• La sœur imaginaire de Marilyn Monroe

    Il me reste encore quelques vieux livres, que je n'ai jamais eu le courage de brûler, qui datent de la période où j'étais gauchiste. Certains sont d'une étonnante actualité.

    (à ce propos voir l'article précédent)

     

    En 1967, paraissait "SCUM Manifesto"

    SCUM pour "Society for Cutting Up Men"

    ("Société pour couper les couilles des hommes")

    de quoi faire passer nos trois "C"* de féministes pour des Demoiselles de la Légion d'Honneur

    * "C" pour "Caroline" (de Haas), "Clémentine" (Autin) et "Caroline" (Fourest)... Je ne me permettrais pas...

     

     la sœur imaginaire de Marilyn Monroe

      S.C.U.M.  

    Vivre dans cette société, c’est au mieux y mourir d’ennui. Rien dans cette société ne concerne les femmes. Alors, à toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilités et celui de la rigolade, il ne reste qu’à renverser le gouvernement, en finir avec l’argent, instaurer l’automation à tous les niveaux et supprimer le sexe masculin.

    ("SCUM" - V. Solanas)

     

    Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (et encore, à peine...)

    Alors que les féministes radicales contemporaines croient qu'elles ont découvert subitement toutes seules, comme des grandes futées, combien elles souffrent, ont souffert mais ne souffriront plus sous le joug d'un patriarcat infâme (un peu comme les écologistes radicaux actuels qui croient avoir inventé la fin du Monde et la peur de la Fin-Du-Monde-Qui-Fait-Peur) je retrouve une trace de ce petit livre, colporté semi-clandestinement à partir de 1967, avant de devenir subitement un best-seller incontournable international tout juste un  an plus tard :

    "SCUM manifesto" - Valérie SOLANAS

    "Scum", en anglais: racaille, pourriture, fumier, raclure... et aussi "SCUM", pour "Society for Cutting Up Men" ou "Société  pour châtrer les hommes".

    Valérie Solanas était "une femme intelligente et folle, prostituée et féministe, intellectuelle et clocharde" pour les uns, "une pute toxico, une barge ayant fait des séjours en hôpital psychiatrique, une taularde incarcérée deux ans" pour les autres. (Elle se prenait pour la sœur imaginaire de Marilyn Monroe et avait tenté de tuer Andy Warhol.)

    Un petit livre d'une soixantaine de pages au format 10X15 cm. que les plus masos des machos (ou machos des masos) peuvent  facultativement mais gratuitement lire ici : (http://1libertaire.free.fr/fem-scum.html)

     

    Je signale simplement aux autres qu'il commence par:

    Grâce au progrès technique, on peut aujourd’hui reproduire la race humaine sans l’aide des hommes et produire uniquement des femmes ; conserver le mâle n’a même pas la douteuse utilité de permettre la reproduction de l’espèce. Le mâle est un accident biologique ; le gène Y (mâle) n’est qu’un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes. En d’autres termes, l’homme est une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital.

    Cellule complètement isolée, incapable d’établir des relations avec qui que ce soit, ses enthousiasmes ne sont pas réfléchis, ils sont toujours animaux, viscéraux, son intelligence ne lui sert qu’à satisfaire ses besoins et ses pulsions. Il ne connaît pas les passions de l’esprit ni les échanges mentaux (...). Emprisonné dans cette zone crépusculaire qui s’étend des singes aux humains, il est encore beaucoup plus défavorisé que les singes parce que, au contraire d’eux, il présente tout un éventail de sentiments négatifs - haine, jalousie, mépris, dégoût, culpabilité, honte, blâme, doute - pis encore, il est pleinement conscient de ce qu’il est et de ce qu’il n’est pas.

    et se termine sur ces mots:

    Les quelques hommes qui resteront sur la planète auront tout le loisir de traîner leurs vieux jours chétifs. Ils pourront se défoncer ou frimer en travelo ou regarder agir les puissantes femmes en spectateurs passifs, essayant de vivre par procuration (un procédé électronique leur permettra de se brancher sur la femme de leur choix et de suivre en détail ses moindres mouvements. Les femmes y consentiront avec obligeance car cela ne leur fera pas le moindre mal et sera une façon particulièrement humaine et généreuse de venir en aide à leurs malheureux compagnons handicapés), ou bien ils procréeront dans les pâturages avec leurs paillassons, ou encore ils pourront se présenter au centre de suicide le plus proche, amical et accueillant, où ils seront passés au gaz en douceur, rapidement et sans douleur.

