignardent pour ce "crime" ; bien entendu, il n'est publié ici qu'à titre de curiosité littéraire et historique.

    Toute ressemblance avec des faits ou des personnes existant ou ayant existé ne saurait être que fortuite

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Voile

     

       La sœur 
    Qu'avez-vous, qu'avez-vous, mes frères ?
    Vous baissez des fronts soucieux.
    Comme des lampes funéraires,
    Vos regards brillent dans vos yeux.
    Vos ceintures sont déchirées.
    Déjà trois fois, hors de l'étui,
    Sous vos doigts, à demi tirées,
    Les lames des poignards ont lui.
     
       Le frère ainé
    N'avez vous pas levé votre voile aujourd’hui ? 
     
       La sœur
    Je revenais du bain, mes frères,
    Seigneurs, du bain je revenais,
    Cachée aux regards téméraires
    Des giaours et des albanais.
    En passant près de la mosquée
    Dans mon palanquin recouvert,
    L'air de midi m'a suffoquée :
    Mon voile un instant s'est ouvert.
     
       Le second frère 
    Un homme alors passait ? Un homme en caftan vert ? 
     
       La sœur
    Oui… peut-être… mais son audace
    N'a point vu mes traits dévoilés…
    Mais vous vous parlez à voix basse,
    A voix basse vous vous parlez.
    Vous faut-il du sang ? Sur votre âme,
    Mes frères, il n'a pu me voir.
    Grâce ! tuerez-vous une femme,
    Faible et nue en votre pouvoir ?
     
       Le troisième frère
    Le soleil était rouge à son coucher ce soir. 
     
       La sœur
    Grâce ! qu'ai-je fait ? Grâce ! grâce !
    Dieu ! quatre poignards dans mon flanc !
    Ah ! par vos genoux que j'embrasse…
    O mon voile ! ô mon voile blanc !
    Ne fuyez pas mes mains qui saignent,
    Mes frères, soutenez mes pas !
    Car sur mes regards qui s'éteignent
    S'étend un voile de trépas
     
     
       Le quatrième frère
    C'en est un que du moins tu ne lèveras pas ! 
     
     
      source:  Poésie française.fr 
     
     
     
     

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    (hors sujet)
     
     
     
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  • Commentaires

    1
    Samedi 9 Septembre à 17:02

    Sacré Victor ! Et en plus le poème est beau.

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