• Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh ! (M.a.J.)

     Mise à jour importante: Et si tout le monde avait tout faux... Et si monsieur Macron Emmanuel qui exerce les fonctions de "Président de la République Française" voulait, en fait et au lieu de sembler vouloir approuver la "chienlit", commémorer le 30   mai 1968... le discours du Général De Gaulle et l'importante manifestation destinée, dans le respect et la dignité, à lui   démontrer son soutien...

     Bon, c'est vrai... je dis ça, mais je dis rien.

     

    Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !

    Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Alerte info... je ne pense pas qu'il y ait une relation de cause à effet entre le vœu jupitérien évoqué ici et l'information qui vient de tomber: "L'une des figures de la révolte étudiante de mai 68, Jacques Sauvageot est décédé samedi soir à l'âge de 74 ans. Aux côtés d'Alain Geismar et de Daniel Cohn-Bendit, il fut l'un des dirigeants du mouvement de contestation qui ébranla le pouvoir gaulliste... 'L'une des grandes figures de 1968, Jacques Sauvageot #PSU #UNEF, nous a quittés. Emotion', a également tweeté la députée LFI Clémentine Autain."

    Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh ! Monsieur Macron Emmanuel, qui exerce la fonction de "Président de la République Française", souhaiterait commémorer les 50 ans de mai 1968! certainement pour faire plaisir à son ex-professeuse de français qui avait 15 ans à l'époque et qui devait -si ça se trouve- dépaver comme une folle les rues d'Amiens et occuper la Maison de la Culture (inaugurée deux ans auparavant par M. André Malraux en personne); je ne vois pas d'autre raison qui pourrait expliquer cette soudaine crise d'adolescence, lui qui a comme un léger compte à régler avec "les fainéants, les cyniques, et les extrêmes"... Ou encore, ça peut être pour dépenser le budget "cotillons et confettis" et ne pas organiser la célébration de l'Armistice de novembre 1918, (avec ou sans le nouveau Black M et les adhérents de la M.J.C. "Omar Debbouze"). J'hésite encore sur les vrais motifs...

     Mais j'ai quand même comme un doute en admirant cette complicité et cette solidarité...!Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !

     

            

     

     

     

     

     

    La réacosphère, de son côté, commence à s'inquiéter de cette grave question ("faut-il fêter ce cinquantenaire ?" Ou pas ?). Je lui ferais respectueusement qu'on célèbre ce demi-siècle tous les jours grâce aux bonnes gens qui font l'opinion: la presse et les médias, l'école laïque et citoyenne, la justice et la Magistrature, et même le bas-clergé parisien et provincial (ou ce qu'il en reste) et que beaucoup semblent avoir été oublié le pas-si-faux-que-ça: "Celui qui n'est pas de gauche à vingt ans n'a pas de cœur; celui qui l'est encore à (plus de) quarante ans n'a pas de tête." (je crois que c'est G.B. Shaw... (ou Clémenceau... (ou Churchill... (ou Jean d'Ormesson... (ou Eric Zemmour... (ou Socrate... (ou Aristide Briand... )))))),

    68, ce fut un "rat-de-marée" * , mais on peut ne pas m'apercevoir sur cette photo de presse (* la faute, c'est fait exprès...):

    Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !

    En effet, c'est moi qui ne suis pas sur la photo, à gauche et au 143me rang,

    et surtout, pas avec la pancarte, et pas à côté d'Alain Geismar qui était absent de ce défilé.

    A cette époque tout le monde écoutait Marc Ogeret ou Francesca Solleville et prenait Philippe Clay pour un cadavre de dinosaure et les campanules pour des fleurs de la passion (si ça vous donne une idée des mentalités !)... 

    Alors, je dis "D'accord, fêtons mai 68..."

    avec 3 ou 4 œuvres d'art pictural et néanmoins populaire, mais qui n'ont pas fait date (sauf en quelque galerie branchée ?) :

    Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !

     Asger Jorn: affiches lithographiées pour la Révolution de mai 1968

     

    Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !Mêêh, mêh, mêêêh, Paris mêh !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nanou Marange: aquarelle et techniques mixtes "les pavés-la plage"

     

    ...et comme tout finit par des chansons...

    Évariste - "La Révolution" - Chanson de 1969... c'en est presque comique, on dirait du deuxième degré !

    voir l'article  La Révolution

    et deux autres petits chefs-d’œuvre trop vite oubliés:

    l'ami Renaud chante "a capella": "Crève salope" !

    Dominique Grange interprète: "A bas l'état policié" (sic)

    ... n'est pas Jean-Baptiste Clément qui veut !

     

     

    Sinon, entre-autres, j'ai retrouvé cette déclaration (chronologiquement hors sujet, mais pas tant que ça) de Monsieur Pauwels

    Le sida mental

    6 décembre 1986 : éditorial du Figaro Magazine par Louis Pauwels

    Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de Touche pas à mon pote. Ils

    ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement.

    Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire.
    C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposant l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. Osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre .

     

     

    Et pour les plus masochistes (ou les plus curieux -ce qui revient au même-) j'ai aussi parcouru un (très) long article du "Nouvel Économiste paru en 2011 - passages choisis:

    Gueule de bois - L'héritage de Mai 68 n'en finit pas de nous encombrer

    Des étudiants exaltés qui prônent l'avènement d'un monde plus libre, plus égalitaire, plus solidaire. Telle était la vision que l'imaginaire collectif conservait de Mai 68. 45 ans plus tard, force est de reconnaître que le mythe a pâli et que ses idéaux ont vieilli. Plutôt mal d'ailleurs. A commencer par celui de fraternité et de solidarité, recyclé en dictature de la bien-pensance.Version dégradée de l'ancien Peace & Love qui, aujourd'hui, contraint plus qu'elle ne rapproche - jusqu'à donner dans l'inquisition au nom de la liberté individuelle.

    Dans l'intolérance au nom du respect des différences - tout comme la perte de repères qui a succédé au “Ni Dieu ni maître” de la Sorbonne aliène plutôt qu'elle ne libère. Ajoutez à cela les ressorts cassés, de l'éducation et du travail, une idéologie contre-productive de chacun pour soi et d'indignation permanente, et l'on comprendra que beaucoup s'interrogent aujourd'hui sur l'héritage réel de cette révolution qui, il y a quatre décennies, rêvait de liberté et d'égalité.

    Un monde sans règles, une liberté sans limite, un bonheur sans entrave... Sur le papier, il est vrai que ça sonnait bien. Mieux encore lorsque ces appels à des lendemains qui chantent étaient scandés par des hordes d'étudiants battant le pavé de Paris. Mais près de 43 ans plus tard, force est de constater que le lyrisme de Mai 68 a mal vieilli et qu'à ses idéaux pétris de bonnes intentions a succédé une sévère gueule de bois dont les effets n'en finissent pas de se faire sentir. A croire même que plusieurs décennies d'incubation étaient nécessaires pour que l'on appréhende à leur juste mesure les excès de la veille.

    L'individualité au détriment de la collectivité

    Pour Natacha Polony, le pire est de plus en plus sûr, Mai 68 est à considérer comme un point de bascule. Le marqueur symbolique d'un avant et d'un après ; en bien, comme en mal. “Soyons clairs : personne, surtout pas une femme, ne voudrait vivre à nouveau dans la société coincée, rigide et machiste qui précédait Mai 68, déclare-t-elle. Mais ce qui est resté de cette révolution c'est aussi une société de la démesure dans tous les domaines. Une société de l'hyper-consommation, de l'hubris, de l'orgueil infini de gens qui croient que l'individu doit nécessairement l'emporter sur toute forme de collectivité et se construire indépendamment de tout rapport au collectif. Au point que pour moi, Mai 68 a créé des monstres et permis que, aujourd'hui, on assiste à un retour de la barbarie.” C'est dit. Exit les images de jeunes idéalistes exaltés, portés par une sympathique idéologie de fraternité et de liberté ; bonjour l'envers du décor. Celui d'idéaux dévoyés, de ressorts cassés et aussi de mauvaises habitudes contractées.

    L'indignation en lieu et guise d'argumentation

    Autre mauvaise habitude contractée durant la contestation de Mai 68 : le recours à l'indignation comme arme absolue. Tellement absolue qu'elle dédouane de toute autre forme d'argumentation et même, de proposition, jusqu'à aboutir à une forme de révolte essentiellement fondée sur ce qu'Irène Thery appelle une “radicalité dérisoire”. Radicalité parce qu'elle ne fait pas dans la nuance et rejette en bloc – la société, les institutions, les normes, la morale. Dérisoire parce qu'elle se contente de critiquer sans construire. De dénoncer sans proposer. Avec, à l'arrivée, une rhétorique aux accents révolutionnaires, certes, mais aussi une grande naïveté.

    Se vouloir hors de la société, hors du système était très infantile ; de même que se complaire dans une critique de toutes les institutions et de toutes les règles alors que celles-ci étaient à ré-inventer. Pas à éradiquer, résume Irène Thery. Les acteurs de Mai 68 dénonçaient les normes et les rites comme s'il était possible de vivre sans normes et sans rites, alors qu'il fallait parler reconstruction, que d'autres règles du jeu – sexuel, familial, politique… - étaient à définir. Pour la sociologue le constat est sans appel. “Cette naïveté et cette radicalité dans l'expression de la contestation a été extrêmement néfaste.”

