• A lire avant le vote

    Fin 2017, sortait un livre qui n'a pas suscité, dans les médias, l'écho qu'il aurait pu provoquer. Le site Marianne propose, ces derniers jours, un entretien avec l'auteur:

    Le Néant et le politique: Critique de l'avènement Macron (par Harold Bernat)

    "Autant il est possible de jouer avec son image médiatique, de faire le bon élève devant des agents dociles, de plaire aux flottants qui confondent le réel avec leur image, autant le peuple sensible, incarné, vous rappelle à ce que vous êtes ou n'êtes pas. On ne peut pas tricher avec le peuple, au-delà d'un seuil de fausseté, il vous expulse."

    "Emmanuel Macron sera l’acmé de ce processus de déréalisation politique, un point de rebroussement, l'occasion d'une prise de conscience collective ou le commencement d’une nouvelle ère marquée par la disparition du politique comme capacité collective de se représenter, d’imaginer un ordre symbolique, autre qu’économique."

     

    Présentation de l'éditeur

    On ne compte déjà plus les révélations sur les coulisses de l'avènement d'Emmanuel Macron. Certains voient dans son élection une preuve de la toute-puissance des médias, d'autres, un putsch démocratique orchestré par les forces de l'argent. Dans tous les cas, il faudrait s'enquérir de ce que l'on nous cache. Notre réflexion est aux antipodes de la démarche de ces enquêteurs du spectacle.

    En effet, une des raisons pour lesquelles nous peinons à exercer notre esprit critique, aujourd'hui plus qu'hier, tient à ce que nous refusons de voir ce qui est sous nos yeux. Dans un univers de simulation, les simulacres se précèdent eux-mêmes. Ils ne représentent plus rien, mais font force de loi. Notre attention se perd dans un labyrinthe de signes. Ce qu'ils montrent est à ce point irréel que nous cherchons en vain derrière eux une réalité plus consistante.

    Mais derrière, il n'y a rien. Tout est là, étalé au grand jour. Cette transparence rend les nouvelles stratégies de pouvoir d'autant plus inquiétantes. Macron se fond dans le discours qui s'adresse à lui, prend la forme du réceptacle. Il n'est pas brillant, il est plastique. Il apprend de ses erreurs, se corrige, affine en "se confrontant au réel". Comme un logiciel, il intègre, classe et change de niveau. A côté des anciennes formes symboliques de représentation politique, cette stratégie du vide nous fait entrer dans un univers de simulation binaire, algorithmique, dont Emmanuel Macron est, en France, le premier "0". C'est à ce titre, et à ce titre seulement, qu'il mérite d'être pensé.

    A lire avant le vote

     

    Deux analyses (forcément partiales... ça va de soi...) de cet ouvrage:

    sur "Phrénosphère":

    La célébration du vide, de la médiocrité au mieux -le plus souvent étalage médiatique de la pire imbécillité-, la survalorisation de ce qu’Harold Bernat appelle "la bouillie", le simulacre présenté comme la réalité, ou plutôt la disparition de la réalité même derrière le simulacre, (...), la condamnation de la critique en tant que telle, la criminalisation (symbolique) de la contradiction, de la conflictualité politique et des rapports de forces, et tant d’autres procédés… tout cela culmine en mai 2017 et se cristallise enfin, cela prend un visage et un nom… Emmanuel Macron est le nom de cet appel du néant.

    sur "le blog de Mediapart":

    Nous sommes entrés dans l'ère de la fin de la politique. "Ce qui a disparu du champ politique, faisant s'effacer le champ politique lui-même, c'est le savoir. Non pas celui des soi-disant experts techniciens, ils sont légion, mais celui de la conscience critique (...) Nous sommes entrés dans une période de régression  qui n'a pas d'égale dans le passé, Bernat parle d'un état infra-politique qui est le règne du simulacre et de la simulation."Représenter des idées politiques, un parti, s'inscrire dans une histoire, une filiation idéologique, autant de risques que notre temps ne veut plus courir." (...) Nous sommes parvenus au stade d'un monde unilatéral dans lequel les gagnants retirent aux perdants les mots de leur propre révolte."

