• confinement

    Con finement ou gauchement con ?

    Que faire, si on est un(e) blogueur(gueuse) responsable(e) et militant(e) quand, pandémie mondiale oblige, madame Sibeth Ndiaye nous invite, au nom de la République et de son président, de la Phynance et de la Médecine réunies, à rester à notre fenêtre pour applaudir et encourager l'armée française des soignants qui, assurément, préféreraient quelques boites de masques de protection et quelques flacons de gel hydroalcoolique que les vivats ordinairement réservés à une équipe de foot victorieuse...

    On peut bloguer... entre rage, colère, désespoir, insouciance, désinvolture, ironie ou humour... 

    On peut lire de vieux livres oubliés, écouter de la musique, suivre les actualités, écouter l'herbe pousser et les bourgeons s’entrouvrir, se (re)resservir un des derniers apéros de la journée, etc...

    On peut aussi participer collectivement et citoyennement à l'écriture d'une œuvre impérissable.

    C'est ce que je vous propose. Je commence... Vous continuez, en commentaires ou en réponses au commentaires...

    Tousse ensemble... tousse ensemble... en route pour:

    les aventures d'Helga 

    Helga, 96 ans (et 8 mois), se réveilla de forte méchante humeur, ce matin là, pour la troisième journée consécutive. Les souvenirs des autres réveils des autres matins des autres journées, ou années, ou semaines, consécutives ou pas, restaient englués dans un oubli presque confortable.

    En apercevant Yasmine, l'aide-soignante de jour, gantée et masquée comme un jeune banlieusard, il lui revint soudain que l'EHPAD "les Roses Blanches" où elle continuait de vivoter machinalement avait été mis en "confinage", ou "confinement".... en "quarantaine", quoi... pour dire les choses simplement. 

    Une affiche, punaisée sur la porte de la si mal nommée "salle de repos" lui en rappela la cause : une épidémie soudaine de fémurocolofracturus mondiale : "Pour faire face à l'épidémie qui menace nos pensionnaires, mais aussi leurs visiteurs et notre personnel, les visites sont momentanément interdites et les activités en dehors de l'établissement sont suspendues jusqu'à nouvel ordre, conformément à... etc... etc... demandons... respect... tous... etc..."

    Mais ce n'est pas ça qui travaillait inconsciemment l'esprit de Helga (96 ans et 8 mois).

    Aussi loin qu'elle s'en souvenait, elle n'avait pas reçu de visite depuis lurette, n'avait participé à aucune des sorties proposées aux pensionnaires. Et elle n'avait fréquenté que assez rarement la "salle de repos" (salle de jeu - salle de télévision - salle de réunions) avec les vieilles, comme elle les appelait, pour de brèves mais féroces parties de domino, de petits chevaux ou de nain-jaune...

    Ce n'était donc pas ça... ni bien sûr la crainte du fémurocolofracturus dont elle se sentait immunisée, ayant été contaminée déjà deux ou trois fois.

    C'est en regardant l'heure à la vieille horloge franc-comtoise posée sur sa table de nuit que les raisons de son malaise existentiel lui revinrent, comme en  un flash strident.

    "Le temps est déréglé". Attention... pas le temps qu'il fait quand il fait chaud, ou froid, ou pleuvant, ou soleillé, etc... comme l'affirme l'autre petite pisseuse hollandaise de 16 ans Gratamachinski... Le temps qui passe, pas celui qu'y fait...

    Helga avait noté presque malgré elle dans un coin de son cerveau que, souvent, les minutes semblaient durer une centaine de secondes et les heures une centaine de minutes alors que les journées ne comptaient qu'à peine une vingtaine d'heures ou, inversement que les journées semblaient s'étirer plus longtemps que prévu et que les minutes et les heures passaient à une vitesse inadmissible, pour elle-même en particulier quand, en même temps™, un phénomène bizarrement opposé semblait frapper au hasard quelques autres pensionnaires ou une partie du personnel qui n'avait pas le temps de venir tendre le bassin ou discuter du menu du repas du soir.

    "Le dérèglement temporique"... Bon sang, mais c'est bien sûr...

    confinement

    Et c'est ainsi que naquit, dans un modeste hospice de vieillards au bord de la faillite, le mouvement "striko por la horloĝ" -en espéranto- ("Grève pour la pendule" en français) et que, chaque vendredi, dans toutes les maisons de retraite de la planète et de navarre, des millions de vieilles et de vieux manifestent en silence, en fauteuil roulant ou en déambulateur, et en faisant la grève des parties de de domino, de petits chevaux ou de nain-jaune (et de belote de comptoir)...

     

    à suivre...

