• Rentrée littéraire...

    Entre deux coups de gueule, un petit coup de cœur...

    Juste comme ça, entre deux articles grognons, pour se détendre et peut-être pour vous donner envie de lire ces deux romans que je viens de re-re-re-relire encore une fois...

    Hors-sélection "Nyssen-Bern/patrimoine"

    • "Les Étoiles de Compostelle": un long "chemin initiatique", à la fois mystique et quotidien, théorique et pratique, aux côtés d’un vieux druide charismatique érudit et des compagnons bâtisseurs du Moyen-Age, pour et par un jeune villageois bourguignon.
    • "Les Pierres sauvages": le "journal de bord" d'un moine cistercien qui a été chargé par son ordre de reprendre et de terminer, malgré d'énormes difficultés humaines, techniques et financières la construction de l'abbaye du Thoronet, en Provence.

    Deux livres très différents, par les personnalités ou l'expérience et les styles d'écriture de leurs auteurs respectifs, par les périodes concernées -plus d'un siècle d'écart-, par les œuvres réalisées par les bâtisseurs médiévaux -une abbaye cistercienne de pureté et de simplicité qui deviendra l'une des "trois sœurs provençales" et les chantiers fabuleux des grandioses cathédrales gothiques qui vont couvrir la France-, par la diversité de caractères et de motivations des personnages principaux et par leurs destins réciproques apparemment humainement opposés, mais assez semblable spirituellement.

    Deux livres très différents, l'un est une œuvre de pure imagination basée sur des traditions séculaires universelles, l'autre se présente comme un document apocryphe quasi-technique écrit par un personnage historiquement existant, mais deux livres qui parlent de la même foi, de la même ferveur et aussi des mêmes efforts, des mêmes peines et des mêmes joies de tous ceux qui ont façonné la France, ses monuments et sa culture et ses traditions...

     

     

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    Les étoiles de Compostelle - Henri Vincenot

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    Présentation de l'éditeur

    Membre d'une communauté civile d'essarteurs (défricheurs de forêts) du Pays éduen -en Bourgogne du Sud Morvan-, Jehan le Tonnerre sort de sa forêt natale, s'approche du chantier de construction d'une abbaye. Sa curiosité lui vaut d'être bientôt enrôlé dans l'équipe des Compagnons constructeurs: les mystérieux "Enfants de Maître Jacques" et les non moins étranges "Pédauques". Il va petit à petit, par une initiation théorique et pratique, devenir "frère constructeur" à son tour et s'élancer sur les chantiers de ce qui sera, un jour, les grandes cathédrales.
    Avec une précision hallucinante et un sens profond du merveilleux mystique et poétique, Henri Vincenot restitue dans ce livre et à travers les tribulations de son héros la foisonnante influence celtique sur l'art roman et gothique et sur... le tempérament français.

    Extrait

    Jehan lui dit encore une fois de toutes ses forces.
    "Alors ? C'est pour voir ces cailloux que tu m'as fait faire six cent lieues ? 'Tu verras, tu verras !' Et qu'est-ce que je vois ? hein ? 'Tu trouveras la Connaissance !' Et qu'est-ce que je trouve ? hein ? Qu'est-ce que je trouve ?"
    Le prophète transperça Jehan d'un regard qui semblait aller se perdre, à travers lui, puis d'une voix terrible :
    "Mais, c'est toi que tu as trouvé, couillon ! Maintenant tu sais que tu peux tout vaincre, le froid, le chaud, la fatigue, l'ignorance et la méchanceté ! Tu n'as qu'à vouloir ! Le courage ! Ton seul courage : la voilà la Révélation ! Et ne compte jamais que sur tes doigts, couillon !"


     

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    Les Pierres sauvages - Fernand Pouillon

    Rentrée littéraire...

     

    Présentation de l'éditeur

    Ce roman se présente comme le journal du maître d’œuvre qui, au douzième siècle, dirigea en Provence la construction de l’abbaye du Thoronet, exemple d’architecture cistercienne. La vie d’un chantier médiéval, les problèmes techniques, financiers ou doctrinaux que posait sa bonne marche, les solutions d’une étonnante modernité qui leur furent données apparaissent ici bien peu conformes à ce Moyen-Âge de convention dont l’image encombre souvent nos mémoires. Cependant, cette vivante chronique de la naissance d’un chef-d’œuvre, appuyée à la fois sur des recherches historiques originales et sur une longue expérience du métier de bâtisseur, est aussi une réflexion passionnée sur les rapports du beau et du nécessaire, de l’ordre humain et de l’ordre naturel. Et elle est encore une méditation lyrique sur l’Ordre en lequel tous les ordres ont leur place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l’architecture.

    Mais elle est, d'abord, un acte de foi.

    Extraits

    "Tout artiste agissant, a, dans sa mine de plomb, son pinceau, son burin, non seulement ce qui rattache son geste à son esprit, mais à sa mémoire. Le mouvement qui parait spontané est vieux de dix ans ! De trente ans ! Dans l'art, tout est connaissance, labeur, et ce qui peut surgir en un instant a mis des années à cheminer"

    "Quelle que soit l'étendue de ton savoir, il te manquerait toujours, pour atteindre à la plénitude de la sagesse, de te connaître toi même...."

     

     

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    Pause musicale

    Tailleur de pierre

    (P. Fane - "Octàn")

     

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    Marche des Tailleurs de pierre

    (Tammles)

     

     

     

     Pour aller plus loin...