     

    NB.: Je ne pense pas que votre libraire habituel puisse vous le commander avant la fin de semaine...Mais je ne pense pas non plus que sa lecture pourrait vous faire changer d'avis, quel qu'il soit.!

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 23 Mai à 20:22
    Pangloss

    Sévère mais juste.

      • Jeudi 23 Mai à 21:09

        @ Pangloss !

        Et pourtant, Macron s'était découvert dès les débuts de la campagne présidentielle, avec des affirmations claires et précises quant à son talent à devenir Président de la République et chef de file (autoproclamé) des eurobéats : 

        en quelques exemples explicites retrouvés sur le JDD

        "La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique."

        "La politique, c’est mystique.[...] C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite." 

        "La politique, c’est mystique. Mais je ne crois pas à la transcendance éthérée. Je ne sépare pas Dieu du reste".

        "Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses."

        ... ou en deux vidéos 

        transcendance et (en même temps) hystérie 

        On était prévenus...

         

    2
    Souris donc
    Samedi 25 Mai à 10:31

    Ajouter machiavélique.

    Gaspard Gantzer reçoit de Bercy tous les documents pour contrer Fillon et les Français Trocadéro en déclenchant le Pénélopegate. Pour assurer la réélection de François Hollande.

    Gantzer remet les documents à son camarade de promo à L'ENA, Emmanuel Macron.

    Lequel trahit F. Hollande, dont il est le Ministre de l'Economie, sans la moindre vergogne. En parvenant à se trouver dans ce face à face inoubliable avec Marine Le Pen.

      • Samedi 25 Mai à 15:34

        @ Souris donc

        Macron doit croire que rejouer une nouvelle fois la même partition du Sauveur Suprême qu'en 2017 face à sa meilleure ennemie personnelle, diabolisée à l’extrême par ses bons soins, va donner le même résultat qu'à la présidentielle... C'est sans compter que le jeune et bel inconnu séduisant de 2017 s'est forgé une solide réputation (mais ne le lui répétez pas...) au cours de ces deux dernières années...

        NB.: dans un des premiers articles de mon blog (créé la veille du triomphe de Notre Président, exprès rien que pour faire enrager Macron et les macroniens), je m'étais interrogé -sans grand succès auprès de mes visiteurs- sur son élection magistrale: "Voilà, ça c'est fait..."...

         

    3
    jean-marc
    Samedi 25 Mai à 12:48

    Il convient donc d'ajouter Critique de l'avènement Macron (par Harold Bernat)

    à la liste des livres à lire impérativement(sujet déjà traité dans votre billet:contes

    rendus). Sans oublier,à mon avis,le livre de l'auteur canadien Mathieu Block-Côté:L'empire du politiquement correct.

      • Samedi 25 Mai à 16:06

        @ jean-marc ?

        Je ne sais pas si un homme politique (ou se considérant ou considéré généralement comme tel) a souvent eu le privilège, en si peu de temps, d'être responsable de l'abattage d'autant d'arbres pour célébrer son passage inattendu parmi les grands de ce monde.

        On peut encore ajouter celui-ci:

        "JE CODE JUPITER :PHILOSOPHIE DE LA RUSE ET DE LA DÉMESURE" par "Démosthène

        "J'ai écrit ce petit pamphlet parce que je désire expliciter ce "nouveau monde", son mystérieux projet dont les réformes en cours, nombreuses, ne laissent entrevoir que la pointe de l'iceberg. Je conçois mon rôle comme celui d'un ethnologue qui a réussi à pénétrer une tribu très exotique, aux moeurs inconnues, et à s'y fondre. À cela près que ce n'est pas des Nambikwara ou des Bonoros dont je vais parler. Mais du groupe qui a pris la direction de l'État français et que j'appellerais les Jupitériens. "

        à lireentretien avec l'auteur "Macron est désormais perçu par beaucoup comme un pervers manipulateur"

         

    4
    jean-marc
    Samedi 25 Mai à 16:15

    Où il est clairement démontré que,dès le 8 mai 2017,Bedeau posait déjà les bonnes questions.Hélas,l'absence de commentaires ce jour-là n'anticipait pas son succès futur.

      • Samedi 25 Mai à 20:20

        @ jean-marc !!

        Bien avant le 8 mai 2017, et durant les quelques semaines de campagne présidentielle, et même au cours des mois qui ont précédé l'élection, il y a eu des tonnes de "mises en garde" sérieuses et recevables (sans effet apparent) contre le système Macron... environ 55 900 vidéos sur Youtube dont:

        https://youtu.be/B7HpXO08FLA

        https://youtu.be/uleVLTFEx3Q

        ... alors, les pressentiments complotistes et anti-progessistes de Bedeau, deux jours après la mise en ligne de son blog...ouch

         

         

    5
    jean-marc
    Samedi 25 Mai à 20:30

    Le Code Jupiter complète parfaitement la collection de bouquins qui percent le mystificateur!

      • Samedi 25 Mai à 20:52

        @ jean-marc :

        ses bons amis, Maurice Szafran et Nicolas Domenach dans leur livre "Le tueur et le poète" ("un poète de la politique... un tueur de la politique...") dévoilent, en toute innocence, un de ses surnoms les plus significatifs: "le boa séducteur"

    6
    Dimanche 26 Mai à 14:18

    On peut concevoir que Macron est le Néant, mais on peut aussi se demander où est l'Être parmi ses opposants.

      • Dimanche 26 Mai à 17:31

        @ Dr WO...

        C'est une bonne question, mais ce n'est pas celle soulevée par les différents auteurs... Certains doivent encore chercher...

        Le fait est qu'il a profité opportunément de la déception des français suite aux deux quinquennats précédents et qu'il a pu user et abuser de cette situation en jouant du "en même temps" et en siphonnant littéralement tout ce que la classe politique, depuis la gauche modérée jusqu'au centre-droite, pouvait compter de personnages compétents ou expérimentés, à défaut d'être intègres, avant de perdre leur reste de confiance auprès des citoyens.

        Ni gauche, ni droite... ni européiste, ni eurosceptique... ni, ni... Le Kennedy français avait tout pour donner l'illusion de dépasser les cloisonnements habituels et masquer pour un temps sa mégalomanie, son fourberie et son amateurisme

        Ses "soutiens" financiers (efficaces: ses frais de campagne électorale furent les plus élevés malgré un manque de trésorerie propre et de nombreux avantages comptables, souvent révélés et démontrés, mais jamais examinés par les commissions ad-hoc) lui permettaient alors de mener une large publicité assurant un triomphe sans péril, mais sans gloire...

        la vidéo (50 mn... c'est long !)

        Voir aussi "Macron, la grande mascarade" de Yvan Rioufol 

         

    7
    jean-marc
    Dimanche 26 Mai à 17:10

    Je ne suis pas du tout sûr que le bouquin de Maurice Szafran et Nicolas Domenach ajoute grand-chose à la connaissance de Macron.

      • Dimanche 26 Mai à 17:55

        @ jean-marc :

        Non... Rien du tout d'essentiel... 

        Sauf qu'au hasard de mes googlitudes, je suis tombé sur l'expression "boa séducteur" qui semble être aussi une bonne description du personnage...

        Une expression que n'aurait certainement pas rejetée le professeur Adriano Segator... (si je peux me permettre d'insister   yes , sans enfreindre la déontologie du code électoral...)

         

    8
    Lundi 27 Mai à 00:01
    Carine
    Cher Bedeau,
    Au vu des votes des copains qui se proclament "nauséabonds", nous ne sommes pas sortis de l'auberge.
      • Lundi 27 Mai à 11:59

        @ Carine...!

        Ceci n'ayant certainement rien à voir avec cela, ou peut-être que si, ou peut-être que non, ou peut-être qu'un peu... je m’apprête à faire un petit papier sur les multiples et variées "petites listes" qui ont largement  contribué à la victoire de la liste menée par Emmanuel Macron

         

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