    (si vous le voulez bien)

     

     

     

    « "Y sont fous, ces romains..."confinés avec les méchants. »
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  • Commentaires

    1
    Le Page
    Vendredi 20 Mars à 19:45

    Mais, c'est bien sûr..; L'EHPAD a été transféré dans une fusée qui se déplace à la vitesse de la lumière mais pas tout le temps et dans toutes les directions. Du coup, dans cette ambiance spatio-temporelle, une fois le temps passe vite, une autre fois il rallonge. Nos pépères et mémères, fans de la relativité générale, font grève car ils en ont marre que la collation de 16h comprenant jus d'orange ou de pomme et 2 petits beurre ne soit jamais servie à période fixe ce qui a des effets dévastateurs sur leur transit.

     
    What do you want to do ?
    New mail<button id="ffenetremailtobuttonEmail">Copy</button><textarea id="ffenetremailtotextArea"></textarea>

    C'est tout.

      • Vendredi 20 Mars à 21:36

        @ Le Page...!!

        Par contre, dans mon EHPAD favori à moi (Etablissement Hôtelier pour Personnes Alcoolo-Dépendantes) celui qui nous présenterait un jus d'orange ou de pomme à n'importe quelle heure se verrait catapulté à la vitesse de la lumière dans toutes les directions, "façon puzzle", comme on dit.

        clown...

        (par contre, qu'entendez-vous exactement par "New mail<button id="ffenetremailtobuttonEmail">Copy</button><textarea id="ffenetremailtotextArea"></textarea>" ?

         

         

         

         

    2
    Fredi M.
    Vendredi 20 Mars à 20:34
    Votre histoire de temps trop long me rappelle une émission de Daniel Mermet, "Là-bas si j'y suis", dans laquelle il était allé interviewer des petits vieux dans leur maison de retraite. J'avais été frappé par leur réponse unanime : c'est trop long, il faut qu'on parte maintenant.
    De quoi donner à réfléchir à tous les fans de transhumanisme...
      • Vendredi 20 Mars à 21:46

        @ Fredi M...!!!

        TAISEZ-VOUS... malheureux !

        des petits vieux qui disent "c'est trop long, il faut qu'on parte maintenant"....ça pourrait donner d'autres idées  à certains fans du suicide assisté par ordonnateur des pompes funèbres...

        J'espère qu'aucun d'eux ne viendra sur mon blog lire cet article et ce commentaire...ouch

         

    3
    Vendredi 20 Mars à 20:35
    Votre blog ne reconnaît pas le mien.
    Test...
      • Vendredi 20 Mars à 21:51

        @ Fredi M....?

        Qu'entendez-vous par là ?

        je crois que vous avez déjà commenté chez moi, et j'ai de temps en temps commenté chez vous (pas plus tard que tout à l'heure où je suis en attente de modération)

         

      • Vendredi 20 Mars à 22:09
        C'est résolu apparemment !
    4
    Pangloss
    Samedi 21 Mars à 10:42

    L''EPHAD, c'est comme le cimetière: on sait quand on y entre mais on ne sait jamais quand on en sort.

      • Samedi 21 Mars à 11:00

        En ce moment les sorties risquent de s'accélérer.

      • Samedi 21 Mars à 11:10

        @ Pangloss...!

         

        Si on veut ! he

        1. La durée moyenne de séjour en EHPAD reste stable et atteint en moyenne 2 ans et demi .../... le taux de décès en EHPAD est de 22% et représente les 2/3 des sorties. (sources diversses)
        2. La durée d'une concession funéraire "temporaire" varie entre 5 et 15 ans selon les communes, ou peut être "trentenaire", "cinquantenaire" ou "perpétuelle" (je n'ai rien trouvé sur les motifs de sortie)

         

      • Samedi 21 Mars à 11:22

        @ Dr WO...!

         

        C'est pas faux car, en même temps :

        1. Coronavirus : les EHPAD redoutent la mort de 100.000 résidents et réclament en urgence des masques
        2. 11 personnes décédées dans un EHPAD : ces décès ne sont pas comptabilisés dans les victimes de la pandémie

         sources (a priori dignes de foi) :

        1. https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/
        2. https://www.lefigaro.fr/flash-actu/coronavirus

         

    5
    Carine
    Samedi 21 Mars à 14:35
    En tout cas, la copine de la photo semble ne pas avoir de difficultés pulmonaires. Tant mieux !
      • Samedi 21 Mars à 15:02

        @ Carine...!

        Elle fait semblant de souffler...

        Elle a entendu dire par un quelconque homme politique français à la télé  que "La France est en guerre" et, à cause de la distorsion du temps dans son EHPAD, elle se prend pour son mari qui est mort en septembre 1914 en sonnant la charge contre les Frisés avec son clairon...

        pauvre femme.

         

         

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