    La perte de repères

    Et cet idéal “peace & love” n'est pas le seul à s'être perdu au cours des dernières décennies avant de se retrouver, caricaturé et politisé, dans les diktats de la bien-pensance actuelle. Au rêve d'accession au bonheur individuel véhiculé par “Jouissez sans entrave” et “Soyez réalistes, demandez l'impossible” a succédé une état larvé d'assistanat et de désintérêt pour la collectivité. Quant à l'idéal de liberté porté par les “Ni Dieu ni maître” et autres “Il est interdit d'interdire”, il a débouché sur une véritable perte de repères. Autant de versions dégradées de l'original qui, toutes, illustrent une même réalité. Celle d'un rêve qui a vécu et d'anciens idéaux aujourd'hui dévoyés. Recyclés en nouveaux conformismes ou, pire, en justifications implicites à un nihilisme rampant.Un phénomène classique, pour ne pas dire inévitable, selon le philosophe Bertrand Vergely, auteur, entre autres, de "Retour à l'émerveillement" et de "Petite philosophie du bonheur", pour qui Mai 68 suit tout simplement le schéma classique de toute révolution. “Mai 68, c'est le problème de tout mouvement révolutionnaire qui commence dans la licence et s'achève dans la terreur”, résume-t-il.

    La dictature de la bien pensance

    Autre manifestation de terreur post-révolutionnaire : celle que véhicule la dictature de la bien-pensance, omniprésente dans une société où, résume le philosophe, “la tyrannie de la pensée unique a succédé à un idéal de fraternité”. Une tyrannie qui, elle aussi, se traduit par un état de suspicion permanent puisqu'elle consiste à dénoncer, en continu, toute manifestation supposée de fascisme, de racisme et de machisme et, d'une façon générale, toute entorse aux règles de la pensée unique. “Au point que les anciens de Mai 68 se sont mués en libéraux liberticides.” Au nom du respect de l'individu, cela va de soi.

    La disparition des valeurs

    Une dégénérescence idéologique qui, d'encombrante, devient franchement dangereuse dès lors qu'elle s'accompagne d'une perte de repères. Ce qui est le cas de la société actuelle depuis que, comme le résume Bertrand Vergely, “Mai 68 a tout fait sauter”. Les verrous de la société mais aussi les valeurs, le sens, les critères et tout ce qui, étant considéré comme une norme imposée, se devait de mener tout droit au totalitarisme. Résultat : il n'y a plus ni morale, ni vérité commune ; tout devient multiple, circonstanciel et individuel.

    Quelques décennies plus tard, les effets secondaires de cette traque à l'autorité imposée sont bien visibles. Flagrants même, estime Bertrand Vergely pour qui “la démocratisation de Mai 68 dans la population a débouché sur une confusion totale des valeurs – l'élève vaut le maître, l'agresseur est autant à plaindre que sa victime... - qui se traduit par une disparition des repères et une incapacité croissante à donner un sens à sa vie extrêmement préjudiciable”.

    Normal dans un contexte où les anciens ressorts - de l'éducation, de l'effort, de la famille... - ont été cassés au nom de l'émancipation nécessaire de toute autorité traditionnelle (celle du père, du patron, du professeur, du politique...), sans être remplacés.

    La dégradation de l'autorité

    Un rapport dégradé à l'autorité, pas nécessairement celle qui aliène mais aussi celle qui guide, éduque et, au final, rassure.../...

    Sous les pavés, la peur

    Reste que, pour l'heure, aux rêves de bonheur et de liberté de Mai 68 ont succédé un nihilisme et un totalitarisme du moi peu compatibles avec un projet de société, quel qu'il soit. Et comment

    pourrait-il en être autrement ? Qui dit société dit collectivité ; et ce que Mai 68 a produit, ce sont des individus libres, certes, mais aussi, fondamentalement seuls. “Nous sommes dans un monde où autrui n'existe plus, où il ne faut rien attendre des autres, où le cynisme est de mise au point que s'enthousiasmer, dire “c'est beau”, est perçu comme ringard.” En cause : cette exigence de liberté absolue qui, quatre décennies plus tard, “fait que l'on ne veut plus rien lâcher”., car "dans cette quête de liberté totale héritée de Mai 68, tout ce qui vient de l'extérieur est perçu comme une menace ; voilà comment on aboutit à ce paradoxe effrayant où la phobie du totalitarisme débouche sur une pensée totalitaire et, au final, donne des gens qui ont peur.

    D'autant plus que la pensée soixante-huitarde, ou plutôt ce qu'il en reste, n'est plus celle de l'élite. Elle s'est démocratisée au point de descendre dans la rue, dans les banlieues ; là où, faute de recul sur une idéologie qui date, elle fait des ravages.

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 30 Octobre à 08:28

    et oui, autre époque ! quand on voit ce que sont devenu les " icônes " du moment, on pense à la grosse farce qu ce serait de faire une commémoration 

      • Lundi 30 Octobre à 10:51

        réflexions faites, je me demande si ce ne serait pas une bonne chose de faire cette commémoration en grandes pompes, avec tout ce que l'Hexagone compte de personnalités et d'artistes "engagés": chorégraphes hallucinés, metteurs en scène déjantés, "performers" psychotiques, artistes (comédiens, chanteurs, écrivains... préférés des français) et sportifs cosmopolites, grands témoins nostalgiques et névrosés... et "gens de rien" tout ébaubis et reconnaissants...

        On aurait un joli cliché instantané de la société, après 35 ans de socialisme ou assimilé... intello

         

        (tableau de Jean-Baptiste Beaudelle)

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