    Les hommes irrationnels, les malades, ceux qui essaient de nier leur sous-humanité, en voyant les SCUM arriver sur eux comme une lame de fond, hurleront de terreur (...). Les hommes rationnels, eux, ne se débattront pas, ils ne lanceront pas de ruades, ne provoqueront pas de brouhaha pénible, ils resteront sagement assis, détendus, ils profiteront du spectacle et se laisseront dériver jusqu’à leur destin fatal.

    entre les deux, on peut trouver, entre autres joyeusetés:

    LA GENTILLESSE, LA POLITESSE, LA "DIGNITÉ" : Chaque homme sait, au fond de lui, qu’il n’est qu’un tas de merde sans intérêt. Submergé par la sensation de sa bestialité et par la honte qu’elle lui inspire, il ne cherche pas à s’exprimer mais au contraire à camoufler les limites de son être purement physique et son parfait égocentrisme. À cause de son système nerveux grossièrement constitué et bouleversé à la moindre marque d’émotion ou de sentiment, le mâle se protège à l’aide d’un code "social" parfaitement insipide 

    LA PATERNITÉ ET LA MALADIE MENTALE : Si l’enfant veut gagner l’approbation paternelle, il doit respecter Papa, et Papa qui n’est qu’un tas de pourriture n’a pas d’autre moyen d’imposer le respect que de rester à bonne distance, suivant le précepte que "la familiarité engendre le mépris", ce qui est naturellement vrai lorsqu’on est méprisable. En se montrant distant, le Père reste inconnu, mystérieux, il inspire donc la peur (le "respect"). En résumé, le rôle du père a été d’apporter au monde la gangrène de l’esprit mâle. Les hommes sont des Midas d’un genre spécial : tout ce qu’ils touchent se change en merde.

    L’AUTORITÉ ET LE GOUVERNEMENT L’homme, qui n’a aucun sens du bien et du mal, aucune conscience morale (elle ne peut naître qu’avec la faculté de se mettre à la place des autres), qui ne croit pas en lui-même (pour la bonne raison qu’il n’a pas de réalité), compétitif par nécessité et inapte à la vie communautaire par nature, a besoin de direction et de contrôle. Pour cette raison il a mis en place diverses autorités - les prêtres, les spécialistes, les patrons, les chefs, etc. - et institué le Gouvernement.

    LES PRÉJUGÉS (raciaux, ethniques, religieux, etc.) : L’homme a besoin de boucs émissaires sur lesquels il peut projeter ses lacunes et ses imperfections et sur lesquels il peut défouler sa frustration de n’être pas une femme. Les multiples discriminations ont d’ailleurs un avantage pratique : elles accroissent substantiellement la masse de cons disponible pour les hommes qui campent au sommet de la pyramide.

    LA HAINE ET LA VIOLENCE : L’homme est rongé sans relâche par l’amertume de n’être pas femme et d’être incapable d’éprouver jamais aucun plaisir ni aucune satisfaction. Il est ravagé de haine, non de cette haine rationnelle que l’on renvoie à ceux qui vous insultent ou abusent de vous, mais d’une haine irrationnelle qui frappe sans discernement, haine, au fond, dirigée contre lui-même.

     LA MALADIE ET LA MORT : (...) De nombreux savants mâles s'écartent prudemment de la recherche biologique dans leur terreur de découvrir que les hommes sont des femmes plus qu'incomplètes.

     

    Evidemment, Simone de Beauvoir lui a rendu un hommage à sa façon:

     

    Naturellement, pour l'ensemble des médias de gôche, lors de sa première édition française (1968) comme lors des rééditions successives et pour le cinquantenaire de sa parution, il s'agit avant tout et essentiellement d'un pamphlet, mêlant humour, spontanéité, satire, subjectivité, provocation et surréalisme... mais sur un fond d'incontestable problématique sociétale incontournable (éventuellement à recontextualiser).

    Bizarrement, un certain Michel Houellebecq en a écrit une post-face légèrement ambiguë dans l'édition de 1998.

    Étrangement, je me dis que si d'aventure un inconscient aventureux et suicidaire tentait de réécrire le même petit livre, simplement et uniquement  en remplaçant "homme" par "       " ou par "           ", ou même par "     " ou "         ", il n'est pas sur qu'il ait le temps d'en dédicacer de nombreux exemplaires.

     

    Mais la relève est assurée:

    Jenny McDermott, une "célèbre" (?) Youtubeuse féministe a une solution personnelle et radicale pour assurer la survie de l'espèce humaine "Nous devons tuer tous les hommes. J’en ai marre d’être une usine à bébés qui produit plus d’hommes qui me soumettront dans le futur. La solution à cela est de tuer tout homme que vous voyez dans la rue  n’importe quelle bite qui marche [ainsi que les éventuels bébés mâles]. Nous voulons que l’espèce perdure, mais nous voulons qu’elle ne compte que des femmes."