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    Viollet-le-Duc:

    Dictionnaire raisonné de l’architecture française

    du XIe au XVIe siècle

    sur Wikisource dont

    "tome 4" (constructions civiles et religieuses)

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Août à 09:42
    Pangloss

    J'ai lu, il y a déjà longtemps, l'ouvrage de Vincenot. Je vais peut-être le relire si je le retrouve dans une de mes caisses.

      • Lundi 27 Août à 13:08

         

        C'est une excellente idée...

        Par contre, je vous déconseille je vous interdit  wink2 (sauf peut-être en cas de long et monotone voyage en train et d'insomnie chronique) de lire "Le pèlerin de Compostelle" de l'inénarrable Paulo Coelho qui explore tout ce qui est ésotérique et qui fait frissonner sans risque un très large public, depuis les Alchimistes jusqu'aux Hippies en passant par un certain Guerrier de Lumière et une Sorcière tzigane aux super-pouvoirs... entre autres facéties !

        Un peu un Lobsang Rampa "new-age" et "occidental"

        Ou, sinon, auparavant, il est bon de consulter (3 minutes...! pour découvrir une vie de gourou spatio-temporel) cet ouvrage d'initiation à l'Initiation ("I" majuscule...)

        (par deux auteurs de "thrillers" pas déplaisants, par ailleurs)

         

    2
    Souris donc
    Lundi 27 Août à 14:27

    Compostelle : lire Jean-Christophe Rufin  Immortelle Randonnée, Compostelle malgré moi. Réédité avec photos.

    Toujours de J-C Rufin, Check-Point, sur la faune des ONG.

    Encore de lui : Le parfum d'Adam, sur l'arnaque des verts.

    Et moi, je peine sur L'Etonnant Pouvoir de la Musique. Marie-Noëlle Vidal. Une pro-migrants inconditionnelle, "Pour la défense du droit d'asile". On peut être contralto érudite et chiante. Blog : http://voixpointcomme.fr/

     

      • Lundi 27 Août à 17:00

        J'ai lu "Le parfum d'Adam"... mais pas "Immortelle Randonnée", il y a une près d'un vingtaine d'années j'avais envisagé de "faire" le pèlerinage avant qu'il ne devienne une mode sportive, touristique et parfois un peu "people", je n'ai pas pu pour plusieurs différentes raisons, mais je n'ai aucun regret en voyant ce que c'est trop souvent devenu !.. A cette époque j'ai lu de nombreux témoignages, récits et documents, dont l'incontournable Barret et Gurgand "Priez pour nous à Compostelle" qui était épuisé et non réédité; depuis la passion du sujet m'a un peu quittée...    J'ai juste trouvé à un certain moment dommage que "La Route de Compostelle", le roman de Jacques Dufilho soit toujours quasi introuvable...

        Je n'ai pas lu non plus ça:

         

        du triste sire Étienne Liebig ...

         

      • Mardi 28 Août à 14:04

        En parlant de Compostelle...

        J'avais commis, il y a plus d'un an, trois mois après le vernissage de mon blog, un (trop) long article d'humeur resté (très) confidentiel sur le sujet, dans lequel je déplorais le sort malheureux fait à St Jacques au nom du "vivre ensemble":

        ( c'est là: Impostures vers Compostelle.. )

        La statue du Saint, aidant les catholiques à repousser les sarrasins lors de la Reconquista espagnole "n’est pas la plus adéquate pour représenter l’esprit actuel de l’église", donc pour ne pas choquer les mahométans qui viendraient se recueillir pieusement sur son tombeau, les trois présumés maures que le cheval s’apprête à piétiner ont été longtemps dissimulés au regard des âmes sensibles.            

    3
    Mardi 28 Août à 08:20

    LE PRISONNIER DES CATHEDRALES

    Dans le désert

    Il ne pensait pas aux cathédrales

    A ces vaisseaux lancés à la verticaleCATHEDRALES

    A la fraîcheur de leurs pierres

    Au silence murmuré des prières

    Au soleil sur les vitraux plombés

    Dans la pénombre de morgue

    Aux statues blafardes éplorées

    Racontant des légendes du passé

    Sous le souffle grave des orgues

     

    Dans les cathédrales

    Il avait la nostalgie du désert

    De l'immensité jonchée de pierres

    De l'horizon horizontal

    Se glissant entre ciel et terre

    De la rosace du soleil blond

    De la chaleur pure de l'air

    Sous une voûte bleue de plomb

    Dans le vent aigu du désert                        

    Chagall : vitrail de la cathédrale de Reims

    Loin des dentelles de pierre

    Loin des idoles des chapelles

    Il était né dans le désert

    Où la terre est si proche du ciel

    Où l'homme est si solitaire

    Et se sent si mortel


    Paul Obraska

      • Mardi 28 Août à 13:30

        Un vaste débat entre les tenants d'une sobriété et d'une pureté indispensables au Recueillement et les partisans d'un faste destiné (à priori) à glorifier la Joie et l'Amour à travers une exubérance ostentatoire...

        Certains on payé de leur vie un choix "hérétique" par rapport à la doctrine officielle.

        La "diversité" est énorme entre l'austérité des chapelles romanes et les ors du gothique flamboyant.

        Un peu les deux côtés d'une même médaille (ou d'une même pièce de monnaie, selon les convictions de chacun).

        A rapprocher des églises (réellement sans "âme") plus ou moins contemporaines en béton...

        (église Saint Pient, Saint Agent, Sainte Colombe de Moyenvic - 57630 - "patrimoine du XX me siècle")

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