• Ils bâtissent un château-fort

    L'état du patrimoine français a tendance à être plus mergitur que fluctuat... 

    S'il est une chose qui ne passionne guère nos dirigeants(anciens, présents, futurs et autres), c'est bien la sauvegarde et la mise en valeur de nos différent bâtiments publics, militaires ou administratifs, et (surtout ?) religieux, témoins de notre grandeur (tré)passée.

    A propos du "patrimoine bâti", les chances pour notre pays et qui nous arrivent d'un peu partout (enfin, pas tout à fait) ignorent notre histoire, méprisent notre culture et combattent notre religion... Dans ces conditions, pourquoi faire des efforts qui ne seraient pas appréciés, voire combattus ou moqués, par ces nouvelles populations ?

    En ce qui concerne le "patrimoine naturel", c'est un peu différent, beaucoup de personnes compétentes venues de milieux autorisés pensent à juste titre que nos paysages nécessitent une protection écologique, bienveillante et universelle. A la réflexion, je me demande s'il exhiber nos plages de sable fin et nos forêts ombragées n'a pas quelque-chose de stigmatisant pour un migrant réfugié venu de Sibérie ou du désert de Gobi... Mais bon !

    Pour en revenir au "patrimoine bâti", il y a bien quelques chantiers ici ou là:

    - des bénévoles, souvent étudiants en histoire ou en archéologie, qui viennent user leurs genoux sur des graviers pour mettre à jour un tesson de poterie ou un pièce de monnaie. Il y a aussi, parfois, quelques enseignants à la retraite, etc...

    - des TIG (travaux d'intérêt général) envoyés sur site pour avoir agressé une vieille dame ou violé une gamine (ou l'inverse) et qui profitent du bon air de la campagne en rotant les bières piquées au Super-U du coin.

    - des "sponsors", ou des "mécènes" qui, à coup de dollars, de yens et de dirhams, (.... non, ils ne sont pas tous comme ça......)

    Mais il y'a aussi un défi inouï, né d'une idée folle du propriétaire du château de St Fargeau en 1997 : "Et si on bâtissait un château fort selon les méthodes de construction du 13e siècle ?"

    bedeau

    ...Beaucoup d'efforts, de volonté et de modestie, et depuis 20 ans...

     

    ...ils bâtissent un château-fort 

    GUEDELON

    Ils bâtissent un château-fort

    sur Wikipedia (extraits)

    Guédelon ou le château de Guédelon est un chantier médiéval de construction historique d'un château fort, débuté en 1997, selon les techniques et les matériaux utilisés au Moyen Âge.

    Ce projet architectural situé à Treigny dans l'Yonne, dans une ancienne carrière désaffectée au centre d'une forêt et proche d'un étang à une trentaine de kilomètres au sud-ouest d'Auxerre, vise à améliorer les connaissances en castellologie et en archéologie expérimentale. Tout en développant une réflexion du type « art et traditions populaires », il met en scène dans un déroulement réel, la construction d'un programme monumental, ce qui le différencie des parcs à thème.

    La méthode de construction est celle des châteaux de l'époque médiévale construits au XIIIe siècle (plus exactement entre la fin du XIIe siècle jusqu'au début XIVe siècle, en cohérence avec le type d'architecture philippienne), en partant d'un site vierge et en utilisant uniquement des techniques de l'époque telles qu'elles étaient connues en Puisaye dans l'Yonne.

    Le projet de Guédelon est notamment de permettre à l'archéologie expérimentale médiévale l'analyse complète d'un chantier de construction sur le long terme et ainsi d'aller au-delà d'une expérience ponctuelle sur des objets ou des opérations isolées. Dans ce souci du détail, l'utilisation de produits industrialisés est réduite au strict nécessaire, notamment pour des questions de sécurité.