    (parfois, certains féminicides devraient relever de la légitime défense...)

     

     

    Pour mémoire, vous avez peut-être lu: "Violette Morris", "Mme la Présidente" et "les 'Vésuviennes'", ou "Triple con".

     

     

     

    « L'énigme du samedi (02)Il est des nôtres... (+MàJ) »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    1
    Samedi 14 Septembre à 14:54
    Pangloss

    Bigre! Il y en a qui sont sévèrement atteintes.

      • Samedi 14 Septembre à 16:47

        @ Pangloss..!!

        Je croyais faire preuve d'esprit en pensant inventer une expression que je pensais amusante et inédite : "Mais qui aura le courage de dénoncer tous ces androcides commis dans la plus grande impunité ?"

        Pas de pot, le terme existe déjà bel et bien, et wiki précise et explique que "L'androcide est la mise à mort systématique des hommes, des garçons, ou des espèces mâles de façon générale..../...La racine étymologique du mot est dérivé du préfixe grec 'andro' qui signifie 'homme' ou 'garçon', et du suffixe latin 'cide', qui signifie 'tuer'..." C'est raté... à se croire malin...

         

        Ce qui prouve que la belle époque de l'artisanat individuel est bien révolue...

         

    2
    Souris donc
    Dimanche 15 Septembre à 09:35

    Tuer tous les hommes ? Les réduire en esclavage. On connait tous de ces couples où la mégère n'aime rien tant qu'humilier son con-joint en public, surtout lorsqu'il est un universitaire brillant et elle une quasi-illettrée. Les invitations servent à en apporter la démonstration : le pauvre doit cuisiner et débarrasser sous les sarcasmes. Et le couple a l'air solide puisqu'il dure.

    Sado-maso ?

     

      • Lundi 16 Septembre à 10:47

        @ Souris donc...

        L'humiliation privée ou publique est l'arme de destruction fatale par excellence préférée des faibles et des médiocres. Plus qu'une volonté de nuire ou de détruire, c'est plus souvent une façon de refouler son (complexe d') infériorité. Et le terme "esclavage" me semble faible: une bête curieuse exhibée comme un monstre sur les foires ou dans des cirques est plus assimilée à un d'objet qu'à un être vivant... (voir les "expositions coloniales" du milieu XIX et du début du XX siècle).

        Le "racisme" anti-occidental des anti-racistes et des néo-racialistes en est un autre aspect pour des raisons similaires (cliquer pour agrandir l'"intolérable" carte des Q.I. dans le monde)

            

        PS.: Quelqu'un aurait prétendu que "Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet..." Pourquoi pas...? si on en reprend suffisamment et sans modération, on devrait finir par se régaler...

         

    3
    Dimanche 15 Septembre à 10:36

    Il y a deux ans j'avais pieusement recueilli un florilège de citations de féministes radicales dans cet esprit (je ne sais pas si esprit est le mot qui convient).

      • Lundi 16 Septembre à 11:28

        @ Dr WO...

        Sur un de vos précédents articles, un commentateur faisait remarquer que les "réseaux sociaux" ne correspondent en fait qu'à des groupes de quelques dizaines d'individus, on peut élargir cet avis à tout ce qui est "plateformes" et autres "sites collaboratifs", souvent éphémères et confidentiels. C'est certainement le plus souvent exact, mais ces "quelques dizaines d'individu(e)s" fortement motivés et très actifs, évoluent en fait au sein d'une gigantesque galaxie d'autres réseaux a-sociaux...

        C'est bien sur vrai pour les féministes radicales... mais aussi pour les écologistes radicaux (collapsologues, végans, antispécistes, thunbergistes, etc...), les décolonialistes anti-racistes radicaux , les islamistes radicalisés, les pro-migrants radicaux, les LGBTQ+++ radicaux, les laïcistes christianophobes radicaux, etc, etc, etc..., ce qui finit par faire du monde !

        La grande multiplicité et l'activité frénétique de ces réseaux les fait ressembler à une nuée de taons qui tournent autour d'un cheval qui le harcèlent sans cesse et de toutes parts, et finissent par lui imposer un rythme effréné et des directions erratiques, d'autant plus que le cocher semble: soit tombé de son siège, soit une variété humanoïde de ces grosses mouches à miel, soit totalement indifférent à ce qui arrive à son attelage et à ses passagers, soit incompétent et incapable de prononcer quelques mots d'ordres simples comme "hue...ho...dia..."

         

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :