• 60 ans ('in memoriam')

     

    1er Juillet 1961 - 1er Juillet 2021

     

    «Le pire, c'est qu'on se demande comment le lendemain on trouvera assez de forces pour continuer à faire ce qu'on a fait la veille ? Où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces milles projets qui n'aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l'accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu'il faut retomber en bas de la muraille chaque soir, sous l'angoisse de ce lendemain toujours plus précaire, toujours plus sordide ?... C'est l'âge aussi qui vient peut-être et nous menace du pire... On n'a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie...»

    Louis-Ferdinand Céline - "Voyage au bout de la nuit"  

     

    Louis Ferdinand Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline, est né le 27 mai 1894 à Courbevoie et mort le 1er juillet 1961 à Meudon, connu sous son nom de plume généralement abrégé en Céline, c'est un écrivain et médecin français, notamment célèbre pour "Voyage au bout de la nuit" publié en 1932 et récompensé par le prix Renaudot la même année.

    Il est (presque) unanimement reconnu comme l'un des plus grands novateurs de la littérature du XXème siècle "d’une stature exceptionnelle, au rôle décisif dans l’histoire du roman moderne.../... Céline introduit un style elliptique personnel et très travaillé, qui emprunte à l'argot et tend à s'approcher de l'émotion immédiate du langage parlé" estimait George Steiner. À propos de son style, Julien Gracq dira : "Ce qui m'intéresse chez lui, c'est surtout l'usage très judicieux, efficace qu'il fait de cette langue entièrement artificielle -entièrement littéraire- qu'il a tirée de la langue parlée." 

    C'est un des écrivains français le plus traduit et le plus diffusé dans le monde.

    Il est aussi connu pour son antisémitisme. Il publie des pamphlets virulents dès 1937 (année de la parution de Bagatelles pour un massacre) et, sous l'Occupation durant la Seconde Guerre mondiale, il est proche des milieux collaborationnistes et des services de sécurité allemands. 

    (d'après wikipédia)

    En 2011, "après mûres réflexions", le Ministre de la Kulture de l'époque un certain Frédéric Mitterrand avait estimé qu'"il était de son devoir d'exclure l'écrivain de la liste des célébrations nationales"... Son Président -Nicolas Sarkozy- avait pourtant déclaré quelques années plus tôt : "On peut aimer Céline sans être antisémite, comme on peut aimer Proust sans être homosexuel !..." (ou alors, le ministre avait fait une interprétation potentiellement erronée de cette déclaration...? je n'ose évoquer cette éventualité dictée par une basse rancune personnelle !) Quid de son successeur, ou de sa successeuse, en cette année 2021, 60ème anniversaire de la mort de l'écrivain et 4ème de la Macronie, toujours en quête d'une introuvable Culture française ?

     

    60 ans

    "Le nom de Céline appartient à la littérature, c’est à dire à l’histoire de la liberté. Parvenir à l’en expulser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par-là, c’est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appelle la vie, et se bercer de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu’au souvenir même de la liberté."

    Philippe Muray - Céline

     

    «La dictature des larves est la plus étouffante, la plus soupçonneuse de toutes. Du moment où elles gouvernent tout peut se violer, s'engluer, se travestir, se trafiquer, se détruire, se prostituer... N'importe quelle croulante charognerie peut devenir à l'instant l'objet d'un culte, déclencher des typhons d'enthousiasme, ce n'est plus qu'une banale question de publicité, faible ou forte, de presse, de radio, c'est-à-dire en définitive, de politique et d'or.»

    Louis-Ferdinand Céline - "Bagatelle pour un massacre"   





    « J'aurais pas dit mieux, Président...Je mets ça là, mais, bon...! »

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  • Commentaires

    1
    Pangloss
    Vendredi 2 Juillet à 09:19

    Céline, ça, c'est de la littérature! 

      • Vendredi 2 Juillet à 13:52

        @ Pangloss...!

        Son péché mortel, c'est d'avoir "collaboré avec les boches" et d'avoir été "antisémite". Un autre "grand écrivain" en avait fait autant, sinon pire, mais il lui fut beaucoup pardonné car il était pédé et ami de Cocteau, Sartre, Beauvoir, etc... un dénommé Jean Genet (voir un vieil article : http://aumilieuduvillage.eklablog.com/le-plus-grand-ecrivain-du-siecle-a138500536 )

        rappels :

        - Le peuple juif, bien loin d'être le plus malheureux de la terre, -les Indiens des Andes vont plus au fond dans la misère et l'abandon- comme il a fait croire au génocide alors qu'en Amérique, des Juifs, riches ou pauvres, étaient en réserve de sperme pour la procréation, pour la continuité du peuple "élu ".

        - Le fait que l’armée française, ce qu’il y avait de plus prestigieux au monde il y a trente ans, ait capitulé devant les troupes d’un caporal autrichien, eh bien ça m’a ravi (…) je ne pouvais qu’adorer celui qui avait mis en œuvre l’humiliation de la France."

        - On me dit que l'officier allemand qui commanda le massacre d'Oradour avait un visage assez doux, plutôt sympathique. Il a fait ce qu'il a pu -beaucoup- pour la poésie. Il a bien mérité d'elle […]. J'aime et respecte cet officier.

        - J'aime ces petits gars dont le rire ne fut jamais clair. J'aime les miliciens. Je songe à leur mère, à leur famille, à leurs amis, qu'ils perdirent tous en entrant dans la Milice. Leur mort m'est précieuse [...].Le recrutement s'en fit surtout parmi les voyous, puisqu'il fallait oser braver le mépris de l'opinion générale qu'un bourgeois eut craint, risquer d'être descendu la nuit dans une rue solitaire, mais ce qui nous attirait surtout c'est qu'on y était armé. Ainsi j'eus, pendant trois ans, le bonheur délicat de voir la France terrorisée par des gosses de seize à vingt ans 

         

    2
    Fredi M.
    Vendredi 2 Juillet à 09:30
    Un instant j'ai cru que c'était un billet pour fêter mon anniversaire... :)
      • Vendredi 2 Juillet à 14:05

        @ Fredi M....!

        Je viens de découvrir ça sur votre blog ! (félicitations -on dit souvent ça à cette occasion, je ne sais pas pourquoi, mais bon...!-)

        J'ai une excuse, Wikipédia à la date du 1er juillet 1961 ne mentionne comme naissances que : Kalpa CHAWLA (astronaute américaine bien connue), Carl LEWIS (athlète du même métal) et Diana SPENCER dite DI (princesse de Galles et d'Alfayed).

        Mais ça doit faire drôle de penser que dans votre première inspiration sur cette Terre, il y avait peut-être quelques molécules d'air issues du dernier souffle de monsieur Céline oh ! Non ?

         

      • Fredi M.
        Vendredi 2 Juillet à 14:13
        Parfois je me dis que de Céline j'en suis la réincarnation... En toute modestie bien sûr !
      • Vendredi 2 Juillet à 14:56

        @ Fredi M...!

        Johnny, lui, c'est un scarabée qui est mort le jour de sa naissance et il le porte (le portait ?...) autour de son cou. Toute la différence est là.

         

    3
    Lundi 12 Juillet à 12:18
    Carine005
    Il a tout compris et tout dit, malgré les risques, qu'il connaissait. Le misérable frédéric mitterrand la larve illustre bien son propos.
      • Lundi 12 Juillet à 12:50

        @ Carine...!

        Il y en a un ou deux comme ça par génération...

        Peut-être un peu plus, mais un ou deux qui arrivent à se faire un peu entendre et qu'"on" n'arrive pas à faire taire.

        Il est vrai que Frédéric Mitterrand (entre autres préfacier de "Garçons de joie") a probablement plus d'atomes crochus avec Jean Genet 

                                   

        "Dans le Paris des mauvais garçons, au détour d’une rue obscure ou d’un bosquet, aux abords de bars louches, d’hôtels meublés, surgissent des mâles en quête d’aventure, des marins, des militaires et des garçons de plaisir dans une atmosphère où planent les ombres de Francis Carco, d’Henry Miller et de Jean Genet."

         

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