    Le chantier regroupe plusieurs corps de métiers d'« œuvriers » (terme médiéval générique pour désigner les ouvriers) qui travaillent entre trente-huit et quarante-huit heures par semaine, de mars à novembre :

    • les carriers procèdent à l'extraction de blocs de pierre dans la carrière du site. Le bruit des outils sur la roche les renseigne sur la dureté de la pierre et sur son emploi : les roches les plus dures servent de base aux tours, celles de résistance moyenne sont destinées au tailleur, les plus friables et sableuses sont utilisées pour consolider les tours de l'intérieur. À l'aide de ciseaux, ils percent des trous appelés « emboîtures » espacés de 25 cm le long d'une ligne de coupe et dans lesquels ils placent des coins en acier. En frappant ces coins à l'aide d'une masse, la pierre est fendue en blocs pouvant ensuite être travaillés par les tailleurs ;
    • les tailleurs de pierre créent d'abord des « épures » (traces géométriques dessinées à l'échelle 1 sur un plancher) pour ensuite créer des gabarits. Ces derniers sont alors utilisés à l'atelier de taille afin de façonner des pierres utilisées pour la construction du château. Une fois sa pierre terminée, chaque tailleur la grave de marques lapidaires (marque de tâcheron, marque de pose et abreuvoir). Pour une pierre simple (un cube comme pierre de parement de tour par exemple), le tailleur peut en façonner 3 par jour. Pour des pierres sculptées entrant dans des œuvres d'art, il peut mettre plusieurs jours voire plusieurs semaines ;
    • les maçons assemblent les pierres grâce à du mortier fabriqué à partir de mélanges de chaux, de terre et de sable, provenant du travail des chaufourniers puis des gâcheurs ;
    • les bûcherons abattent des arbres (principalement du chêne) utilisés pour la confection de charrettes, de tuiles en bois (des tavaillons) ou plus généralement la couverture des bâtiments ;
    • les charpentiers sont chargés des réalisations en bois du chantier : échafaudages, coffrages pour le soutien des voûtes, portes et pont-dormant. Ils sont également chargés de la fabrication des manches d'outils et d'engins : charrettes, cages à écureuils, treuils à tambour ;
    • les forgerons exercent les fonctions de taillandier (font les clous utilisés pour le pont-dormant et la toiture du château, fabriquent et réparent les outils, notamment ceux des tailleurs de pierre), de maréchal-ferrant (ferrage des animaux et soin), de serrurier (gonds et pentures de portes), de ferronnier (grille de l'oculus dans la tour de la chapelle) et de coutelier (armes blanches, couteaux) ;
    • les tuiliers utilisent l'argile extraite de la forêt pour réaliser les tuiles et les carreaux du château ;
    • le vannier utilise de l'osier pour fabriquer des mannes, gros paniers en osier à 2 ou 4 poignées qui peuvent supporter jusqu'à 30 kg et servent notamment au transport de mortier ou de petits matériaux (sable, terre, petites pierres). La chaux contenue dans le mortier corrode l'osier, d'où le recours fréquent au mannelier, faiseur de mannes. Le vannier réalise également des caisses à outils, des vantaux de volets, des hottes, des ruches ou tresse des nattes de chaume qui amortissent les chocs durant la taille et le transport.
    • le cordier utilise du chanvre, un rouet et un carré mobile pour tresser des cordages plus ou moins longs et plus ou moins gros, selon leurs utilisations.

    Pour reporter les mesures, les « œuvriers » de Guédelon, supervisés par un maître d'œuvre, utilisent tout comme leurs ancêtres la « pige » (bâton gradué), la corde à nœuds, le compas et l'équerre.

     

     Sur le site du château de Guédelon

    Au milieu d'un espace naturel mettant à disposition toutes les matières premières nécessaires à la construction : pierre, bois, terre, sable, argile... des carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, charpentiers, forgerons, tuiliers, charretières, cordier... bâtissent jour après jour un véritable château fort sous les yeux de milliers de visiteurs.

    Ils bâtissent un château-fort

    Ils bâtissent un château-fort 

     

     

    vues du chantier, entre 2000 et 2016

     

     

     

     

    Quel que soit le créneau de réflexion retenu pour aborder ce chantier, Guédelon répond à bien des attentes de l'homme du XXIe siècle ! 

    Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain avant tout.

    De saison en saison, les oeuvriers de Guédelon relèvent ce défi hors-norme. L'enceinte fortifiée, le logis et ses charpentes, la chambre et ses peintures murales, la cuisine et le cellier, les salles de tir et leurs imposantes voûtes d'ogives, une partie du chemin de ronde… ont été réalisés sous les yeux de milliers de visiteurs venus visiter ce chantier unique au monde.

    Qui ne s'est jamais interrogé en visitant un monument sur les techniques de construction des bâtisseurs médiévaux ? D'où venaient les matériaux ? Comment étaient-ils acheminés ? Quels outils étaient utilisés ? Par quels procédés les bâtisseurs montaient-ils les lourdes charges ?

    Guédelon tente au quotidien d'apporter des réponses à toutes ces questions encore en suspens.

    A l'heure où les maîtres mots sont nature et écologie, Guédelon est aussi un espace de construction où le Moyen Âge donne de nombreuses pistes pour les constructeurs verts de demain. Guédelon est un chantier précurseur : ils vous diront tout sur les murs en torchis, l'assemblage de moellons, les murs à la chaux, la fabrication des tuiles de terre ou de bois, l'emploi des pigments naturels, le tressage des cordes de lin ou de chanvre…

    Au démarrage du chantier, nous sommes en 1228. Louis IX, futur Saint-Louis, vient d'être sacré Roi à Reims. Mais trop jeune pour régner, c'est sa mère Blanche de Castille qui assure la régence du royaume jusqu'en 1235.

    Localement, la Puisaye est sous le contrôle du baron Jean de Toucy. Elle est encadrée au sud-est  par le comté d'Auxerre-Nevers sous l'autorité de Mahaut de Courtenay et au nord par le Gâtinais capétien. A l'aube de la sixième croisade, la Puisaye se trouve alors dans une période de relative tranquillité.

    Un hypothétique contexte social : 

    Le commanditaire du château de Guédelon, Guilbert, serait un petit seigneur de Puisaye, vassal de Jean de Toucy, lui-même vassal du roi de France. Son suzerain vient de lui donner l'autorisation de construire son château. 

    Son statut assez modeste dans la hiérarchie féodale et ses moyens financiers limités, l'incitent à faire ériger un « petit » château, loin des dimensions royales des châteaux du Louvre à Paris ou de Brie-Comte-Robert en Seine-et-Marne. On parlera alors de château-résidence pour évoquer Guédelon.

    Aucun vestige, aucune ruine, aucun bâtiment existant. Le futur château de Guédelon est une pure création utilisant les canons architecturaux instaurés par Philippe-Auguste aux XIIè et XIIIè siècle.

    Philippe-Auguste, roi de France de 1180 à 1223, est à l'origine d'une standardisation de l'architecture militaire des châteaux dans les territoires philippiens. Les châteaux du Louvre à Paris, de Yèvre-le-Châtel dans le Loiret ou localement celui de Ratilly ou de Druyes-les-Belles-Fontaines dans l'Yonne en sont quelques exemples.

    Un château dit philippien se caractérise de la façon suivante : un plan polygonal constitué de hautes courtines maçonnées dont les bases sont souvent talutées ; au pied de ces courtines, un fossé sec,  des tours d'angle cylindriques  munies d'archères à ébrasement simple et disposées en quinconce suivant les niveaux ; une tour d'angle, plus haute et plus grosse : la tour maîtresse, un châtelet entre deux tours défensif à l'entrée.

    A cette période, Philippe-Auguste avait initié par le biais de traités, d'alliances et de mariages une politique capétienne d'expansion durable. Ce qui justifie l'adoption en terre icaunaise d'un modèle architectural francilien et non pas bourguignon.

    Ils bâtissent un château-fort

     

    A l'entrée du site, vous trouverez une boutique: des livres d'histoire et d'architecture, des jeux et des jouets, des productions locales: articles en bois, couteaux et divers objets forgés à la main, teintures naturelles, tissage et corderie, etc... ainsi qu'un lieu de restauration rapide, à consommer ou à emporter, et un local abrité (chauffé au feu de bois par grand froid...!) pour pique niquer.

     

     

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